Lisée repousse le référendum

Selon Jean-François Lisée, le PQ n'aura pas assez... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Selon Jean-François Lisée, le PQ n'aura pas assez de 24 mois pour convaincre les Québécois de voter pour la souveraineté.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Jean-François Lisée entre dans la danse de la chefferie en prévenant les péquistes que les élections de 2018 sont perdues d'avance s'ils s'entêtent à forcer un référendum.

Le député péquiste de Rosemont a trouvé sa niche. Il est le seul candidat à la succession de Pierre Karl Péladeau à mettre définitivement au rancart l'idée d'un référendum dans un premier mandat.

Ex-conseiller de Jacques Parizeau et l'un des «architectes» du référendum de 1995, selon ses mots, M. Lisée a acquis la «certitude» que le PQ n'aura pas assez de 24 mois pour convaincre les Québécois d'adhérer à la souveraineté. Pas dans un Québec où le taux de satisfaction à l'égard du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, caracole à 67 %, a-t-il noté. 

«Je suis un indépendantiste pressé, mais je suis pressé que ça réussisse, a déclaré M. Lisée. Je ne suis pas pressé que ça échoue.»

Les Québécois sont pris dans le «piège libéral», analyse-t-il. Ils préfèrent encore élire les libéraux, malgré le mécontentement à leur égard, que de risquer la tenue d'un référendum dont ils ne veulent pas. Repousser la consultation à un deuxième mandat permettrait de préparer convenablement le parti et l'opinion publique tout en offrant un «bon gouvernement» pour remplacer les libéraux. 

«Jacques Parizeau nous a dit pendant des années qu'il faut partir du point où on est et préparer une plateforme complète qui répond aux questions sur la monnaie, la défense, la culture, la santé, les relations internationales, énumère M. Lisée. Il a mis sept ans à faire ça. Nous ne sommes pas Jacques Parizeau et nous ferions ça dans le tiers du temps? Il faut être sérieux et réaliste.»

M. Lisée, qui avait qualifié Pierre Karl Péladeau de «bombe à retardement», modifie donc sa position sur le calendrier référendaire. Lors de la dernière course, il prônait une décision avant l'élection, un peu comme le suggèrent aujourd'hui les candidats Alexandre Cloutier et Véronique Hivon.

La députée de Vachon, Martine Ouellet, qui devrait confirmer sa candidature dans les prochains jours, continue à plaider pour un référendum dans un premier mandat. Si elle ne partage pas la position de M. Lisée, Mme Ouellet juge qu'elle a l'avantage d'être claire. A contrario, Mme Hivon et M. Cloutier cultivent à son sens «la même position ambiguë».

«Alexandre est encore dans la gouvernance souverainiste, dans les conditions gagnantes, a noté Mme Ouellet. L'ambigüité, ce n'est pas la solution. Ça prend des idées claires.»

La députée de Vachon croit, contrairement à M. Lisée, qu'il est possible d'accomplir le travail de préparation à un référendum à l'intérieur d'un premier mandat. «Je suis en désaccord [avec la position de M. Lisée] parce que c'est la même position que Pauline Marois lors de l'élection de 2014, a affirmé Mme Ouellet. Et ça a été un échec retentissant.»

«Irréaliste»

Sans ramener sa proposition d'un million de signatures pour enclencher un processus référendaire, M. Cloutier maintient qu'il faut une mobilisation populaire pour donner un élan à la consultation. Il refuse de s'engager à tenir ou pas un référendum, mais promet que les électeurs sauront à quoi s'en tenir avant les prochaines élections. «J'ai assez d'expérience pour vous dire que les choses changent extrêmement rapidement et que d'écarter tout projet de consultation populaire pendant les six prochaines années m'apparaît irréaliste», a-t-il dit au sujet de la position de M. Lisée. Mais «jamais» il ne lancera le Québec dans un référendum tant qu'il n'est pas «convaincu qu'on a tout ce qu'il faut pour gagner». 

La candidate Véronique Hivon a salué l'arrivée de M. Lisée dans la course. Elle rejette aussi l'idée d'écarter définitivement l'avenue référendaire. La députée de Joliette veut consulter l'ensemble du mouvement souverainiste dans l'espoir d'accoucher d'une démarche commune d'accession à la souveraineté. 

Même s'il a tourné le dos à l'actuelle course, l'ex-péquiste et fondateur d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, n'a pas manqué de railler la suggestion de M. Lisée. Il la compare à un chef du Parti vert qui s'engagerait à ne pas protéger l'environnement parce que la population en général n'est pas assez conscientisée. «Que chaque formation politique établisse clairement sa raison d'être et l'assume face à l'électorat, écrit-il. Tous partis confondus. Ça s'appelle tout simplement être démocrate.»

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