PQ: l'instabilité permanente

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(Québec) DÉCODAGE / Le prochain chef du Parti québécois sera le 8e en titre depuis que le fondateur René Lévesque a été poussé vers la sortie en 1985. Il succédera à Pierre Marc Johnson, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry, André Boisclair, Pauline Marois et Pierre Karl Péladeau.

Un huitième chef en 31 ans, c'est beaucoup. C'est un peu l'instabilité permanente, disent des péquistes.

C'est un poncif de dire que le prochain chef aura tout un défi à relever. Mais rien n'est plus vrai. Le Parti québécois a perdu quelque 677 000 électeurs depuis une génération.

Le défi du successeur de Pierre Karl Péladeau? Redéfinir la ligne directrice du Parti québécois. Encore une fois!

Ne remontons pas jusqu'à l'«étapisme» de René Lévesque et de Claude Morin, mais rappelons tout de même qu'il y a eu le «si-vous-votez-pour-nous-vous-aurez-un-référendum-sur-la-souveraineté» de Jacques Parizeau, les «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard, le référendum «le plus tôt possible» de Bernard Landry et aussi d'André Boisclair, des débats sur la pertinence de poser de «gestes de rupture» avec le reste du Canada, l'idée de «référendums sectoriels», la «gouvernance souverainiste» de Pauline Marois - jamais réellement définie -, ainsi que le projet d'un référendum «au moment approprié», qui figure actuellement au programme. C'est beaucoup.

Beaucoup de «louvoiements», s'amusent les détracteurs.

Pierre Karl Péladeau n'a pas eu le temps de mettre de la chair autour de l'engagement phare du Parti québécois, la souveraineté. La personne qui lui succédera devra s'y atteler. Le chemin est étroit.

Durant la dernière course à la direction, Bernard Drainville avait proposé que le Parti québécois s'engage à ne pas tenir de référendum durant un premier mandat s'il reprenait le pouvoir en 2018. Sa proposition a heurté tant de militants qu'il avait dû ajuster le tir en cours de route.

Heureux qui comme Ulysse?

L'aile parlementaire du Parti québécois, ses équipes de soutien, ainsi que la direction du parti sont composées de gens vaillants, résilients et volontaires.

Il existe beaucoup de profondeur dans l'équipe parlementaire péquiste, admettent même régulièrement plusieurs de leurs adversaires politiques.

La profondeur n'est cependant pas un blindage. Elle ne les empêche pas d'être parfois découragés.

Relevons que la plupart de ceux ayant quitté de gré ou de force la barque durant le passage de M. Péladeau n'ont pas de regrets. Ces ex-aides de camp sont même soulagés de ne pas avoir à revivre une course à la direction.

Constatons-le : ceux qui quittent la politique québécoise, qu'il soit député ou employé d'un parti, cultivent rarement des regrets une fois la période de sevrage passée.

Les frustrations

Les parlementaires assis des deux côtés du Salon bleu savent qu'ils ne sont pas les plus mal lotis des citoyens. Ils se plaignent rarement de leur sort, sinon pour confier que la pression médiatique est déstabilisante et rend tout le monde un peu fou.

Mais la vie dans cette chaudière qu'est l'Assemblée nationale est source de nombreuses frustrations. Surtout pour ceux occupant des fonctions névralgiques. (Car il ne faut pas oublier qu'il y a aussi, à côté d'eux, une cohorte de députés qui parviennent à mener une vie relativement tranquille.)

Il a beaucoup été question cette semaine de la conciliation entre le travail des parlementaires et la vie de famille, un sujet réapparu dans la foulée de la démission de Pierre Karl Péladeau.

Comme dans tous les métiers de représentation, nos politiciens doivent toujours donner le change, même s'ils vivent des séparations. Ou même si leurs enfants sont plongés dans des difficultés particulières, scolaires ou autres. Ou même si la maladie frappe un proche.

Ne nous attardons pas sur les critiques incessantes dont ils sont l'objet, un sujet souvent abordé.

Mentionnons par contre l'extrême lenteur de tout processus décisionnel. Le fait, aussi, que les choses atterrissent rarement comme prévu, entre autres en raison de l'existence d'une multitude de paliers intermédiaires.

Autre élément de frustration: la déconsidération générale dont ils sont l'objet.

Ajoutons les heures passées sur la route et dans des activités de toutes sortes. Et celles toujours plus nombreuses devant être passées à l'Assemblée nationale en raison de la multiplication des commissions parlementaires.

Ajoutons la vitesse; le temps de réflexion qui manque. La difficulté d'avoir du recul sur les choses. La nécessité de tout penser ou presque en fonction des médias.

Les journées qui ne finissent plus. Essoufflant!

Une 10partielle

Puisque nous avons ouvert sur une statistique, concluons par une autre : l'élection partielle qui se tiendra dans la circonscription de Saint-Jérôme, devenue vacante avec le départ de M. Péladeau, sera la 10e à se tenir depuis les élections générales d'avril 2014. Une espèce de record.

La Coalition avenir Québec ne ménagera pas ses efforts pour s'emparer de cette circonscription. Pierre Karl Péladeau y avait récolté 37 % des voix il y a deux ans, tandis que le porte-étendard de la CAQ en avait obtenu 32 %.

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