L'échafaudage s'est écroulé

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(Québec) DÉCODAGE / L'échafaudage était fragile depuis plusieurs semaines. Il s'est écroulé avec la diffusion de courriels révélant que le cabinet du ministre Jacques Daoust a bel et bien autorisé Investissement Québec à liquider les actions qu'il détenait dans RONA.

Le courriel d'autorisation a été émis par le chef de cabinet de M. Daoust, Pierre Ouellet.

Dans sa lettre de démission, Jacques Daoust continue de nier avoir donné le moindre feu vert - et même avoir été informé de cette liquidation.

M. Daoust a démissionné parce qu'il s'est senti lâché par le premier ministre. Vendredi matin, Philippe Couillard a déclaré qu'il voulait «des réponses sérieuses», et ce, «rapidement».

Jacques Daoust est parti, mais la question demeure : vers qui son ex-chef de cabinet Pierre Ouellet s'est-il tourné avant de confirmer à la direction d'Investissement Québec qu'elle pouvait se débarrasser de sa participation dans RONA?

Les yeux se tourneront désormais vers le cabinet du premier ministre et y resteront braqués. Le «OK» de Pierre Ouellet à Investissement Québec est-il venu de tout en haut? Les partis d'opposition ne lâcheront ni le premier ministre ni son entourage.

Suggérée en juin par le gouvernement, la tenue de la commission parlementaire spéciale qui se déroulera jeudi était officiellement motivée par la volonté de faire la lumière dans cette affaire.

Mais aussi par celle de se ménager un moment de répit à la fin d'une session parlementaire particulièrement difficile pour les libéraux. À ce moment-là, il fallait renvoyer le problème à plus tard.

Mais le problème a grossi. Pour les libéraux, la rentrée politique menace maintenant de ressembler à la dernière session parlementaire.

Nathalie Roy entraîne la CAQ

Les positions fortes sont des marqueurs politiques. Celle prise par la Coalition avenir Québec (CAQ) sur le burkini est populaire; ou, du moins, paraît populaire, puisque de nombreux Québécois l'applaudissent. Il n'est pas inutile cependant de rappeler que, jusqu'ici, depuis plus de 10 ans que des débats sur le modèle de laïcité alimentent l'actualité chez nous, les positions les plus musclées n'ont jamais permis à un parti de l'emporter.

À la CAQ, plusieurs ont été surpris par la sortie tonitruante de la députée Nathalie Roy, qui a dit haut et fort qu'il faut bannir le burkini au Québec. Ils l'ont été parce que le sujet n'avait pas été débattu au sein de l'aile parlementaire. Surpris, mais pas tant que ça... Certains ont reconnu leur collègue.

Nathalie Roy se targue de ne pas avoir la langue de bois. Et elle a une force d'entraînement à la CAQ. Moins de 24 heures après sa sortie, son chef François Legault l'appuyait. Et c'est ainsi que le bannissement du burkini est devenu la position officielle des caquistes.

Ce n'est pas la première fois que Mme Roy entraîne son parti. En 2013, tout juste quelques instants après le dévoilement d'un rapport recommandant d'accroître le salaire des députés en contrepartie de la disparition d'une série d'avantages, elle avait dit non. La CAQ n'avait pas eu le choix de lui emboîter le pas.

Cette semaine, Nathalie Roy siégeait à la commission parlementaire soupesant les nouveaux objectifs annuels d'immigration du gouvernement Couillard.

Ni le Parti québécois ni la Coalition avenir Québec n'ont voulu se prononcer sur les niveaux d'immigration qu'ils privilégient, bien que la question soit dans l'air depuis des mois.

Le sujet doit d'abord être abordé en caucus, a justifié Mme Roy, qui n'a pas eu la même précaution sur le burkini.

Sur cette question, comme sur celle des salaires, Nathalie Roy est dans la logique de son parti, cela dit. Elle va plus vite et plus loin, mais elle reste dans les sillons creusés.

Lorsqu'il a fondé la Coalition avenir Québec en 2011, François Legault n'avait cure des questions dites identitaires. L'Action démocratique du Québec, avalée par son parti, avait déjà beaucoup donné sur ce front. Le chef avait envie de labourer ailleurs.

Deux ans plus tard, la CAQ s'est intéressée à ces questions pour ne pas se laisser distancer par le Parti québécois, qui préparait alors la charte des valeurs. Il lui fallait avoir quelque chose à dire sur le sujet. Ne rien avoir à dire est impossible en politique.

Au fil du temps, la CAQ est passée d'un désir de ne pas se laisser distancer à une volonté de doubler tout le monde.

Plus délicat pour le PQ

Au Parti québécois, le positionnement officiel est plus difficile à établir qu'à la CAQ sur le burkini, puisque les candidats à la succession de Pierre Karl Péladeau divergent d'opinion.

Le député-candidat Jean-François Lisée a laissé pantois un grand nombre de ses collègues en affirmant qu'il fallait débattre du bannissement du burkini, ainsi que de la burqa et du niqab. Il n'en avait pas parlé en présentant sa propre version d'un projet de laïcité en juin.

Non à la «police des plages», a répondu sa collègue députée Agnès Maltais, porte-parole du parti en ces matières. Mêmes mots du candidat Alexandre Cloutier quelques heures plus tard.

C'est aussi en raison de la course à la direction qu'il sera plus difficile pour le Parti québécois que pour la CAQ de se prononcer sur des objectifs en immigration.

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