Manif à Québec: moins nombreux qu'annoncé, les syndiqués se sont néanmoins fait entendre

«Moi je suis super content, on avait des... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

«Moi je suis super content, on avait des milliers de personnes», a dit le directeur adjoint du SCFP, Marc Ranger. «Nos gens travaillent. Mais on a mobilisé beaucoup de travailleurs en congé.»

Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Il y avait beaucoup de bruit, mais moins de syndiqués qu'annoncé à la manifestation en guise de comité d'accueil à l'ouverture des Assises annuelles de l'Union des municipalités. La manifestation qui a duré de 7h à 11h aura toutefois rallié environ 4000 employés municipaux avec le même message :  ils craignent que les maires obtiennent trop de pouvoir dans les négociations après les promesses du gouvernement Couillard contenues dans le pacte fiscal qui doit être signé d'ici la fin de l'année.

Le petit matin a commencé avec force devant le Centre des congrès de Québec avec une partie du boulevard René-Lévesque fermée à la circulation. Les autobus ont été détournés de la Colline parlementaire pour laisser place à cette manifestation organisée par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Vers 11h30, la circulation automobile était sur le point d'être rétablie.

Certains dirigeants avaient annoncé «10 000 à 15 000 personnes», ils étaient entre 4000 et 5000 selon les évaluations.

Musique, slogans syndicaux et présence policière pour assurer la circulation ont donc accueilli les quelque 1500 représentants et élus du monde municipal dès 7h jeudi.

Vers 9h, le maire Régis Labeaume s'est adressé aux délégués en se moquant de la mobilisation syndicale. «C'est un peu raté. Il y avait entre 3000 et 4000 personnes», a-t-il lancé en allusion à l'objectif.

Le maire, qui est rentré tard mercredi soir d'une mission économique et touristique à New York, a aussi souhaité sur le ton de la blague la bienvenue aux délégués à Québec, «la capitale de l'humilité».

Marc Ranger satisfait

Rencontré alors que les manifestants pliaient bagage vers 10h45, le directeur adjoint du SCFP, Marc Ranger, a déploré les propos de Régis Labeaume, reprenant l'expression «d'amuseur public» qu'il a utilisée par le passé pour qualifier le maire de Québec.

«Le maire trouvera toujours un élément pour dénigrer la défense de ce droit fondamental à négocier. J'aimerais parfois qu'il parle positivement. Avec d'autres maires, comme Denis Coderre, on est capables de se parler», a dit le chef syndical, satisfait de la manifestation.

«Moi je suis super content, on avait des milliers de personnes», a dit M. Ranger. «Nos gens travaillent. Mais on a mobilisé beaucoup de travailleurs en congé.»

La manifestation qui a duré de 7h à... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

Agrandir

La manifestation qui a duré de 7h à 11h aura toutefois rallié environ 4000 employés municipaux.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Même si elle était bruyante, la manifestation s'est terminée sans anicroche, même si la police avait déployé certains agents vêtus de leur uniforme antiémeute. «Il n'y a pas eu de dérapage. Il y a eu des tensions, mais on les a calmées», a poursuivi M. Ranger.

Négocier «d'égal à égal»

Les engagements prévus dans le pacte fiscal de permettre aux maires de décréter les conditions de travail ou encore de trouver «le meilleur mécanisme» pour «rééquilibrer le rapport de force entre les municipalités et leurs employés» comme le dit le ministre Martin Coiteux inquiètent les syndiqués. Ils craignent que ne soit menacée la bonne foi des élus lors des négociations de conventions collectives .

«On ne se laissera pas restreindre nos droits d'une façon ou de l'autre. Il y a un cadre légal de négociation, il faut le respecter», a dit Marc Ranger.

Les Assises de l'UMQ se tiennent à Québec pour la première fois depuis 2011. Cette rencontre de deux jours ponctuée d'allocutions du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, des chefs de l'opposition à l'Assemblée nationale, du ministre des Affaires municipales Martin Coiteux et du ministre des Finances du Canada, Bill Morneau aborde divers sujets touchant au monde municipal.

Pacte fiscal

Cette rencontre annuelle des élus municipaux prendre une couleur toute spéciale cette année avec la négociation d'un pacte fiscal 2016-2019 sous le signe de l'autonomie municipale. Le document présenté en septembre et qui doit être signé d'ici la fin de l'année comporte en effet plusieurs mesures et promesses visant à reconnaître les villes comme des «gouvernements de proximité». Le gouvernement Couillard a ainsi promis de simplifier l'administration municipale, d'accorder plus de pouvoirs dans divers domaines, dont celui des négociations avec les syndicats.

Il s'agit aussi des premières Assises pour le nouveau président de l'UMQ, le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny qui a asuccédé mercredi soir à la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer