Près de 7000 $ pour des photos de la ministre McKenna à la Conférence de Paris

La ministre libérale de l'Environnement Catherine McKenna est... (La Presse Canadienne, Nathan Denette)

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La ministre libérale de l'Environnement Catherine McKenna est la cible des députés de l'opposition qui lui reprochent d'avoir fait une dépense jugée déraisonnable, soit 7000 $ pour la prise de photographies à Paris.

La Presse Canadienne, Nathan Denette

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Une deuxième ministre du gouvernement Trudeau se retrouve sur la sellette pour des dépenses jugées déraisonnables par l'opposition.

Le ministère de l'Environnement et des Changements climatiques (MECC) a déboursé près de 7000 $ pour des photos de la ministre Catherine McKenna et de son personnel qui ont été croquées pendant la conférence de Paris sur le climat, en novembre et décembre dernier.

Le contrat de 6662 $ a été octroyé à un photographe pigiste français, selon les documents consultés par La Presse canadienne, qui avaient d'abord été obtenus par le réseau de télévision de langue anglaise CTV.

Le ministère de l'Environnement et des Changements climatiques, qui avait initialement parlé d'une facture de 6662 Euros, lundi soir, a corrigé le tir mardi, spécifiant que le montant était exprimé en dollars canadiens dans les documents.

N'empêche, la ministre McKenna - une fervente utilisatrice de Twitter - a laissé entendre que la note lui semblait salée, et qu'à l'ère des médias sociaux, il y avait probablement moyen d'économiser pour ce type de service.

«C'est certain qu'il est important d'avoir des photos pour transmettre le message du travail que le gouvernement fait, mais (?) je pense qu'il y a des meilleures façons de faire ça qui sont moins dispendieuses», a-t-elle offert en marge d'une annonce à Ottawa, mardi. «Comme gouvernement, nous sommes vraiment conscients des coûts [que cela entraîne] pour les Canadiens, alors j'ai demandé à mon ministère de revoir ces pratiques», a enchaîné Mme McKenna.

La députée d'Ottawa-Centre a néanmoins tenu à souligner qu'il s'agissait d'«une pratique habituelle des gouvernements, incluant le gouvernement conservateur».

Au total, entre 2006 et 2014, le gouvernement Harper a déboursé au moins 2,3 millions $ pour photographier ses ministres, selon des informations rapportées l'an dernier par le site de nouvelles iPolitics. Les clichés du passage de l'ex-ministre des Affaires étrangères John Baird aux Nations Unies, en 2014, avaient à eux seuls coûté 13 113 $ aux contribuables.

Depuis l'assermentation de Mme McKenna, le 4 novembre dernier, son ministère a dépensé 18 589 $ en frais de photographie - montant auquel il faut ajouter les 869 $, répartis entre six ministères, dont le MECC, pour une annonce faite en juin dernier, d'après les données fournies mardi par le MECC. La ministre McKenna est la deuxième membre du cabinet de Justin Trudeau à se retrouver dans l'eau chaude en l'espace de quelques jours après la ministre de la Santé, Jane Philpott, critiquée pour ses dépenses de déplacements en limousine.

L'opposition ne s'est donc pas fait prier pour réagir aux nouvelles révélations concernant Catherine McKenna, mardi.

«C'est une dépense qui n'a pas sa place. Et encore là, c'est une illustration de ce gouvernement-là; un gouvernement qui met beaucoup l'accent sur l'image plutôt que la substance», a dénoncé le député conservateur Gérard Deltell.

Vieille pratique

Son collègue néo-démocrate Alexandre Boulerice s'est dit «étonné» que Mme McKenna ait utilisé l'argent des contribuables. Le député estime, de plus, que les circonstances ne valaient certainement pas pareille dépense. «Ça aurait pu être un événement historique pour le gouvernement Trudeau s'il était arrivé à Paris avec des cibles de réduction des gaz à effet de serre intéressantes. Mais pour avoir le portrait de Mme McKenna à Paris qui fait son travail, je ne pensais pas que ça valait [6662 $]», a critiqué M. Boulerice.

En marge d'une annonce à Barrie, en Ontario, mardi matin, le premier ministre Trudeau a plaidé que cette pratique n'était pas nouvelle, mais que son administration allait la réviser. «Nous avons remarqué plusieurs politiques établies que nous remettons en question. Celle-ci est de celles qu'on examine comme n'étant peut-être pas la meilleure utilisation de l'argent public», a déclaré M. Trudeau.

Le cas de Jane Philpott fera l'objet d'une révision de la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mary Dawson, qui tentera de déterminer si la ministre a contrevenu la Loi sur les conflits d'intérêts en ayant recours à un service de limousine appartenant à un militant libéral.

Le bureau de Mme Philpott a confirmé mardi avoir reçu une lettre de la commissaire. «Notre bureau et la ministre collaboreront entièrement avec la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique», a écrit l'attaché de presse de la ministre, Andrew MacKendrick.

Le député conservateur Colin Carrie avait porté l'affaire à l'attention de la commissaire Dawson.

Mme Philpott a annoncé la semaine dernière qu'elle rembourserait personnellement une partie des dépenses réclamées pour des trajets en berline de luxe - environ 3700 $ sur 7518 $ -et qu'elle demanderait à son ministère de se pencher sur les autres.

«C'est une dépense qui n'a pas sa place. Et encore là, c'est une illustration de ce gouvernement-là; un gouvernement qui met beaucoup l'accent sur l'image plutôt que la substance.»

Gérard Deltell
Député conservateur

«C'est une dépense qui n'a pas sa place. Et encore là, c'est une illustration de ce gouvernement-là; un gouvernement qui met beaucoup l'accent sur l'image plutôt que la substance», a dénoncé mardi matin le député conservateur Gérard Deltell.

Son collègue néo-démocrate Alexandre Boulerice s'est dit «étonné» que Mme McKenna ait utilisé l'argent des contribuables. Le député Boulerice estime, de plus, que les circonstances ne valaient certainement pas pareille dépense.

«Ça aurait pu être un événement historique pour le gouvernement Trudeau s'il était arrivé à Paris avec des cibles de réduction des gaz à effet de serre intéressantes. Mais pour avoir le portrait de Mme McKenna à Paris qui fait son travail, je ne pensais pas que ça valait (6000 $)», a critiqué M. Boulerice.

La ministre McKenna est la deuxième membre du cabinet de Justin Trudeau à se retrouver dans l'eau chaude en l'espace de quelques jours après la ministre de la Santé, Jane Philpott, critiquée pour ses dépenses de déplacements en limousine.

Réviser la pratique

En marge d'une annonce à Barrie, en Ontario, mardi matin, le premier ministre Trudeau a plaidé que cette pratique n'était pas nouvelle, mais que son administration allait la réviser.

«Nous avons remarqué plusieurs politiques établies que nous remettons en question. Celle-ci est de celles qu'on examine comme n'étant peut-être pas la meilleure utilisation de l'argent public», a déclaré M. Trudeau.

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