Couillard essuie une gifle des jeunes libéraux au sujet d'Uber

Le ministre des Transports du Québec, Jacques Daoust,... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le ministre des Transports du Québec, Jacques Daoust, estime que l'État perdrait 20 millions $ par année en taxes et impôts en raison du modèle d'affaires d'Uber.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Drummondville

Le gouvernement Couillard a essuyé une gifle des jeunes libéraux dans le dossier Uber.

Le conseil général du Parti libéral a adopté samedi matin une résolution de la Commission jeunesse en faveur du service de transport illégal, alors que le gouvernement a déposé jeudi le projet de loi 100 qui met au pas ce service.

Au cours d'un débat animé, plusieurs militants ont affirmé que ce projet de loi étouffait la concurrence et envoyait le mauvais message.

La résolution a été adoptée avec une forte majorité. Elle évoque notamment «l'émergence d'un phénomène irréversible auquel concourent notamment les nouvelles technologies», soit l'économie de partage. Elle demande au gouvernement de «collaborer avec les principaux joueurs de l'économie du partage pour rechercher des solutions législatives et réglementaires visant à encadrer et à permettre ces nouvelles pratiques».

La résolution demande aussi au gouvernement de «favoriser des solutions qui répondent directement aux besoins des citoyens en remettant en question les normes établies, si nécessaire».

Le président de la Commission jeunesse du Parti libéral, Jonathan Marleau, a exprimé sa satisfaction, lui qui avait dû atténuer ses critiques contre le projet de loi après avoir rencontré le premier ministre et le ministre des Transports, Jacques Daoust, samedi matin.

«C'est une victoire pour la Commission jeunesse, a-t-il déclaré au cours d'un point de presse après la tenue du vote. On est très, très, très contents. On a envoyé un message très clair au gouvernement. La balle est dans son camp.»

La Commission jeunesse va rencontrer le ministre pour tenter de faire modifier le projet de loi, parce qu'il ne correspond pas à la résolution en encadrant trop l'économie du partage, de l'avis de M. Marleau.

Il a dit être «certain» que les élus prendront en compte la résolution dans l'étude du projet de loi.

Pour sa part, le ministre des Transports, Jacques Daoust, estime qu'il ne s'agit pas d'une rebuffade ni d'une fronde. «C'est un débat qui est compliqué», a-t-il affirmé dans un point de presse. Il a dit être ouvert à discuter d'économie de partage, tout en précisant que selon lui, Uber n'est pas de l'économie de partage.

Pas question de réécrire le projet de loi

De même, M. Daoust soutient qu'il est prêt à améliorer son projet de loi, mais il n'a pas entendu jusqu'à maintenant de «solution autre» ou de «proposition de faire autrement». Il n'y a pas lieu toutefois de réécrire le projet de loi, a-t-il dit.

«Je ne retournerai pas à la planche à dessin, il est déposé», a-t-il tranché, tout en reconnaissant que sa solution n'est pas «idéale».

Avec le projet de loi 100, le gouvernement propose désormais d'obliger tous les chauffeurs à avoir un permis de conduire de classe 4C, spécifiquement réservé au taxi, qui nécessitera une vérification de leurs antécédents judiciaires et une formation en service à la clientèle.

Toutes les voitures qui servent à des activités de taxi devront avoir une plaque d'immatriculation désignée comportant la lettre «T».

Les chauffeurs d'Uber, qui étaient exemptés d'une portion de la perception des taxes de vente à titre de travailleurs autonomes, devront acquitter les montants de TPS et TVQ relatifs à leurs activités, au même titre que les autres.

M. Daoust a estimé que l'État perdait approximativement 20 millions $ par année en taxes et impôts à cause du modèle d'affaires d'Uber.

Uber n'est pas de l'économie du partage, estime l'industrie du taxi

La confrontation est loin d'être terminée entre les chauffeurs de taxi et la multinationale Uber. Le gouvernement Couillard a reçu une surprise de taille samedi alors que le conseil général du Parti libéral a adopté avec une forte majorité une résolution qui va à l'encontre du projet de loi 100. Une situation qui a fait grincer des dents l'industrie du taxi.

Le président du Comité provincial de l'industrie du taxi (CPCDIT) a tenu à souligner qu'il était en faveur «de la véritable» économie du partage, mais qu'Uber «ne fait aucunement partie» de cette économie.

«Que des individus partagent un bien pour faire quelques dollars et diminuer leur empreinte écologique est une excellente idée. Mais quand on prétend faire partie de l'économie du partage alors qu'on fait du transport rémunéré de personnes, purement et simplement, on est loin du partage. Et quand on élude les taxes et impôts en plus, on ne partage absolument rien, même pas les charges sociales», a affirmé par voie de communiqué Georges Tannous.

Du côté du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), on invite les jeunes libéraux à essayer l'application mobile Taxi Coop qui ressemble en plusieurs points à celle d'Uber, indique Abdallah Homsy, porte-parole du RITQ. «Notre application présente toutefois une caractéristique fort différente, elle est totalement légale et respecte toutes les normes du transport rémunéré de personnes. Il n'est pas nécessaire de bafouer les lois pour innover», ajoute-t-il.

Le RITQ a tenu à rappeler «qu'un jugement de la Cour supérieure du Québec démontre clairement qu'Uber ne fait pas du covoiturage, mais bien du transport rémunéré. Par définition, Uber ne fait donc pas partie de l'économie du partage, puisque le chauffeur et son passager ne partagent pas la destination», peut-on lire dans leur communiqué. Jean-Michel Genois Gagnon

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer