Les eaux tumultueuses

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(Québec) DÉCODAGE / En avril 2014, tout juste arrivé au pouvoir, Philippe Couillard déclarait ceci: «Le bateau est au quai; la traversée sera rude, mais nous arriverons à destination.»

Près de deux ans plus tard, en janvier dernier, lors de son premier vrai remaniement ministériel, le premier ministre évoquait une nouvelle ère : «Aujourd'hui, nous voyons la destination. Nous avons passé le cap qui donne accès à des eaux plus tranquilles.» Le «déficit zéro» était atteint.

Jeudi, à la toute veille de la clôture d'une session parlementaire particulièrement difficile pour son gouvernement, M. Couillard a laissé tomber que la politique «n'est pas un fleuve tranquille». L'atteinte de l'équilibre budgétaire n'est pas tout, après tout.

Les eaux sont demeurées tumultueuses.

Évoquons trois dossiers de fond pour commencer : la CSeries, d'une part, et les projets de loi sur les discours haineux et sur la gouvernance scolaire, d'autre part. À l'évidence, beaucoup de temps et d'énergie ont été perdus avant que ces deux pièces législatives soient jetées aux oubliettes.

Lorsqu'il a annoncé en octobre qu'il investirait 1,3 milliard $ dans la CSeries de Bombardier, jamais le gouvernement Couillard n'aurait imaginé qu'Ottawa se ferait encore tirer l'oreille à cette date-ci. Il en est réduit à réitérer son impatience.

À mi-mandat

Arrêtons-nous sur le premier discours livré par Philippe Couillard en tant que premier ministre, le 23 avril 2014. Rien de mieux pour donner un peu de perspective alors que son gouvernement est à mi-mandat.

«Nous devrons relancer les moteurs de notre économie afin d'accroître les revenus, tout en nous imposant une discipline de tous les instants pour assainir les finances publiques de façon durable», annonçait Philippe Couillard.

«Nous devrons recentrer l'État sur ses missions essentielles que sont la santé, l'éducation et l'aide aux personnes vulnérables.»

Une réforme de la fiscalité des particuliers et des entreprises sera mise en oeuvre, disait-il aussi.

Dans le grand ensemble des dossiers économiques, la «Stratégie maritime» était magnifiée. Elle «vise notamment à faire du Québec la plaque tournante du trafic transatlantique», s'enthousiasmait le premier ministre.

Au ministre des Ressources naturelles, il disait: «Vous guiderez le Québec, avec espoir, mais aussi prudence et vigilance, sur la voie de l'exploration et de l'exploitation de ses ressources pétrolières, notamment à Anticosti.»

Dans un autre registre, Philippe Couillard convenait que la classe politique, «incluant» le Parti libéral du Québec, «est sous examen».

La situation allait être restaurée. «Nous nous y emploierons chaque jour en étant nous-mêmes des exemples de probité.»

Dans le domaine de la santé: «Vous déploierez de nouvelles cliniques ouvertes sept jours sur sept, intégrerez l'imagerie en cabinet dans le panier de services publics et augmenterez fortement le nombre d'infirmières praticiennes de première ligne», disait M. Couillard au ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Depuis plusieurs jours, il se félicite que Standard & Poor's ait fait passer de «stable» à «positive» la perspective liée à la cote de crédit du Québec.

Le Québec est devenu champion canadien en création d'emplois, fait-il aussi valoir.

Le regret

Si Philippe Couillard a un regret, c'est certainement celui d'avoir évincé Robert Poëti du ministère des Transports du Québec en janvier.

Question : se pourrait-il que les ministres successifs ne soient jamais vraiment parvenus à s'imposer face à un tel ministère en raison de la rapidité avec laquelle ils arrivent et repartent? Cette situation n'explique pas tout, mais comment le «politique» peut-il s'imposer quand son représentant ne fait que passer pendant un an ou deux, quand il ne reste jamais longtemps en poste?

Lorsqu'en plus il y a absence de directives claires, la nomenklatura des hauts dirigeants - sous-ministres et autres - comble le vide. Elle se place aux commandes. Et, à force, protège ses arrières, ses façons de faire.

Sébastien Proulx n'a pas qu'envoyé un message aux Québécois dans leur ensemble lorsqu'il a fait savoir qu'il resterait à la tête de l'Éducation longtemps - jusqu'aux prochaines élections, à tout le moins. Ce message était aussi destiné à la «machine». Il lui a fait savoir qu'il allait prendre les commandes.

La revanche des députés

Les «simples députés» ont fait entendre leurs voix ces derniers mois. Même si le résultat n'a pas été concluant, ils n'ont pas hésité à convoquer de force des représentants de firmes de stratèges-comptables pour discuter des paradis fiscaux.

Les députés libéraux n'ont évidemment pas toujours eu la même fougue que ceux de l'opposition, mais ils se sont tout de même manifestés dans la crise entourant le fonctionnement du ministère des Transports du Québec. Et dans le dossier d'UberX, qui a créé des tensions à l'interne.

Porteurs de plusieurs insatisfactions, des députés libéraux ont même obligé le gouvernement à tenir une réunion spéciale au Manoir Montmorency.

Et que dire du «député» Robert Poëti, qui a agi ni plus ni moins que comme lanceur d'alerte?

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