OPNI: objet politique non identifié

Jamais personne au Parti québécois n'était allé aussi... (Infographie Le Soleil)

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Jamais personne au Parti québécois n'était allé aussi loin que Pierre Karl Péladeau. Il a déclaré mardi que la convergence est «essentielle» à la victoire aux élections générales d'octobre 2018.

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(Québec) DÉCODAGE / La «convergence» qu'appelle de tous ses voeux le chef du Parti québécois (PQ) est encore un objet politique non identifié. La chose ne prendra peut-être jamais son envol, tant Québec solidaire y est réfractaire et semble déjà prendre plaisir à faire monter les enchères.

Mais ne tentons pas de prévoir l'avenir. Le plus intéressant, à ce stade-ci, est de constater que le désir de Pierre Karl Péladeau procède d'un constat implacable. Il ne l'a pas lui-même explicité. Il s'est contenté de parler de la «reconfiguration» du paysage politique. Une façon de montrer du doigt le morcellement de l'électorat, sa parcellarisation.

Jamais personne au Parti québécois n'était allé aussi loin que lui. Il a déclaré mardi que la convergence est «essentielle» à la victoire aux élections générales d'octobre 2018.

Le chef péquiste donne très certainement des munitions aux libéraux et aux caquistes en s'avançant ainsi. Mais il fait preuve de lucidité. Ce sont bel et bien des tendances de fond qui sont à l'oeuvre.

Avec 25,38 % des voix, le Parti québécois a enregistré son pire résultat à vie lors des dernières élections générales, en avril 2014.

La dernière fois que la formation de René Lévesque a obtenu plus de 40 % des votes, c'était au scrutin général de 1998. Elle n'a jamais atteint ce seuil depuis.

Rappelons que depuis les élections générales de septembre 1994, le Parti québécois a perdu quelque 677 000 électeurs. Le vote du Parti libéral du Québec, lui, s'est maintenu. Le Parti québécois a perdu des électeurs sur son flanc droit et sur son flanc gauche.

Le constat de M. Péladeau est franc. Mais la proposition mise de l'avant est-elle la meilleure? La discussion a cours chez des péquistes.

Certains notent que c'est surtout au profit de la défunte Action démocratique du Québec et de la Coalition avenir Québec (CAQ) que le Parti québécois s'est fait tailler des croupières depuis une génération.

Ceux-là s'interrogent. Même si elle était en pointillé, une éventuelle alliance avec Québec solidaire ne ferait-elle pas perdre plus de points au Parti québécois qu'elle lui en ferait gagner? Des sympathisants péquistes moins motivés que d'autres par la perspective d'une consultation référendaire sur la souveraineté pourraient-ils alors préférer la CAQ?

Une convergence entre souverainistes irait droit dans le mur, croit le caquiste François Legault. Elle ne rassemblerait qu'un tiers des Québécois, selon lui.

Et si un jour c'était une alliance nationaliste PQ-CAQ qui naissait dans le but de faire battre les libéraux? Peu sérieuse, cette possibilité est néanmoins évoquée çà et là.

Obstacle de taille : il faudrait que le Parti québécois mette de côté tout projet de tenir un référendum dans un prochain mandat. Pour cela, il faudrait que les militants réunis au prochain grand congrès du parti au printemps 2017 l'acceptent, ce qui paraît improbable.

La marge de manoeuvre de M. Péladeau n'est pas très grande. Mais il cherche à ouvrir une porte. C'est ce qu'il faut retenir du retour de cette question de convergence. Et se souvenir que cet OPNI est dans l'air depuis déjà au moins cinq ans; et qu'il ne vole toujours pas.

Rendre fiers...

L'annonce par la Caisse de dépôt et placement du Québec de la construction du Réseau électrique métropolitain à Montréal et la vente d'appareils de la CSeries à Delta ont fait réaliser avec plus d'acuité l'importance que peuvent revêtir des projets perçus comme «concrets», voire susceptibles de faire rêver de nombreux citoyens.

Des projets comme ceux-là peuvent rendre fiers beaucoup de Québécois. On s'en est aperçu instantanément tout en haut de la pyramide gouvernementale.

Certains au gouvernement voudraient déjà que le prochain exercice budgétaire, celui de 2017-2018, ouvre la porte à d'autres projets évocateurs.

Rien de mieux que la fierté pour chasser la morosité de l'austère rigueur budgétaire...

Échecs

Les caquistes ont essuyé deux échecs en deux jours sur le front de l'éducation. Mercredi, libéraux, péquistes et solidaires ont conspué leur proposition de rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans et d'interdire aux décrocheurs de travailler pendant les heures régulières de classe avant qu'ils atteignent leur majorité. Jeudi, les mêmes se sont ligués contre la suggestion de la Coalition avenir Québec de développer d'ici cinq ans un système universel (mais non obligatoire) de prématernelle pour tous les enfants de quatre ans - lequel vivrait aux côtés du réseau des services de garde.

Mais les caquistes se disent néanmoins satisfaits. Ils disent avoir imposé des thèmes concrets dans l'actualité politique.

«On travaille à léguer une alternative au Parti libéral», a confié un caquiste.

Une façon d'évoquer la déclaration de Pierre Karl Péladeau sur la nécessité de la convergence, qui est interprétée chez les caquistes et chez les libéraux comme un aveu d'échec. C'est ce qu'ils claironneront haut et fort.

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