Fronde d'universitaires contre le projet de loi 70: «un petit peu d'ignorance»

François Blais dément que le projet de loi... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire)

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François Blais dément que le projet de loi 70 vise à forcer les gens à trouver un travail. Il affirme plutôt vouloir les «mettre en marche».

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(Québec) Le ministre François Blais pense qu'il y a «un petit peu d'ignorance» chez les professeurs et les chargés de cours d'université qui l'ont interpellé lundi relativement au contenu de son projet de loi sur l'aide sociale.

«Il y a un petit peu, je pense, d'ignorance par rapport à ce que l'on veut faire», a commenté mardi le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale au lendemain de la sortie publique de quatre enseignants de l'Université Laval, qui ont pris la parole aux abords de l'Assemblée nationale au nom de près de 300 autres de leurs collègues et confrères de partout au Québec.

Tous exigent l'abandon du projet de loi 70. Ils déplorent qu'il attente aux droits des plus pauvres de la société.

Certains d'entre eux ont dénoncé l'obligation qui serait faite aux premiers demandeurs d'aide sociale d'accepter un emploi sous peine de voir leurs prestations être amputées.

«J'ai lu qu'on voulait obliger les gens à prendre un travail», a dit François Blais avant de soutenir que rien n'est plus faux. Il affirme ne pas vouloir «les faire travailler à tout prix», mais «les mettre en marche».

Il précise qu'un retour aux études pourrait qualifier un jeune à une pleine prestation. Et que ce serait aussi le cas d'une démarche visant à régler un «problème de toxicomanie».

François Blais participait à une tournée dans le quartier Saint-Roch à ce moment-là.

Le PQ prend le relais

Peu après, à l'Assemblée nationale, le député péquiste Dave Turcotte a pris le relais des «300». Il a à la fois demandé le retrait du projet de loi et l'élimination des sanctions pour les prestataires qui ne se conformeraient pas aux obligations du programme Objectif emploi.

Leurs prestations pourraient passer de 623 $ à 400 $ par mois, s'est désolé le péquiste.

D'ordinaire plutôt placide, François Blais a bondi. «Notre collègue veut absolument que nos jeunes vivent de l'aide sociale et s'accrochent à l'aide sociale. Nous, ce que l'on veut, c'est d'en sortir le plus grand nombre.»

Il a cité une étude allemande de 2002 indiquant «que chaque type de sanction conduit à un taux de transition accru vers le travail et que cet effet est plus élevé pour les sanctions qui sont fortes». Et une autre étude des Pays-Bas : «Une sanction augmente le taux de transition de l'aide sociale vers l'emploi par plus de 140 %.»

«On parle ici de donner un avenir à nos jeunes, de leur ouvrir des portes.»

«Dans toutes les sociétés sociales-démocrates, notamment les plus égalitaires d'entre elles, notamment le Danemark, il y a le principe de réciprocité, qui fait en sorte d'engager la personne dans une démarche.»

«Cette démarche, ça peut être le retour vers l'emploi, ça peut être le retour aux études.»

Avant d'être élu député de Charlesbourg, François Blais était le doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval. «Il y a des gens que je connais là-dedans», a dit le ministre en parlant des professeurs et des chargés de cours qui lui demandent de reculer.

«Des désaccords, ça existe toujours», a-t-il philosophé.  

Avec Valérie Gaudreau

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