Suzanne Roy de l'Union des municipalités: le mandat du choc avec les syndicats

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Suzanne Roy terminera bientôt un mandat de deux ans à la tête de l'Union des municipalités du Québec.

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(Québec) Suzanne Roy ne s'en cache pas : le pire moment de son mandat de deux ans à la tête de l'Union des municipalités du Québec qui se termine aujourd'hui a été la manifestation syndicale devant sa résidence privée de Sainte-Julie le 7 décembre. «La culture syndicale aurait avantage à faire un petit mea-culpa», tranche-t-elle en entrevue au Soleil. «On ne doit pas accepter dans notre société que des gros bras viennent faire une manifestation à notre résidence privée. Je ne veux pas qu'on l'accepte.» Si cet épisode du passé a choqué celle qui est aussi mairesse de Saint-Julie, les enjeux syndicaux, eux, restent. Ils ont marqué son passage comme présidente de l'UMQ. Et ils risquent aussi de colorer les 95es Assises annuelles de ce regroupement de 300 municipalités qui se déroulent jeudi et vendredi au Centre des congrès de Québec où les syndicats prévoient une manifestation jeudi. À l'heure du bilan, Le Soleil a dressé avec Suzanne Roy les grandes lignes d'un mandat chargé et fait le point sur trois enjeux cruciaux à suivre pour les municipalités.

Les conditions de travail

L'affrontement des maires avec les syndicats a marqué les deux dernières années. Quand Suzanne Roy a succédé au maire de Rimouski, Éric Forest, à la tête de l'Union des municipalités du Québec, en mai 2014, le front était ouvert sur le projet de loi 3 sur les régimes de retraite. La loi, adoptée en décembre de la même année, est maintenant contestée devant les tribunaux. Mais les maires ont depuis fait un autre gain : la promesse du gouvernement Couillard de leur permettre de décréter les conditions de travail en cas d'échec des négociations. Question de réédition de compte, croit la présidente sortante de l'UMQ. «Les citoyens ne veulent pas de conseils municipaux qui disent que ce n'est pas de leur faute. Ils veulent des réponses», tranche-t-elle. Lors de l'entente sur un nouveau pacte fiscal qui doit être signé d'ici la fin de l'année, le gouvernement Couillard s'est engagé à déposer ce projet de loi donnant ce pouvoir aux maires pendant la présente session parlementaire. En entrevue, elle refuse de se montrer trop impatiente, mais n'en fait pas moins un «rappel amical» à l'heure où le temps commence à presser.

Un «gouvernement de proximité»

Les municipalités du Québec ne sont plus des «créatures du gouvernement», se réjouit Suzanne Roy à l'heure du bilan de sa présidence de deux ans à l'UMQ. Toutes les lois ne sont pas encore changées pour véritablement doter les villes du statut de «gouvernement de proximité», tant réclamé. Mais des dizaines de promesses sont écrites noir sur blanc dans le pacte fiscal 2016-2019. Présenté en septembre, cet accord de partenariat représente le versement aux municipalités de 3,2 milliards $ en quatre ans. Au-delà d'un pouvoir comme celui de décréter les conditions de travail des employés municipaux, le gouvernement Couillard promet de majorer les redevances sur les ressources naturelles et d'élargir certaines compétences. On souhaite aussi simplifier les lois municipales et enchâsser de nouveaux pouvoirs dans une foule de pièces législatives touchant la gouvernance, mais aussi l'urbanisme ou la fiscalité. Ces gains, Suzanne Roy les attribue en bonne partie au fait que le monde municipal a été plus solidaire ces deux dernières années. «On est passé de l'esprit de clochers à celle de solidarité», illustre-t-elle.

Les changements climatiques

Un grand défi des villes pour les prochaines années sera celui des changements climatiques, croit Suzanne Roy. Enthousiasmée par sa présence à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui a eu lieu en décembre à Paris, la présidente sortante de l'UMQ est plus que jamais convaincue du rôle des municipalités dans l'atteinte des objectifs environnementaux. La gestion des matières résiduelles, des choix en transport, par exemple. «On n'a pas encore les moyens de nos ambitions, mais les changements climatiques, ça touche le quotidien», dit-elle à propos de la nécessaire prise de conscience. «Il faut poser des actions pour diminuer les gaz à effets de serre», poursuit celle selon qui ce n'est pas que l'affaire des grandes villes. «Toutes les municipalités doivent vivre les changements, toutes les villes riveraines sentent l'impact des extrêmes de température. Ces phénomènes nous rattrapent, peu importe la grosseur des municipalités», conclut Mme Roy.

Les Assises de l'UMQ en bref

  • 12 et 13 mai au Centre des congrès de Québec
  • 1500 participants
  • Élection mercredi de la personne qui succédera à Suzanne Roy à la présidence. Pour l'instant, le maire de Sherbrooke et actuel vice-président de l'UMQ, Bernard Sévigny, est sur les rangs.
  • L'UMQ regroupe 300 municipalités couvrant 80 % du territoire de la province, ce qui représente 6 millions d'habitants.

«Régis et Denis»

Régis Labeaume et Denis Coderre... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 6.0

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Régis Labeaume et Denis Coderre

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Maire des deux plus grandes villes du Québec et imposantes personnalités politiques, Régis Labeaume et Denis Coderre prennent de la place. Trop? Suzanne Roy assure que non. 

«Il s'est créé un équilibre», juge-t-elle à propos des maires de Québec et de Montréal, deux municipalités qui ont réintégré l'UMQ en 2013 après quelques années d'absence.

Elle reconnaît que Québec et Montréal ont un agenda particulier, elles qui attendent avec impatience le dépôt d'une loi sur le statut de capitale et une autre sur le statut de métropole. Des combats distincts qui, à terme, donneront des pouvoirs particuliers à ces deux villes en transport, en développement social ou en aménagement.

L'impression d'être privilégiés? «Ce ne sont pas des privilèges. Être une capitale ou une métropole vient avec des avantages, mais aussi avec des inconvénients», explique Mme Roy. Elle assure que cette forte présence de Montréal et de Québec a été comprise par les municipalités de l'UMQ.

«On s'est dit les vraies choses et on a toujours réussi à tenir cet équilibre. Régis et Denis avaient une attention particulière face à leurs confrères et consoeurs pour ne pas leur marcher sur les pieds.» 

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