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(Québec) DÉCODAGE / Dans un gouvernement, les relations entre les gradés - les ministres, le premier ministre et son entourage - et les «sans-grade» finissent toujours par se tendre.

Le caucus spécial des élus libéraux lundi, au Manoir Montmorency, à Québec, permettra de faire sortir un peu de vapeur. Même si elle est prévue depuis un mois, cette rencontre arrive à point nommé.

Cette réunion spéciale n'est pas restée secrète comme elle le devait. Celle tenue par les élus péquistes à La cache à Maxime, à Scott, après leur raclée électorale de 2014, pour n'en citer qu'une autre, avait aussi été éventée.

Les virages

Outre l'objectif du déficit zéro - qui a été livré -, le gouvernement Couillard a changé plusieurs fois de directions en 24 mois de pouvoir. Il s'est heurté contre le mur des réalités.

Après des mois de débats et de controverses, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a rendu les armes mercredi et retiré du projet de loi 59 toute la partie sanctionnant les discours haineux. 

L'automne dernier, alors ministre de l'Éducation, François Blais annonçait que, contrairement à son prédécesseur, Yves Bolduc, il ne forcerait aucune fusion de commissions scolaires.

Tout récemment, son successeur, Sébastien Proulx, ainsi que Philippe Couillard ont fait savoir que les élections scolaires seront maintenues. Exit, le projet de loi 86, donc.

Le souhait du ministre des Finances, Carlos Leitão, de hausser la TVQ en contrepartie de baisses d'impôt constituait le coeur du rapport Godbout. Il a également été jeté aux oubliettes. Arrêtons là la liste.

Une étiquette

Les responsables politiques ont plusieurs tactiques dans leur sac. L'une d'elles est d'accoler des étiquettes à leurs adversaires.

Souvenons-nous : en 2007, le premier ministre Jean Charest lançait constamment le mot girouette à la figure du chef adéquiste, Mario Dumont. Il était parvenu à étiqueter M. Dumont auprès d'une partie de l'opinion publique.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, et le caquiste François Legault cherchent à faire la même chose avec Philippe Couillard.

Tout a commencé il y a 10 jours, dans la foulée des interrogations de l'ex-ministre Robert Poëti sur le ministère des Transports. M. Legault a accusé le premier ministre d'agir en «spectateur», en «touriste».

Jeudi, il a montré du doigt sa «nonchalance» à propos d'un conflit de travail privant des élèves de transport scolaire. «On a un gouvernement qui est endormi, qui est passif», a-t-il dit aussi.

«Passif», c'est le même mot qu'avait employé la veille le péquiste Sylvain Gaudreault pour décrire M. Couillard.

M. Gaudreault martèle que le premier ministre ne voit rien et n'entend rien.

Les partis d'opposition veulent coller à la peau du chef du gouvernement l'image d'une personne qui ne s'intéresse pas à la gouvernance.

Legault exaspère

Dans l'appareil péquiste, on félicite le travail sérieux du chef Sylvain Gaudreault. L'homme est méthodique. Il rebondit sur les réponses du premier ministre à la période des questions.

Mais voilà, ces mêmes péquistes voient que les fulgurances de François Legault lui permettent de marquer des points. Ils déplorent que les médias s'emparent du spectaculaire jusqu'à oublier le reste.

M. Legault exaspère ses adversaires. Et pas que ceux du PQ.

On en a eu une vraie illustration jeudi lorsque M. Couillard a reproché au caquiste son «comportement» général et son «impulsivité».

La division parfaite

Le sondage CROP-La Presse diffusé jeudi a été comme un cadeau pour François Legault, dont c'était l'anniversaire. Son parti grimpe.

Ce qu'il faut aussi retenir de ce coup de sonde, c'est qu'il illustre la division du vote la plus parfaite qui soit pour les libéraux.

Ceux-ci pointent à 34 % dans les intentions de vote, le Parti québécois - qui est sans vrai chef, il est vrai - est à 26 % et la CAQ, à 27 %. Québec solidaire ferme la marche avec 11 points.

Aucune configuration ne pourrait être meilleure pour le Parti libéral du Québec, qui se classe troisième chez les francophones.

Souvent dénoncé

Jeudi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, en a surpris plus d'un en offrant une réponse plus gouvernementale que personnalisée à François Marcotte, ce citoyen aux prises avec une maladie dégénérative réclamant des soins corporels de base dans le CHSLD où il réside. M. Barrette était animé du désir de ne pas créer une nouvelle norme dans tout le réseau des CHSLD, semble-t-il.

En septembre dernier, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, dénonçait la dégradation des soins d'hygiène dans ces établissements. Déjà, il y a six ans, en 2010, elle déplorait que les personnes âgées en perte d'autonomie, et les personnes vulnérables, devaient s'adapter au système, alors que c'est ce dernier qui devrait s'adapter à elles.

Pas tous éventés

Un clin d'oeil pour terminer. Toujours éventés, les caucus «secrets» des partis politiques? Non. L'automne dernier, les élus du Parti québécois se sont réunis à Wendake. Les journalistes ne l'ont jamais su. Des péquistes en sourient encore.

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