Maka Kotto: «Vous pouvez m'appeler Léo»

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«J'ai toujours utilisé le nom d'artiste de Maka Kotto depuis l'âge de 24 ans», précise le député péquiste de Bourget.

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(Québec) Il est connu partout dans la francophonie, une quarantaine de titres meublent sa filmographie et il a été élu sans interruption à Ottawa puis à Québec depuis 2004. Mais très peu savent que Maka Kotto n'est pas son vrai nom.

C'est quelque part dans le registre des donateurs aux partis politiques que le nom étrangement familier a sauté aux yeux du Soleil : Léopold-Marcel Kotto Maka.

À l'Assemblée nationale, tous ses collègues du PQ et des autres partis l'appellent Maka ou M. Kotto. Pareil pour les journalistes. «Mais ma mère m'appelle Léo», confie le député péquiste de Bourget. Pour ses soeurs, c'est Maka, Léo, ou Mak-Léo, une contraction. 

«C'est mon nom de naissance», explique-t-il. Celui qui se trouve sur son permis de conduire, par exemple. «J'ai toujours utilisé le nom d'artiste de Maka Kotto depuis l'âge de 24 ans. Au début de ma carrière, en France, je voulais avoir un nom typiquement africain. Parce que les acteurs africains étaient rares dans le paysage audiovisuel français à l'époque. Je voulais l'incarner totalement. [...] Léopold-Marcel, ça ne sonnait pas assez africain.»

Une compréhension fine de son nom s'accompagne obligatoirement d'une incursion dans la culture camerounaise d'origine du Québécois d'adoption. En douala, la langue principale des Sawa, les habitants du littoral, on réfère à Kotto nya Maka, c'est-à-dire «Kotto fils de Maka».

Culture camerounaise

Mais, au-delà du lien filial, il y a plus. «Dans la mystique ou dans la société initiatique, cela correspond à une barrière de charbon ardent. Maka, en français, c'est du charbon ardent. Kotto, c'est une barrière. La symbolique est une structure qui protège de tout ce qui est négatif. C'est à ça que ça sert dans la culture sawa. C'est dans la société traditionnelle que tout cela prend son sens.» À part son bon ami l'auteur Dany Laferrière, pratiquement personne au Québec ne connaît le sens de son nom, rigole M. Kotto. Sa fille porte le prénom de sa mère, Ékédi, ce qui signifie en français «l'écorchée vive», que l'on donne à «des gens très sensibles», explique-t-il. 

Et le prénom? Léopold réfère au poète et écrivain Léopold Sédar Senghor, une idole de son père. Marcel, c'est le prénom du chirurgien qui l'a accouché par césarienne en 1961. «Ma mère était en train de mourir et moi aussi, raconte M. Kotto. Pour ce médecin, nous sauver, c'était une prouesse parce qu'il ne pensait pas y arriver. Pour lui, c'était un événement. Il a supplié mes parents de me donner son prénom.»

Avant son implication en politique, une journaliste s'était déjà étonnée de lire le nom Léopold-Marcel Kotto Maka affublé à l'acteur connu. Elle couvrait les affaires judiciaires. «Elle m'avait posé la question car j'avais été témoin au palais de justice de Montréal parce que quelqu'un avait été assassiné dans ma rue, se souvient M. Kotto. J'avais vu des choses bizarres ce soir-là, donc j'avais proposé de témoigner. Les témoignages doivent être faits sous l'identité de naissance.»

Alors, alors. La prochaine fois qu'on vous croise, Monsieur le député, on peut vous appeler Léopold-Marcel? «Je préfère Maka, et de loin, rigole M. Kotto. Mais vous pouvez m'appeler Léo, par contre.»

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