Drainville quitte la politique pour la radio

Le caucus du Parti québécois a été pris... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Le caucus du Parti québécois a été pris par surprise par l'annonce de la démission de leur leader parlementaire, Bernard Drainville, qui poursuivra sa carrière derrière le micro du FM93.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le leader parlementaire péquiste Bernard Drainville démissionne de son poste pour prendre la chaise - et le micro - de Nathalie Normandeau à l'heure du midi au FM93.

Éventée par La Presse Canadienne, l'annonce du départ de M. Drainville a pris le caucus péquiste par surprise. Différentes sources au sein de l'aile parlementaire ont confié leur étonnement devant le départ de leur collègue de Marie-Victorin. Sur sa page Facebook, le député Jean-François Lisée a parlé d'un «vrai choc». M. Drainville officialisera sa décision mardi, à Longueuil.

L'ex-journaliste effectuera un retour dans l'univers médiatique où il a oeuvré pendant une quinzaine d'années. Il a obtenu une entente avec le FM93, la station radiophonique qui embauchait l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau avant son arrestation par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), à la mi-mars. M. Drainville occupera la même plage horaire que Mme Normandeau, celle du midi, aux côtés de l'animateur Éric Duhaime.

La poursuite de Mme Normandeau contre Cogeco a permis d'apprendre que son contrat oscillait entre 165 000 $ et 175 000 $ par année. S'il défend une circonscription de la couronne de Montréal, M. Drainville habite avec sa famille la région de Québec depuis son élection.

Divers facteurs peuvent expliquer sa décision, selon nos sources. M. Drainville a été «très affecté» par la démission fracassante de Pierre Karl Péladeau, nous dit-on. Après s'être rallié à lui pendant la course à la chefferie de 2015, M. Drainville a passé beaucoup de temps à épauler le baron de la presse dans son adaptation au monde politique.

Certains de ceux qui l'appuyaient en 2015 ont été choqués par son ralliement à M. Péladeau. Plusieurs y ont lu la crainte de terminer au troisième rang de la course, coiffé non seulement par M. Péladeau mais aussi par Alexandre Cloutier.

Même s'il a déposé des projets de loi importants à titre de ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, notamment sur le financement des partis politiques, M. Drainville est beaucoup associé à la charte des valeurs du PQ. Il a été le porteur de ce dossier très controversé et polarisant. Un boulet pour une candidature à la chefferie, chuchote-t-on. Le député Lisée parle de l'épisode de la charte comme «une des plus grandes tempêtes politiques de notre histoire».

Aussi, le titre de leader parlementaire est convoité, et pas seulement en raison de son indemnité additionnelle de 32 000 $ qui s'ajoute au salaire de base de 91 000 $ du député. Le poste vital est souvent offert à un proche du nouveau chef ou à l'un des candidats défaits en guise de main tendue à son camp. Le départ de M. Péladeau laissait planer beaucoup de doutes quant à la capacité de M. Drainville de conserver sa fonction. Le député de Marie-Victorin n'est pas sans savoir que l'ex-leader parlementaire, Stéphane Bédard, dont il a lui-même pris la place, a démissionné peu après avoir été écarté de cette fonction.

Deux bons tests

La démission de MM. Péladeau et Drainville ouvre donc la porte à deux élections complémentaires cet automne, dans Saint-Jérôme et Marie-Victorin. Un test intéressant pour le PQ qui voit la Coalition avenir Québec progresser lentement dans les sondages. Pour mémoire, M. Drainville a souvent déploré les coûts de quelque 500 000 $ engendrés par ce type de scrutin. Il avait été très critique envers le député du PLQ, Emmanuel Dubourg, qui partait pour Ottawa avec une prime de 100 000 $ en poche. «Le gars a été réélu il y a même pas un an, disait M. Drainville. S'il n'avait pas l'intention de faire son mandat, pourquoi s'est-il présenté? Si la politique québécoise ne l'intéressait plus, il n'avait qu'à passer son tour.»

Pourfendeur des indemnités de départ accordées aux démissionnaires, il ne pourra pas en toucher une. L'adoption en décembre dernier du projet de loi 78, dont il était l'un des instigateurs, a fermé la porte à cette possibilité.

M. Drainville a fait le saut en politique en 2007. Il était à ce moment chef du bureau parlementaire à Québec de la Société Radio-Canada. Il a remporté Marie-Victorin alors que le chef péquiste était André Boisclair.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer