Les droits de la personne s'imposent lors de la visite du président mexicain

Enrique Peña Nieto et Philippe Couillard ont rappelé la... (Pool médiatique, Simon Clark)

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Enrique Peña Nieto et Philippe Couillard ont rappelé la création récente en 2015 de la commission mixte de coopération Québec-Mexique, qui va porter principalement sur la transition vers les énergies renouvelables, la nouvelle économie et l'innovation, les changements climatiques ainsi que sur la culture, la recherche et l'enseignement.

Pool médiatique, Simon Clark

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Le premier ministre Philippe Couillard est prêt à donner au président du Mexique Enrique Peña Nieto le temps nécessaire pour améliorer la situation des droits de la personne dans son pays.

M. Couillard a déclaré lundi qu'il fait confiance au président mexicain pour obtenir des résultats, malgré des violations rapportées la semaine dernière par l'antenne canadienne d'un organisme international.

Dans une conférence de presse, concluant une brève visite à Québec de M. Peña Nieto, M. Couillard a affirmé qu'il avait abordé la question des droits de la personne au Mexique.

«Monsieur le président m'a indiqué avoir la situation bien en main, avoir un plan d'action détaillé, et j'ai entière confiance dans sa capacité d'aller de l'avant de ce côté, a-t-il dit. Et j'ajouterai que la meilleure façon de faire des progrès dans ce domaine, c'est de garder les échanges les plus ouverts possible, sur tous les plans.»

À l'occasion de la visite du président mexicain à Québec puis Ottawa, Amnistie internationale Canada a rappelé que 27 000 personnes avaient été portées disparues au Mexique, depuis 10 ans, la majorité depuis l'élection de M. Peña Nieto, en 2012.

L'organisme a notamment interpellé le premier ministre canadien Justin Trudeau, qui rencontrera également le président mexicain cette semaine, afin qu'il tienne davantage compte de la situation qui s'est dégradée au Mexique.

M. Couillard ne s'est pas prononcé, lundi, sur une demande de l'organisme, qui souhaite le retrait du Mexique de la liste des pays sécuritaires lors de l'évaluation des demandes de statut de réfugiés de ses ressortissants.

«Monsieur le président s'est engagé dans un processus ambitieux de réformes, je crois qu'il a mis le cap sur la bonne direction, mais cela prendra bien sûr du temps et il a besoin du soutien de ses alliés pour aller de l'avant et réussir», a-t-il répondu en anglais.

À ses côtés dans une salle du Château Frontenac, M. Peña Nieto a déclaré que son pays avait fait des efforts pour resserrer les lois qui protègent les droits de la personne.

«On doit encore avancer là-dessus, nous ne nous satisfaisons pas des avancées réalisées, a-t-il dit. Cependant, je crois que nous sommes en bonne voie afin d'améliorer cette question, et cela pour que les droits de la personne soient pleinement respectés. Le Mexique tient à être reconnu comme un pays où les libertés sont respectées et où les droits de la personne sont également respectés.»

Lors d'une cérémonie d'accueil par le gouverneur général David Johnston, à la Citadelle de Québec, lundi, M. Peña Nieto a souligné dans une brève allocution la contribution du Canada dans la protection des droits de la personne.

Manifestation

En se rendant ensuite au Château Frontenac, pour un dîner avec des gens d'affaires en compagnie de M. Couillard, le président mexicain a été accueilli par une vingtaine de manifestants, gardés à bonne distance par des policiers, criant et brandissant des affiches l'accusant de faire régner l'oppression.

Il y a près de deux semaines, huit enseignants ont été tués dans l'État d'Oaxaca alors qu'ils manifestaient contre des dispositions d'une nouvelle réforme de l'éducation qui leur imposent d'être évalués, en plus de protester contre l'arrestation de leurs dirigeants accusés de blanchiment d'argent.

En s'adressant à la presse, M. Peña Nieto a affirmé qu'une enquête de la commission nationale des droits de la personne permettra de voir clair dans ces faits.

Le président mexicain a affirmé qu'il était ouvert à discuter, mais que cela ne devait pas entraver l'application de la loi.

«Il est de notre devoir d'appliquer la loi, a-t-il dit. Nous ne sommes pas prêts à négocier la loi. La loi n'est pas négociable. Je ne parle pas uniquement de la loi en matière d'éducation, je parle de la loi en général.»

Après l'événement, dans une zone où se trouvaient les manifestants devant l'hôtel, une porte-parole de leur groupe, Marie-Ève Marleau, a répliqué à M. Couillard qu'il n'est plus possible d'attendre que M. Peña Nieto améliore la situation au Mexique.

«Je ne pense pas qu'on peut lui donner du temps, a-t-elle dit. Il faut exiger l'arrêt de l'assassinat de son peuple.»

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