Brasser des idées à la façon des jeunes libéraux

Le congrès des jeunes libéraux lance la saison... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Le congrès des jeunes libéraux lance la saison politique au Québec.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Une machine à polémiques, la Commission-jeunesse du Parti libéral du Québec? Plutôt une tribune sans complexe ni ligne de parti, selon son président Jonathan Marleau.

Une machine à polémiques, la Commission-jeunesse du Parti... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 1.0

Agrandir

Une machine à polémiques, la Commission-jeunesse du Parti libéral du Québec? Plutôt une tribune sans complexe ni ligne de parti, selon son président Jonathan Marleau.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Il est d'avis de bien des observateurs que le congrès des jeunes libéraux lance la saison politique au Québec. Tenu à la mi-août à quelques semaines de la rentrée parlementaire, il est notamment l'occasion pour le Parti libéral du Québec (PLQ) de tenir un premier caucus après les vacances.

Le congrès de l'aile jeunesse est aussi perçu comme propice aux propositions controversées. Les jeunes libéraux ont en effet pris l'habitude de prendre des positions parfois chocs lors de leur journée de débats. Cette année, cela se traduit par l'idée de remettre en question le dogme syndical de l'ancienneté, ou encore par la proposition de créer une commission d'enquête sur le racisme systémique au Québec.

«Je ne parlerais pas d'une machine à controverses. Il faut comprendre que, dans le Parti libéral [...], on peut vraiment débattre de plein d'idées qui ne sont pas nécessairement des idées gouvernementales», a souligné d'entrée de jeu M. Marleau en entrevue au Soleil. «On pense que la meilleure façon d'avoir une implication qui donne des résultats concrets, c'est de se permettre de penser large, et de penser à l'extérieur de la boîte.»

Autrement dit, les militants de l'aile jeunesse ne sont pas soumis à la ligne de parti, ce qui leur permet d'avoir un débat plus global, parfois à l'encontre même des positions du PLQ. «C'est peut-être pour ça que les médias vont parler d'un congrès à polémiques. Comme on a la liberté d'expression à 100 %, ça arrive parfois qu'on ne soit pas d'accord avec le gouvernement et on le dit. Quand on est d'accord, on le dit aussi.»

M. Marleau insiste sur le fait que le congrès et son contenu sont le fruit d'une grande consultation à l'échelle provinciale. La sensibilité d'un sujet ou sa capacité à ébranler certains pans de la société québécoise ne sont pas des facteurs à influencer la programmation.

«Quand vient le temps de faire le congrès, il y a tellement d'idées qui sont débattues que c'est sûr qu'il va y en avoir qui ne sont pas dans la ligne gouvernementale. Sûr, sûr, sûr. Ça crée donc un effet un peu "polémisant". Est-ce que c'est volontaire, est-ce que c'est recherché? Je ne dirais pas ça. [...] Si on s'arrêtait à dire que "ça va être polémique, donc on n'en parlera pas", on ferait bien piètre figure comme commission jeunesse.»

Racisme systémique

M. Marleau donne pour exemple les propositions portant sur le racisme et la discrimination systémiques. Il soutient qu'elles proviennent de témoignages réels récoltés chez des jeunes «issus de la diversité», mais d'une deuxième ou d'une troisième génération, donc nés au Québec.

«Les jeunes qui nous expliquaient "bien moi, je vais porter des CV et j'ai été embauché seulement quand je me suis appelé Alexandre, qui n'est pas mon nom", on ne l'a pas inventé. Est-ce que parce que ça va être une polémique, on va s'empêcher de parler du vécu de tous ces jeunes-là? [...] Nous, ce qu'on dit aux jeunes, c'est qu'il n'y a pas de limites à ce que vous pouvez aborder comme inquiétude, a-t-il plaidé. Ce sont des Québécois, mais ils doivent changer de nom sur leur CV, pourquoi?»

La Commission-jeunesse savait bien qu'en allant de l'avant avec cette proposition, elle pourrait soulever des questionnements. «On sait, mais ça ne nous empêche pas d'en parler. [...] Là, le racisme est l'exemple le plus gros. Des gens pensaient qu'on était en train de dire que les Québécois étaient racistes, mais non. On s'est préparé à dire c'est quoi le vécu des jeunes. Nous, ce sur quoi on va débattre, c'est là-dessus.»

À noter que la proposition sur la création d'une commission d'enquête publique sur le racisme et la discrimination systémiques a été adoptée samedi, le tout sans amendement. La majorité des élus rencontrés, dont la ministre de l'Immigration Kathleen Weil, se sont réjouis de voir les jeunes se pencher «sur ces questions très importantes». Reste à voir si la commission d'enquête publique «est le bon véhicule» pour aborder cet enjeu.

Sous haute surveillance

Le Congrès-jeunes du Parti libéral du Québec se déroule sous haute surveillance à Saint-Augustin-de-Desmaures, samedi et dimanche. Les mesures de sécurité ont considérablement augmenté par rapport aux années passées. L'organisation du congrès et la Sûreté du Québec n'ont voulu émettre aucun commentaire sur ce qui justifie le renforcement de la sécurité autour de l'événement. Il est cependant évident que des mesures ont été appliquées pour s'assurer d'un meilleur contrôle des allées et venues à l'intérieur du campus. Un périmètre policier a été établi à l'extérieur du bâtiment où se déroulent les activités, et même ailleurs sur le Campus Notre-Dame-de-Foy. Chaque entrée est surveillée. Il est également impossible d'entrer dans l'enceinte sans traverser un détecteur de métal. La liberté de mouvement en est considérablement diminuée. Un important effectif policier a été déployé pour assurer la sécurité des jeunes militants et des élus qui participent aux débats de la fin de semaine. Cela s'explique en bonne partie par la présence du premier ministre Philippe Couillard, ainsi que de nombreux ministres.

Drainville de l'autre côté de la clôture

Un visage familier mais peu commun dans un rassemblement libéral pouvait être aperçu samedi au Campus Notre-Dame-de-Foy. L'ex-péquiste Bernard Drainville, qui a démissionné de son poste de député en juin pour retourner dans le monde médiatique, était sur place afin d'assister aux débats entourant le congrès de la Commission-jeunesse du Parti libéral. M. Drainville a quitté la politique pour se joindre au FM93 et donnera dès lundi la réplique à Éric Duhaime à l'émission du midi. Il succède à Nathalie Normandeau, qui a perdu son micro chez Cogeco après avoir été arrêtée par l'Unité permanente anticorruption. Entouré d'anciens opposants à l'Assemblée nationale, M. Drainville a écouté attentivement les échanges en tant que représentant des médias.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer