Négos avec les syndiqués: Labeaume ne veut rien savoir de l'arbitrage

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les maires du Québec veulent voir le mot arbitre rayé du projet de loi 110. Les arbitres ne sont «pas indépendants» car ils souhaitent plaire à tous pour «avoir d'autres mandats», a soutenu le maire de Québec, Régis Labeaume.

«On ne veut plus rien savoir des arbitres. C'est-tu assez clair? On ne veut plus voir le mot arbitre dans le projet de loi. On s'est fait avoir là-dedans. Ça a fait qu'il y a un écart salarial de 40 % avec les élus provinciaux», a lancé M. Labeaume en allusion aux chiffres de l'Institut de la statistique du Québec souvent cités dans les débats autour de ce projet de loi 110.

Cette pièce législative à l'étude cette semaine prévoit notamment qu'en cas d'échec des négociations pour une convention collective des employés municipaux, un arbitre peut intervenir à la demande conjointe du syndicat et de la municipalité. Si l'impasse persiste, le ministre des Affaires municipales nommerait un «mandataire spécial». Et, ultimement, les élus de l'Assemblée nationale trancheraient.

Or, le maire de Québec, son homologue de Montréal, Denis Coderre, ainsi que l'Union des municipalités (UMQ) présidée par le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, souhaitent le retrait de l'étape de l'arbitrage.

Ce droit, estiment-ils, existe de toute façon dans les lois du travail et le projet de loi prévoit assez d'étapes pour inciter les syndicats à régler rapidement. 

«Philosophiquement, l'idée de ne pas avoir un tiers qui décide pour nous, c'est fondamental, a résumé M. Labeaume. On veut écarter toute personne qui pourrait décider à la place des élus.» 

Décisions «wishy-washy»

Régis Labeaume a aussi attaqué de front les arbitres du travail, laissant entendre en commission parlementaire qu'ils prennent des décisions qui ne veulent heurter ni patrons ni syndicats. 

«Ils prennent des décisions un peu "wishy-washy" pour tenter de ne pas trop déplaire. Ils veulent d'autres mandats et on considère que ce ne sont pas des gens indépendants», a dit M. Labeaume.

Dans son intervention, le maire de Montréal, Denis Coderre, s'est dit «solidaire» de cette position de son «ami» Régis. Mais en point de presse, il a été moins vindicatif que M. Labeaume. Refusant de faire siennes les paroles du maire de Québec sur le manque d'indépendance alléguée des arbitres, il a plutôt insisté pour que, dans l'éventualité où leur présence serait conservée dans le projet de loi, on exige des arbitres «libres et indépendants».

Ces mêmes valeurs d'indépendance sont exigées des maires québécois pour le Conseil de règlement des différends que le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, propose dans son projet de loi 110. Cette instance, qui remplacerait l'arbitrage traditionnel, serait composée de trois experts nommés par le gouvernement. La décision du comité deviendra la convention collective.

Dans son mémoire, l'UMQ propose que les membres de ce comité «soient nommés sur une base permanente afin d'en assurer l'indépendance».

Cette formule de Conseil de règlement des différends ne plaît pas aux policiers et pompiers. Le Regroupement des associations de pompiers du Québec ne voit aucune raison pour changer l'actuel système d'arbitrage. Ce processus, soutient le regroupement, «a atteint une maturité qui lui confère de facto un degré d'efficacité qui n'est décrié que par certains élus municipaux résolument réfractaires à toute forme d'arbitrage de différend».

La Fédération des travailleurs et travailleuses (FTQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont aussi été entendues par les parlementaires mardi. Mercredi, ce sera au tour entre autres de la Ville de Laval et du Conseil du patronat.

Avant le début des audiences, mardi matin, les syndicats ont réitéré leurs oppositions devant ce projet de loi. Ils le jugent «inutile» puisqu'à leurs yeux, le «système actuel fonctionne» car la grande majorité des conventions collectives - jusqu'à 96 % - se règlent sans conflit de travail. 

Une réalité qu'a reconnue le ministre Coiteux, en estimant du même souffle que ces règlements ne sont pas toujours à l'avantage des contribuables. «Oui, il y a des négociations qui se règlent, mais à un coût qui est largement supérieur à ce qu'on voit dans le secteur public québécois.»

Le maire promet des détails sur son appui à Juppé

On en saura bientôt davantage sur la nature de l'appui de Régis Labeaume à son ami Alain Juppé en vue de la primaire de la droite française et les élections présidentielles. «On s'en reparlera plus tard», a dit mardi le maire de Québec, sorti de ses vacances le temps de participer à la commission parlementaire sur le projet de loi 110. Sans en dire davantage, M. Labeaume n'a pas nié les informations contenues dans le reportage du Soleil qui, jeudi dernier, faisait état de la formation d'un comité d'honneur qu'il présidera en appui à l'actuel maire de Bordeaux. Alain Juppé, ami de M. Labeaume, est de la course à la direction du parti Les Républicains qui aura lieu en novembre.

Pont de Québec à l'UNESCO: «On regarde ça»

L'idée de soumettre le pont de Québec à une liste de sites potentiels du patrimoine mondial de l'UNESCO fait son chemin. «On ne détesterait pas ça», a réagi le maire de Québec, Régis Labeaume, mardi. Le gouvernement fédéral a lancé récemment un appel pour des propositions de lieux patrimoniaux au pays. «Mais le seul problème est que ça va prendre la permission du CN», a toutefois nuancé M. Labeaume à propos du propriétaire du pont, qui refuse de repeindre l'infrastructure. «Mais on va l'essayer, je pense. On regarde ça», a conclu le maire.

Laurentienne: rencontre pour le bureau de projet

Le dossier de l'élargissement de l'autoroute ne tardera pas à revenir au menu au retour des vacances. Le maire de Québec, qui avait présenté son plan au ministre responsable de la capitale, François Blais, rencontrera bientôt le ministre au sujet de ce dossier plein de rebondissements. «Je vais me rasseoir avec le ministre Blais pour voir comment on organise le bureau de projet», a dit Régis Labeaume, mardi. Le Soleil révélait le 15 juillet que ce comité de travail a été mis sur pied par le ministère des Transports pour étudier la proposition du maire de Québec d'élargir jusqu'à quatre voies la partie sud de l'autoroute Laurentienne. L'intention du gouvernement Couillard est pour l'instant de construire une troisième voie entre de la Faune et le boulevard Louis-XIV.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer