«Les politiciens ne sont pas des surhommes»

Julie Snyder et Pierre Karl Péladeau, entourés de... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Julie Snyder et Pierre Karl Péladeau, entourés de leurs enfants et de la fille de l'ex-chef du PQ (à droite), lors de leur mariage très médiatisé, le 15 août 2015, à Québec.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La démission de Pierre Karl Péladeau est d'autant plus surprenante qu'elle survient à un moment où il apparaissait finalement à l'aise comme chef du Parti québécois, souligne le politologue Thierry Giasson, pour qui les «raisons familiales» invoquées ne font pas de doute.

«Ce n'était pas un naturel de la politique, pas un politicien de carrière et ça paraissait», fait remarquer le professeur de science politique à l'Université Laval en entrevue téléphonique. Or, il est tombé dans une «immense machine avec des moeurs profondément ancrées». Si bien que les premiers mois du leadership de Pierre Karl Péladeau n'ont pas été de tout repos. «Mais dans les derniers temps, les choses commençaient à se replacer», constate M. Giasson, qui ne doute pas de la sincérité du père qui dit «choisir sa famille». 

Le politologue ne peut d'ailleurs s'empêcher de faire un lien entre l'entrevue de Julie Snyder accordée à Tout le monde en parle, dimanche. L'ex-conjointe du magnat de la presse n'a pas donné de détails de la médiation enclenchée dans la foulée de leur séparation. Toutefois, il y avait un indice que «ce n'est pas facile, comme toutes les séparations». «On a senti qu'on approchait quelque chose de difficile. Dans sa réponse, il y a vraiment cette idée que les deux parents veulent montrer l'exemple», a retenu M. Giasson. 

L'expert mentionne que plusieurs autres politiciens avant lui, comme Lucien Bouchard, François Legault et Joseph Facal, ont aussi démissionné en invoquant le désir de voir grandir leurs enfants. «Ça vient prouver encore une fois que les politiciens ne sont pas des surhommes et des surfemmes», dit-il. 

«Quelque chose de très personnel»

Diane-Gabrielle Tremblay, spécialiste de la conciliation travail-famille, souligne que la famille sert parfois d'«excuse» à des politiciens pour justifier un abandon après la perte d'un poste convoité. «Ici, on voit que c'est quelque chose de très personnel et de très poignant», dit-elle. 

L'experte de la TÉLUQ fait remarquer que la vie publique empiète largement sur la vie privée des politiciens. Non seulement les hommes et les femmes politiques doivent-ils souvent consacrer leurs soirées à leur travail, comme d'autres salariés et professionnels, mais les fins de semaine y passent aussi. En plus, plusieurs doivent partager leur temps entre leur domicile et la capitale, où se déroulent les travaux parlementaires.

Si même un entrepreneur peut s'organiser pour prendre congé, c'est plus difficile pour les élus. «Quand on est politicien à Québec ou Ottawa, on est au service de la population. Ça fait beaucoup de patrons», résume Mme Tremblay.

Dur pour le PQ

Robert Bernier, professeur à l'École nationale d'administration publique, pense que c'est le Parti québécois qui va «payer le prix» de cette démission surprise car M. Péladeau avait «réalisé son apprentissage» de la politique et «commencé à développer une relation entre lui et les citoyens». 

Même si sa vie professionnelle et personnelle était largement médiatisée quand il a pris les commandes du PQ, «ça n'a pas été facile pour lui d'établir son branding, mais là, sa marque était établie», croit l'expert en communication politique. Il faudra tout recommencer avec un nouveau chef. «Arriver prêt pour la prochaine élection dans deux ans, ça va être très difficile.» 

M. Giasson croit que le PQ sera tenté de trouver un successeur en rupture avec les chefs des autres partis, une stratégie qui a bien réussi au Parti libéral du Canada et à Justin Trudeau tout récemment. «Je pense qu'il pourrait y avoir des appels du pied pour la candidature de jeunes femmes», lance-t-il, donnant l'exemple de Véronique Hivon. «Pendant le renouveau des leaderships, on essaie d'aller chercher une figure transformative qui peut amener le parti ailleurs et qui va faire un énorme contraste avec les acteurs qui sont en présence dans les autres partis, les compétiteurs. Et en ce moment, ce sont deux hommes de plus de 50 ans blancs et francophones», note le professeur de l'Université Laval en parlant de Philippe Couillard et François Legault.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer