Stéphane Dion rencontre son homologue russe

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Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion s'est entretenu avec son homologue russe, Sergeï Lavrov, à propos d'une coopération potentielle quant à l'Arctique, l'espace et le contre-terrorisme - des enjeux fréquemment soulevés par la Russie pour détourner l'attention de la situation en Ukraine.

La Presse Canadienne, Paul Chiasson

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Lee Berthiaume
Le Soleil

(Ottawa) Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion s'est entretenu avec son homologue russe, Sergeï Lavrov, en marge de la rencontre annuelle des nations de l'Asie du Sud-Est, au Laos. Cette discussion d'une demi-heure lance les démarches du gouvernement libéral pour décrisper les relations avec le Kremlin.

Depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, les contacts entre les deux pays se sont limités à des discussions entre bureaucrates.

Le gouvernement de Stephen Harper refusait toute rencontre avec des représentants de Moscou tant que la péninsule n'était pas rendue à l'Ukraine.

La rencontre a eu lieu au Laos puisque ce pays représente un terrain neutre pour les deux partis, affirment certaines sources.

Selon le porte-parole du cabinet de M. Dion, Joseph Pickerill, le ministre a manifesté son inquiétude par rapport à la confrontation entre la Russie et l'OTAN en Europe de l'Est, de même qu'à son implication en Ukraine et en Syrie.

Coopération potentielle

Les deux diplomates ont également discuté d'une coopération potentielle quant à l'Arctique, l'espace et le contre-terrorisme - des enjeux fréquemment soulevés par la Russie pour détourner l'attention de la situation en Ukraine.

Bien qu'en campagne électorale, les libéraux se soient engagés à renouer avec la Russie, le premier ministre Justin Trudeau a aussi été appelé à maintenir la pression sur Moscou.

Plus tôt cet été, le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé qu'il contribuerait au déploiement de forces de l'OTAN afin de dissuader Moscou de tenter des agressions ou des intrusions dans les pays qui longent ses frontières à l'ouest. Tout comme les États-Unis, l'Allemagne, et le Royaume-Uni, le Canada mènera son propre bataillon en Europe de l'Est - soit un groupement tactique de 1000 soldats, en Lettonie.

Plus tôt ce mois-ci, durant le sommet des dirigeants de l'OTAN à Varsovie, où la mission en Lettonie a été dévoilée, M. Dion avait affirmé à La Presse canadienne qu'il était «terriblement regrettable» que le Canada ait à envoyer des forces militaires en Europe de l'Est. Mais il a aussi affirmé qu'il était dans l'ordre des choses de discuter avec la Russie.

«Le Canada se montrera déterminé tant dans la dissuasion que dans le dialogue. Nous nous devons d'agir [sur les deux fronts], a dit M. Dion. C'est important pour nos alliés, incluant l'Ukraine. C'est important pour nos propres intérêts. Après tout, la Russie est notre voisin dans l'Arctique.»

La rencontre entre MM. Dion et Lavrov a été saluée par les autorités russes, qui espèrent un nouveau départ dans les relations entre les deux pays. Mais elle a suscité des réactions mitigées du côté de l'opposition au Canada.

Mise à l'écart

La Russie doit être mise à l'écart pour son annexion de la Crimée et son soutien persistant aux rebelles séparatistes dans l'est de l'Ukraine, a affirmé le porte-parole conservateur en matière de défense, James Bezan.

«Tant que la Russie ne désamorce pas ces activités et ne réduit pas les tensions dans la région, incluant dans les Balkans, nous ne devrions pas discuter avec elle», a soutenu M. Bezan.

La porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires étrangères, Hélène Laverdière, a dit croire qu'en théorie, le dialogue est une bonne chose. Néanmoins, elle a aussi appelé le gouvernement libéral à imposer des sanctions contre deux proches alliés du président russe Vladimir Poutine, qui ont des liens d'affaires avec le Canada.

Tant Igor Sechin, à la tête de l'entreprise pétrolière propriété de l'État Rosneft, qui a acquis une participation dans le secteur des sables bitumineux albertains en 2012, que Vladimir Yakunin, pdg de la société ferroviaire d'État russe, qui compte une coentreprise avec Bombardier, ont fait l'objet de sanctions de la part des États-Unis.

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