Vers une course à la «Shakespeare» au PQ

Alexandre Cloutier et Véronique Hivon... (Photothèque Le Soleil, Érick Labbé)

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Alexandre Cloutier et Véronique Hivon

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(Québec) Il n'y aura pas de couronnement au Parti québécois. Une course à la direction au scénario «shakespearien» se dessine avec Véronique Hivon et Alexandre Cloutier dans les rôles principaux.

Les députés du Parti québécois se sont réunis en caucus vendredi pour s'élire un chef intérimaire dans la foulée de la démission de Pierre Karl Péladeau. Même si, en début de journée, quelques élus plaidaient les vertus d'un couronnement, il est vite apparu qu'une course souriait à la majorité.

En après-midi, le nouveau chef intérimaire, Sylvain Gaudreault, a annoncé que l'exécutif national du PQ définirait des règles pour la course, sans même évoquer la possibilité d'un couronnement.

Dès son arrivée, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a déclaré qu'il avait «pris sa décision». Sans officialiser sa candidature, il a promis une annonce «au moment opportun» entouré des «bonnes personnes», dont sa conjointe, en raison des répercussions de cette décision sur sa vie familiale. Tous ont compris que M. Cloutier ferait le saut.

D'autant plus qu'il parle lui-même du scénario «un peu shakespearien» d'une course contre celle qui l'appuyait en 2015, la députée de Joliette Véronique Hivon. Les deux amis se sont déjà rencontrés pour discuter de la situation. «Peu importe ce qui va se passer, peu importe le processus, Véronique et moi, on va former une équipe, a déclaré M. Cloutier. Peu importe le résultat de la course, c'est clair. On a toujours formé une équipe et après le processus, on va encore en former une.»

Pendant la journée, l'ex-premier ministre Bernard Landry a plaidé pour un ralliement des péquistes autour de la candidature de M. Cloutier. Une course sera selon lui une «perte de temps et d'argent», selon ses déclarations à La Presse.

Mais Mme Hivon mène sa réflexion sans mettre dans la balance les effets de sa candidature sur celle de M. Cloutier. Elle est dans sa «propre trajectoire». «Je pense que je suis pas mal capable de voler de mes propres ailes», a noté la députée de Joliette, qui se dit «surprise» des nombreux appuis qu'elle reçoit. Vendredi, le député de Bertrand, Claude Cousineau, a réitéré son intention de «travailler» pour Mme Hivon si elle se présente. Il a vanté sa connaissance des dossiers. L'aura de Mme Hivon rayonne depuis sa gestion du dossier de l'aide médicale à mourir.

Des raisons «très personnelles» l'ont empêché de se présenter en 2015, a-t-elle expliqué. Elle a alors rejoint la campagne de M. Cloutier.

Cloutier en tête

Un sondage Léger publié dans le Journal de Québec et mené auprès de militants du PQ a placé M. Cloutier en tête des intentions de vote avec 27 %. Le coup de sonde laisse Mme Hivon à 11 %. La recherche attribue par contre des pourcentages à Jean-Martin Aussant, fondateur d'Option nationale, dont on sait depuis jeudi qu'il ne sera pas de la course. De même que pour Bernard Drainville, qui a abandonné l'idée d'être candidat dans la mesure où il conserve son poste de leader parlementaire.

M. Cloutier a reçu le sondage de manière «positive», note qu'il doit travailler sur sa propre notoriété, mais soutient que les résultats reflètent le message que le terrain lui envoie.

D'autres députés seront bien embêtés de faire un choix si M. Cloutier et Mme Hivon se lancent séparément dans la course. C'est le cas de Gaétan Lelièvre, qui était aussi dans le camp Cloutier lors de la dernière course.

Le député de Rousseau et porte-parole en matière de Finances, Nicolas Marceau, dit aussi être en réflexion. Il juge primordial qu'une candidature fasse de l'enjeu économique une priorité. Il a déjà obtenu l'appui public du député Alain Therrien.

Candidate lors de la dernière course, Martine Ouellet juge que sa propre expérience économique est plus «terrain» que celle de son collègue Marceau en raison de son passage chez Hydro-Québec. Ni Mme Hivon ni M. Cloutier n'ont un profil économique, selon elle. Mme Ouellet se dit d'ailleurs assez proche de la vision du développement économique du chef démissionnaire Péladeau.

Les députés interrogés vendredi étaient tous favorables à une course courte. Les règles ébauchées par l'exécutif national devront être entérinées par les délégués péquistes lors d'une instance qui devrait avoir lieu en juin.

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