La CAQ imposerait un «test des valeurs» aux immigrants pour bloquer le burkini

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(Saint-Jérôme) François Legault se «fiche» d'être comparé à Donald Trump. Il imposerait aux immigrants un «test des valeurs» qui, croit-il, pourrait barrer la route à certains défenseurs du burkini. 

Le premier ministre Philippe Couillard et la co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David ont beau l'avoir associé au candidat républicain avec ses «politiques de peur, d'ignorance et de repli sur soi», lundi, le chef caquiste assume ses positions. 

«C'est n'importe quoi, a lancé M. Legault en point de presse. Si on est responsable, on doit discuter calmement des répercussions de l'immigration au Québec. [...] C'est [Mme David] qui doit expliquer pourquoi elle ne sent pas le besoin de défendre les valeurs des Québécois, dont l'égalité entre les hommes et les femmes.»

À l'ouverture d'un caucus présessionnel de deux jours, lundi, le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ) a réaffirmé son «malaise» par rapport au burkini, ce maillot de bain porté par des musulmanes qui les recouvre de la tête aux pieds.

Le chef caquiste doute que les tenants du burkini soient de fervents défenseurs des droits des femmes. «On a déjà dit qu'on voulait faire passer des tests de valeurs aux nouveaux arrivants, a rappelé M. Legault. Donc, j'ai un problème avec le burkini.»

La semaine dernière, la caquiste Nathalie Roy a dû battre en retraite sur l'idée d'interdire le vêtement au Québec en raison de la protection des chartes de droits et liberté. Mais la proposition caquiste d'un «test des valeurs», dont la réussite serait nécessaire à l'obtention de la citoyenneté, pourrait faire une partie du travail, estime François Legault. 

«Le lien est qu'il y a des vêtements qui sont un peu extrêmes qui, pour certaines femmes, peuvent être interprétés comme un geste de soumission, a fait valoir le chef caquiste. C'est important de s'assurer que les nouvelles personnes qu'on accueille au Québec croient à l'égalité entre les hommes et les femmes.»

La CAQ a proposé d'offrir aux nouveaux arrivants des cours de français, d'histoire et de valeurs québécoises. Au bout des trois ans, ceux qui échoueraient à un test sur ces sujets pourraient être retournés dans leur pays d'origine.

Malgré sa volte-face, la députée Nathalie Roy refuse de parler de sa proposition d'interdire le burkini comme d'une erreur. «Tous ces symboles d'oppression et de soumission de la femme - la burqa, le niqab, le tchador, le burkini - pour moi, c'est extrêmement heurtant, a déclaré Mme Roy. Ça ne devrait pas être des choses que nous voyons. [...] Je vais persister à le dire.»

La CAQ réitère qu'elle interdirait le port de signes religieux pour les personnes en autorité dans l'appareil public, soit les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers, les gardiens de prison et les enseignants. Ainsi, M. Legault s'oppose formellement à l'ouverture montrée par le Service de police de la Ville de Montréal au port du hijab pour ses policières. De même pour le turban dans la Gendarmerie royale du Canada (GRC). 

«Si une policière porte un signe religieux et qu'elle a devant elle quelqu'un qui est d'une autre religion, évoque M. Legault, sa crédibilité, sa neutralité, au moins en apparence, peut être remise en question. Ce n'est pas souhaitable.»

Les attaques de Québec solidaire ou du Parti libéral du Québec, qui l'accusent de vouloir «imposer des tests d'expulsion de la différence», n'auront pas d'impact, soutient M. Legault. «Ce n'est pas une surprise, dit-il. Je m'y attendais.» 

L'importance de Saint-Jérôme

Les 20 députés de l'aile parlementaire caquiste peaufinent leur stratégie en vue des travaux qui reprendront à l'Assemblée nationale le 20 septembre. La CAQ a choisi Saint-Jérôme, où doit se tenir une des quatre élections complémentaires de l'automne, pour tenir sa réunion. 

«Pour nous, Saint-Jérôme, c'est extrêmement important et on est très confiant», a noté Nathalie Roy, présidente du caucus. 

En 2012, la CAQ était parvenue à arracher la circonscription aux péquistes avec l'élection de Jacques Duchesneau par moins de 900 votes. Deux ans plus tard, Pierre Karl Péladeau ramenait Saint-Jérôme dans le giron péquiste par un peu moins de 2000 voix. Les libéraux récoltent en général quelque 15 % du vote. 

Le chef Legault est déjà allé «cinq ou six fois» épauler son candidat Bruno Laroche, maire de Saint-Hippolyte et préfet de la MRC Rivière-du-Nord. «Ça regarde très bien, a affirmé M. Legault. On a un excellent candidat et une excellente réception sur le terrain.»

«Piège à cons» : Caire ne se sent pas visé par Labeaume

Le député caquiste de La Peltrie, Éric Caire, ne prend pas ombrage des déclarations du maire de Québec sur le «piège à cons» que représenterait le dossier du troisième lien entre les rives nord et sud. M. Caire, l'un des porte-étendard du projet à Québec, exhorte à répétition le gouvernement Couillard à rendre publiques ses études sur un lien sous-fluvial. «Quand le maire dit que les politiciens mentent, il a raison, a dit M. Caire. Le PLQ nous ment.» La publication des études permettrait de faire avancer le dossier ou de clore le débat, poursuit M. Caire. «On n'a jamais dit : "Il faut ça absolument, mordicus, quoi qu'il en coûte", a noté le caquiste. Ça n'a jamais été notre discours.» Le portrait de la congestion fait en sorte que ce scénario doit être étudié, a indiqué M. Caire. Si la chose est impensable ou le coût prohibitif, l'idée pourra être abandonnée. Mais pas avant d'en avoir le coeur net, a expliqué le député de La Peltrie. «Le seul qui bloque tout ça, ce n'est pas Régis Labeaume, c'est Laurent Lessard [le ministre des Transports], dit M. Caire. Qu'est-ce qu'il attend pour régler le dossier en dévoilant les études?» 

Le Parti libéral «n'est pas le parti de l'économie», martèle Legault

Au-delà des incertitudes qui demeurent quant au comportement du bureau du premier ministre dans le dossier RONA, affirme François Legault, il faut déplorer l'absence d'intérêt des libéraux pour la protection des sièges sociaux. «Partout dans le monde, les pays cherchent à conserver leurs entreprises, il ne faut pas être gêné de ça», a déclaré le chef caquiste. M. Legault répète que Philippe Couillard n'a pas de «leadership» économique, qu'il se comporte en «touriste» qui n'est pas intéressé par le travail de premier ministre. Il promet de talonner le gouvernement pour qu'il baisse les impôts de 500 $ par personne et fasse de l'investissement privé une «obsession». «Comptez sur la CAQ pour avoir une rentrée parlementaire où il va faire aussi chaud, sinon plus que cet été», a lancé M. Legault.  

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