La mère d'un djihadiste critique le gouvernement

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Damian Clairmont, le fils de Christianne Boudreau

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Bill Graveland
La Presse Canadienne
Calgary

Une mère de famille de Calgary dont le fils djihadiste de 22 ans a été tué en Syrie il y a deux ans, croit que le gouvernement a laissé tomber Aaron Driver et sa famille.

Aaron Driver, 24 ans, est mort lors d'un affrontement avec la police à Strathroy, en Ontario, après avoir apparemment réalisé une vidéo suggérant qu'il allait commettre un attentat-suicide dans un centre urbain.

La mère du jeune radicalisé Damian Clairmont, Christianne Boudreau, dit avoir pleuré lorsqu'elle a appris la nouvelle.

Mme Boudreau, qui vit maintenant à Eymet, en France, a ajouté qu'elle avait le coeur brisé de constater que tant d'agences et d'organisations n'aient pas pu aider sa famille.

Christianne Boudreau a découvert que son fils était surveillé par les agents de renseignements canadiens pendant deux ans avant qu'il ne disparaisse de Calgary. Elle croyait qu'il était parti en Égypte pour étudier l'arabe après s'être converti à l'islam.

Elle ne savait pas que son fils était en danger et elle n'a reçu aucune aide du gouvernement.

Damian Clairmont serait mort dans les combats à Alep, en 2014, en tant que militant du groupe armé État islamique.

En vertu d'une ordonnance de la cour, Aaron Driver ne pouvait pas s'associer avec un groupe terroriste, ou utiliser un ordinateur et un cellulaire. Mais il ne faisait pas l'objet d'une surveillance continue malgré des inquiétudes sur le fait qu'il puisse participer ou contribuer à des activités terroristes.

«Il (le gouvernement) les a laissés entre eux. On ne peut pas juste dire de déconnecter l'internet ou de retirer les réseaux sociaux. Ça ne règle absolument rien», a-t-elle lancé.

«Il aurait dû fournir un suivi psychologique pour lui et sa famille afin de s'assurer qu'ils s'occupent de ce qui le troublait, ce qui le dérangeait; de prendre toute cette motivation émotionnelle et ces croyances qui le poussaient dans cette direction et d'utiliser cette énergie pour quelque chose de positif», a-t-elle ajouté.

Christianne Boudreau a été une fervente critique de l'ancien gouvernement de Stephen Harper, le qualifiant «d'usé et de brûlé» et déplorant son approche basée sur la peur.

Elle espérait plus de la part du nouveau premier ministre Justin Trudeau, mais elle estime que son gouvernement semble nier le problème de la radicalisation chez les jeunes.

«Je crois vraiment, réellement, qu'il se met la tête dans le sable, a-t-elle indiqué. C'est comme s'il croyait que le problème n'était plus là, que les enfants ne partaient plus. Il agit comme s'il n'y avait pas de problème, qu'il n'y avait rien de mal. Jusqu'à ce qu'il commence à donner un coup de main pour trouver une solution, les enfants n'auront pas de chance», a-t-elle analysé.

Le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale a dit jeudi que son gouvernement avait consacré 500 millions $ pour assurer la sécurité au pays et pour contrer la radicalisation.

M. Goodale a reconnu que le gouvernement devait en faire plus pour rejoindre les personnes à risque. «Par le passé, le gouvernement du Canada a été largement absent sur ce plan», a-t-il déclaré.

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