Une situation «plus préoccupante» que prévue au MTQ, dit Couillard

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Le premier ministre Philippe Couillard, accompagné du ministre des Transports, Jacques Daoust.

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(Québec) Les témoignages des vérificatrices Annie Trudel et Louise Boily révèlent un «problème profond de culture» au ministère des Transports du Québec (MTQ) et une situation «certainement plus préoccupante» que prévu, affirme le premier ministre Philippe Couillard.

«On a entendu parler d'intimidation, de documents modifiés, a énuméré M. Couillard. On a surtout entendu parler d'une culture de la crainte où des gens craignent de dénoncer des déficiences. Ce n'est pas sain pour une organisation.»

Le passage des deux femmes devant la Commission de l'administration publique a ébranlé les parlementaires. Elles ont dénoncé différentes pratiques dans les hautes sphères du MTQ.

Jeudi matin, le premier ministre s'est entretenu avec le nouveau sous-ministre aux Transports, Denis Marsolais, pour l'assurer qu'il aura tous les outils à sa disposition pour «assainir la culture de travail» au MTQ. Les changements envisageables incluent «les changements de personnel, des réorganisations, des actions précises sur le terrain». «Il n'y a pas de compromis à faire», a dit M. Couillard.

Le cas de l'ex-sous-ministre aux Transports, Dominique Savoie, a retenu l'attention. M. Couillard note que la perte de son poste n'est pas banale. Elle est maintenant ancrée au ministère du Conseil exécutif, mais n'a pas de fonction d'autorité. Celle montrée du doigt par les deux vérificatrices a des droits qu'il faut respecter, a noté le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, aux partis d'opposition qui réclament son licenciement. 

Le premier ministre juge aussi que le dépôt d'un projet de loi qui sortira les vérificateurs de l'autorité du MTQ et d'un autre pour protéger les lanceurs d'alerte aura un effet bénéfique. «C'est quand même inquiétant ce qu'on a entendu, a déclaré M. Couillard. Je comprends les citoyens d'être inquiets. Je le suis moi-même. Je veux qu'on tire ça au clair rapidement et qu'on corrige les fautes.» Le problème de culture au MTQ s'enracine selon lui depuis des décennies et il faudra un certain temps pour en venir à bout. 

En chambre, le Parti québécois a demandé une prolongation de la session d'une semaine de manière à entendre davantage de témoins dans le dossier. Une offre qui a été refusée notamment parce que «nous ne sommes pas des enquêteurs», a noté le député libéral Raymond Bernier. Il appartient à la vérificatrice générale et à l'Unité permanente anticorruption d'aller plus loin, a-t-il soutenu. 

«Les Québécois sont dégoûtés que des documents falsifiés, des documents tronqués, aient été transmis aux députés sans aucune explication, a déploré le chef intérimaire de l'opposition, Sylvain Gaudreault. C'est grave et inacceptable. Le premier ministre a tout fait pour ne pas savoir et pour ne pas que la population sache.»

Le premier ministre a fait remarquer à M. Gaudreault, lui-même un ex-ministre des Transports, qu'il n'a posé «aucune action» alors que «tous ces événements se produisaient sous son nez». Le chef péquiste réplique que sa volonté de créer une Agence des transports traduisait sa volonté de «casser le moule».

Démission exigée

La Coalition avenir Québec reproche à M. Couillard de ne pas avoir congédié l'ex-sous-ministre Savoie. Le député Éric Caire a suggéré que l'actuel ministre des Transports, Jacques Daoust, ait fait preuve de «négligence ou de complicité» dans le dossier. La Coalition avenir Québec demande la démission du ministre Daoust, souhaite qu'un sous-ministre qui vient de l'extérieur de la machine soit nommé et que les parlementaires puissent interroger les dirigeants du MTQ tous les trois mois. 

«Le MTQ est rongé par la manipulation, l'obstruction, les mensonges et l'intimidation, a déploré le chef caquiste François Legault. Ce n'est pas rien pour un ministère qui donne pour plus de 2 milliards$ de contrats par année.» 

Chez Québec solidaire, le député Amir Khadir a déploré que le premier ministre «essaie de rejeter la faute et d'accabler un ministère ou des subalternes plutôt que de prendre [ses] responsabilités».

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