«Il risque d'y avoir un conflit»

Les principaux chefs syndicaux ont livré un avertissement... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Les principaux chefs syndicaux ont livré un avertissement au premier ministre Philippe Couillard vendredi, au cours de leur traditionnel entretien de la Fête des travailleurs, le 1er mai.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le gouvernement Couillard se prépare un «méchant cocktail Molotov» s'il cède à la «fabulation» des maires et leur octroi le pouvoir de décréter les conditions de travail des employés municipaux.

La possibilité que les maires puissent imposer des conventions collectives a toutes les chances d'envenimer les relations de travail, ont prévenu vendredi quatre chefs syndicaux. Ils ont discuté avec le premier ministre Philippe Couillard dans le cadre de la traditionnelle rencontre pour souligner la Journée des travailleurs, le 1er mai.

«Si le gouvernement va tripoter le Code du travail, effectivement, il risque d'y avoir un conflit, a déclaré Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Mettez les cols bleus, les cols blancs, les pompiers et les policiers ensemble, ça peut faire un méchant cocktail Molotov.»

Lors des négociations sur le pacte fiscal, l'automne dernier, le gouvernement a évalué la possibilité que les élus municipaux décrètent des conditions «raisonnables» à leurs employés à la suite de négociation de «bonne foi». Les chefs syndicaux martèlent que les droits d'association, de négociation et de grève sont reconnus par les tribunaux. Sans compter, disent-ils, que les négociations portent leurs fruits dans les municipalités.

«C'est le propre de la fabulation que les maires se plaignent de ne pas avoir de rapport de force, a affirmé François Vaudreuil, de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD). À force de répéter un truc qui n'est pas vrai, on finit par le croire. C'est ça de la fabulation.» Les maires sont des administrateurs, pas des législateurs, ajoute-t-il.

Labeaume: «il ne faut pas les écouter»

En marge d'une allocution du ministre fédéral des Finances, le maire Régis Labeaume a incité Québec à maintenir le cap. «Je voudrais dire au gouvernement : ne vous en faites pas, ne cédez pas aux menaces, tous les maires du Québec sont derrière vous, la population est derrière vous», a déclaré le maire de Québec. «À un moment donné, à trop crier au loup, ça n'a plus de portée, a-t-il ajouté. Les menaces de cocktail Molotov, j'ai l'impression qu'on est dans les années 60. Il ne faut pas les écouter.»

D'autre part, la rencontre a permis d'apprendre que le premier ministre conviera les acteurs socio-économiques du Québec à un forum sur l'emploi. Un exercice qui doit déboucher sur des mesures concrètes, dit-on au bureau de M. Couillard, sans préciser d'échéance.

Une ouverture

Cette invitation a été bien reçue par les syndicats. Ils y voient une reconnaissance de la nécessité de «donner un coup de barre» plutôt que de laisser l'économie «s'autoréguler». Au cours des deux dernières années, Québec a refusé toute discussion du genre en raison du contexte de négociation, a noté Louise Chabot, présente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). «Il faut reconnaître cette ouverture, a déclaré Mme Chabot. Avant, les grand-messes ne faisaient pas partie du décor. Maintenant, on nous dit qu'il y aura des forums avec des discussions honnêtes. Je pense qu'il faut s'en réjouir.»

Les points de discordes entre Québec et le milieu syndical demeurent nombreux. Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, note que les dossiers des Centres de la petite enfance et de la réforme du système de santé posent de «gros problèmes». Il dénonce la «préférence» de Québec pour le développement des garderies privées et «l'hypercentralisation des pouvoirs» entre les mains du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. «On a rappelé au premier ministre qu'on est en train de s'en aller dans le mur, a soutenu M. Létourneau. On l'a mis en garde là-dessus.»

Aussi présente à la rencontre, la ministre du Travail, Dominique Vien, s'est limitée à dire que la rencontre a été «très importante et très intéressante». «Nous considérons les centrales syndicales comme des partenaires très importants dans le développement du Québec», a-t-elle affirmé.

Différentes manifestations auront lieu dimanche pour souligner la Journée des travailleurs. La FTQ entend plaider en faveur d'une hausse du salaire minimum à 15 $. Il doit passer à 10,75 $ de l'heure dès la semaine prochaine, une hausse de 0,20 $. Avec Annie Morin

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