Ils veulent la «Rénovation»!

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(Québec) DÉCODAGE / La démission du péquiste Bernard Drainville laisse en friche un immense terrain politique, celui de la «rénovation démocratique». C'est le moment d'en parler, puisque, comme la marmotte, la «politique autrement» remontrera le bout de son nez.

On en réentendra parler ne serait-ce que parce qu'Alexandre Cloutier et Véronique Hivon, tous deux candidats à la direction du Parti québécois (PQ), sont porteurs d'idées à ce sujet.

Certains parlent de «rénovation démocratique», d'autres de «politique autrement». Peu importe le vocable, les propositions en la matière répondent généralement à des insatisfactions, voire à des frustrations, vécues par les parlementaires.

Elles ne prêteraient qu'à sourire et n'auraient aucune importance s'il ne s'agissait pas de politique - de politique québécoise, qui plus est, celle qui touche concrètement à notre quotidien de citoyen du Québec.

Si le chef caquiste François Legault et son député Benoît Charette ont pu comparer l'an dernier la période des questions à un cirque sans fâcher qui que ce soit, c'est que tous les élus de l'Assemblée nationale le pensent. Effets de toge, fausses indignations, superlatifs, raccourcis de toutes sortes... Tout est bon pour tenter de faire sa place dans les médias, pour passer à la télé.

Pour M. Legault, ce cirque vient de ce que le premier ministre et les ministres éludent les questions des partis d'opposition.

De tout

Toutes les belles idées ne sont pas de bonnes idées. Sinon, elles auraient déjà toutes été adoptées. Même lorsqu'ils croient qu'il faut changer les choses, des parlementaires trouvent que certaines ont des relents populistes, voire démagogiques. Il y a le bon grain et l'ivraie, il est vrai.

Voici une synthèse de ce qui a été présenté de 2011 à aujourd'hui, depuis cinq ans, donc.

En août 2011, en pleine crise au Parti québécois, Bernard Drainville affirmait qu'il était urgent de rebrancher son parti avec le maximum de Québécois. Il proposait des référendums d'initiative populaire. Il préconisait l'organisation d'un référendum sur un nouveau mode de scrutin, ainsi que l'instauration d'un «jury citoyen» chargé d'évaluer le travail des députés.

Même si elles relevaient davantage de mesures qu'on qualifie aujourd'hui «d'intégrité», M. Drainville avait inclus dans ses propositions la tenue des élections à date fixe et la limitation des dons politiques à 100 $ par année. Ces éléments figuraient déjà dans le programme du PQ. Ils sont devenus réalité depuis.

Lors de la précédente course à la direction du Parti québécois, le député Alexandre Cloutier s'était engagé en faveur de vrais «votes libres» à l'Assemblée nationale, et de l'instauration d'un mode de scrutin «proportionnel mixte». Sur ce volet des choses, Québec solidaire a inspiré bien des gens au fil des ans.

M. Cloutier se demandait par ailleurs s'il ne fallait pas conférer plus de pouvoir au président de l'Assemblée nationale et limiter la présence du premier ministre «à une seule, mais vraie période des questions» par semaine. Cela «afin qu'il puisse se concentrer sur la gestion de l'État» le reste du temps. Et s'il ne fallait pas aussi dégager de l'espace pour des «questions citoyennes» à l'Assemblée nationale.

Dans l'actuelle course à la succession de Pierre Karl Péladeau, Véronique Hivon propose que les prochaines élections générales au Québec, en 2018, soient les dernières à se tenir sous l'actuel mode de scrutin.

Mme Hivon veut aussi que les députés du Parti québécois aient la possibilité de voter librement sur toutes les questions qui leur sont soumises, à l'exception des éléments du programme du parti, des dossiers budgétaires et des votes de confiance.

Avant tout, elle fait valoir qu'elle est porteuse d'un «style de leadership» fondé sur la collaboration plutôt que la confrontation.

La Coalition avenir Québec propose, outre un mode de scrutin «proportionnel mixte», qu'une commission parlementaire entende les initiateurs de toute pétition recueillant plus de 10 000 signatures. Elle préconise d'ajouter une période des questions hebdomadaire lors de laquelle seul le premier ministre du Québec serait interrogé.

Elle croit qu'un gouvernement devrait permettre que soient étudiés plusieurs projets de loi provenant des partis d'opposition.

La Coalition avenir Québec pense par ailleurs qu'un élu de l'Assemblée nationale «ayant été reconnu coupable d'une faute grave ou d'avoir manqué de façon claire à ses engagements» pourrait être révoqué dès lors qu'une pétition à cet égard recueillerait la majorité absolue des signatures d'électeurs d'une circonscription.

Faire de la politique autrement... Il faudrait prendre l'idée au mot; faire en sorte que les partis, par représentants interposés, se réunissent pour mettre de l'ordre dans ce fatras de propositions. De façon collaborative, ils verraient lesquelles peuvent faire consensus.

Les autres pourraient tout simplement se retrouver dans les programmes des partis qui les portent.

Le premier ministre Philippe Couillard déclarait mardi que la politique est de plus en plus difficile à pratiquer. Lui aussi doit se dire qu'il y a bien des choses à changer.

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