Un homme à la mer

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(Québec) DÉCODAGE / Le ministre des Transports du Québec, Jacques Daoust, est dans la tourmente.

Pensons à l'investissement de 1,3 milliard $ annoncé en octobre, mais pas encore réalisé, dans la Série C de Bombardier. Des mois plus tard, Ottawa tarde à se lancer à son tour.

Songeons à UberX, qui l'a placé sous les tirs d'une partie de son propre camp; de ceux des jeunes libéraux, en l'occurrence.

Ou encore au désintérêt dont il aurait fait preuve devant les doutes de son prédécesseur Robert Poëti quant à certaines pratiques du ministère des Transports.

Voilà qu'il doit se défendre d'avoir menti sur ce qu'il savait ou pas de la vente par Investissement Québec de ses actions dans Rona.

Même s'il a reçu l'appui du premier ministre Philippe Couillard, Jacques Daoust se sent bien seul ces temps-ci.

Seuls

Tous les ministres finissent par se sentir seuls et abandonnés lorsqu'ils sont placés -ou qu'ils se placent eux-mêmes- sur le gril. Parfois, étonnamment, le réconfort vient d'un élu de l'opposition.

Entre 2003 et 2005, l'actuel président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, était ministre de la Sécurité publique. Pendant une certaine période de temps, il a été dans la ligne de mire du Parti québécois.

Une péquiste avait fini par aller lui dire un mot d'encouragement. À ce moment-là, personne au sein de son propre gouvernement n'avait encore eu cette attention.

Rapprochons-nous. Vendredi, la députée péquiste Agnès Maltais a croisé les pas du député de Louis-Hébert, Sam Hamad, dans un tunnel menant d'un stationnement de la Colline parlementaire à l'Hôtel du Parlement. Elle lui a dit qu'elle comprenait ce qu'il traversait. L'attention a touché M. Hamad.

Mme Maltais apprécie la personne qu'est Sam Hamad. Elle n'en demeure pas moins une adversaire politique du libéral.

Jacques Daoust est comme un homme à la mer. M. Hamad, lui, est dans une barque qu'il ne contrôle pas. Les rapports des commissaires à l'éthique et au lobbyisme détermineront la suite des choses.

Jeudi noir

À la Bourse, on parlerait d'un Jeudi noir. Les choses n'allaient déjà pas très bien pour le gouvernement de Philippe Couillard. Elles ont été plus mal encore ce jeudi.

Il y a eu ce rapport de la Vérificatrice générale sur la subvention à l'entreprise Premier Tech; cet autre volet du rapport de Guylaine Leclerc, qui a placé Jacques Daoust en contradiction sur Rona; le ministre François Blais, qui a dû s'expliquer sur l'embauche à titre de conseiller de Pierre Ouellet, récemment démis de ses fonctions au ministère des Transports.

Il y a aussi eu le rapport du Commissaire à la santé et au bien-être, selon qui le Québec est un champion en Occident en ce qui a trait au temps d'attente aux urgences; celui du Commissaire au développement durable, qui a interpellé le gouvernement sur l'utilisation croissante de pesticides en milieu agricole.

Cette fois, un vrai débat

La surprenante proposition lancée lundi par le député péquiste Nicolas Marceau, et ses collègues Alain Therrien et Mireille Jean, prouve que les fenêtres de la maison péquiste sont ouvertes. Inviter les Québécois à choisir entre l'indépendance ou une offre de fédéralisme renouvelé (ou, à défaut, le statu quo), c'est inédit.

La présence de Pierre Karl Péladeau avait verrouillé la course précédente. Celle-ci est plus ouverte. Elle oblige le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, à beaucoup de doigté.

M. Gaudreault a tenu une réunion mercredi avec les quatre députés candidats. Il voulait s'assurer d'un modus vivendi convenable.

Souriez!

Il ne faut rien négliger dans une course. La chanteuse Laurence Jalbert était à l'Assemblée nationale vendredi. Les candidats Véronique Hivon, Martine Ouellet et Jean-François Lisée ont tour à tour quitté leur siège pour aller se faire photographier en sa compagnie.

Alexandre Cloutier y serait allé s'il avait été présent.

Audace ou toupet?

L'insatisfaction de certains députés libéraux a mené à une réunion extraordinaire au Manoir Montmorency lundi soir. Ceux de Québec sont plus insatisfaits que les autres. Ils ne disent toutefois rien publiquement.

La chose paraîtra incroyable à certains, mais un député s'est déjà levé en plein Salon bleu pour manifester très publiquement son désaccord avec une politique de son gouvernement.

En 1997, le péquiste Roger Paquin a pris la parole à la période des questions pour signifier haut et fort au ministre de la Santé d'alors, Jean Rochon, qu'il déplorait les temps d'attente dans le système de santé.

«Qu'est-ce que je vais dire aux gens quand je vais aller les visiter en fin de semaine?», lui avait-il lancé. Le premier ministre Lucien Bouchard l'avait foudroyé du regard. On n'a jamais revu pareille scène.

Une génération plus tard, la question de Roger Paquin paraît cependant résonner dans le rapport du Commissaire à la santé et au bien-être.

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