Québec solidaire prêt pour l'après David-Khadir

La députée de Gouin, Françoise David, et le co-porte-parole... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La députée de Gouin, Françoise David, et le co-porte-parole de Québec Solidaire, Andrés Fontecilla.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Bien ancré dans le paysage politique, Québec solidaire survivra aux départs éventuels de ses figures de proue Françoise David et Amir Khadir, estime le co-porte-parole du parti, Andrés Fontecilla.

En entrevue éditoriale avec Le Soleil à l'occasion des 10 ans du parti, la députée de Gouin, Françoise David, qui a vu naître la formation, s'est dite «encore en réflexion» quant à sa candidature pour 2018.

Dans la balance, d'un côté, le «bonheur» que lui procure encore son travail. De l'autre, «certaines contraintes dues à l'âge, tout simplement». «J'ai 68 ans», assume Mme David.

Avant les dernières élections, son collègue de Mercier, Amir Khadir, tout premier député solidaire, a dû faire taire des bruits au sujet d'un retour à la médecine à temps plein.

Tout peut changer d'ici deux ans, mais jusqu'à preuve du contraire, M. Khadir se représentera, a dit M. Fontecilla. «C'est sûr que ce ne serait pas facile d'éventuellement ne plus compter sur eux, a-t-il noté. [...] Pour nous, c'est certain que ça va être une perte importante. Ça va être un défi.»

Mais le parti est parvenu selon lui à définir une option et des aspirations politiques auxquelles tiennent les Québécois. «Nous croyons être en mesure avec nos ressources en termes de relève de faire face à ce défi et à faire des avancées électorales, au-delà des figures de Françoise ou Amir», affirme M. Fontecilla.

Pas question de se saborder

L'enjeu de la convergence des forces souverainistes revient immanquablement sur le tapis. Mais les porte-parole du parti réitèrent qu'il n'est absolument pas question de se saborder pour joindre «l'union sacrée de tout ce qui n'est pas Philippe Couillard». Des discussions - «pas des négociations» - se déroulent avec le Parti québécois et Option nationale à travers les organisations unies pour l'indépendance (OUI-Québec). Mais il y a loin de la coupe aux lèvres avant qu'il soit question d'une alliance. Pour plusieurs raisons.

D'abord, le chef du Parti québécois lui-même n'enchante pas Mme David. Elle parle de ses «pratiques antisyndicales notables», elle a de la «difficulté à croire» qu'il ignorait que certaines entreprises achetées par Québecor avaient des filiales dans des paradis fiscaux. Sans compter qu'on «ne peut pas être premier ministre et être actionnaire principal de la plus grande entreprise de presse au Québec», soutient Mme David.

Une coalition de partis souverainistes devrait aussi être au diapason sur les grandes lignes d'un certain nombre de sujets. Pas les plus simples. Mme David évoque l'importance d'une communauté d'esprit sur le processus d'accession à la souveraineté, les politiques fiscales, le développement économique, le mode de scrutin, l'identité...

«Tout le monde sait qu'une fois qu'on aura jasé, cette question [du pacte électoral] va se poser, a affirmé Mme David. Lors de congrès passés, nos membres nous ont dit non. On va leur reposer la question. On est très loin d'en être là.»

Fonder un parti, une «tâche titanesque»

Mais une chose est certaine, Québec solidaire croit en sa raison d'être et en son avenir. «Nous ne sommes pas prêts à disparaître en tant qu'option politique pour favoriser celle de battre Philippe Couillard, a déclaré M. Fontecilla. Ce n'est pas un projet de société, ça.»

Trop de chemin a été parcouru depuis la fusion entre l'Union des forces progressistes (UFP) et le groupe Option citoyenne, en 2006, pour céder le passage. La route n'a pas été de tout repos. «On s'est rendu compte qu'on a sous-estimé les difficultés à fonder un parti au Québec, a noté M. Fontecilla. C'est une tâche titanesque.»

Les premiers solidaires s'imaginaient que les choses iraient «un peu plus vite». Maintenant, le défi est de changer les habitudes de vote des Québécois, estime Mme David. Faire en sorte que Québec solidaire transforme en votes la sympathie qui lui est portée. Même si certains souhaitent d'abord et avant tout «sortir» le gouvernement en place.

«Nous devons dire à ces personnes : "Vous n'arrêtez pas de nous dire que c'est important qu'on soit à l'Assemblée nationale, mais comprenez-vous qu'on aimerait ça être 15, 20 et un jour prendre le pouvoir?", a lancé Françoise David. Ce n'est pas parce qu'on est petit qu'on est condamné à être petit. Il n'en dépend que de vous.»

Un «bris de contrat»

L'actuel gouvernement a brisé au nom du retour à l'équilibre budgétaire un «contrat tacite» qu'il tenait au Québec depuis la Révolution tranquille, estime Françoise David. Il a toujours été question de développer une économie capitaliste, mais avec une touche sociale-démocrate, dit-elle. Il y avait un souci de réduire les iniquités et de donner des services à la population. «Les gens paient autant d'impôts, de taxes et même plus de tarifs, et ils ont moins de services», se désole la députée de Gouin. «La classe moyenne est fâchée, et je la comprends. Il faut refaire le contrat social. On va payer des impôts et des taxes, mais on veut en avoir pour notre argent.»

Difficile de retrouver les documents

Québec solidaire (QS) se réjouit que le Directeur général des élections mette son nez dans le financement des partis politiques des 20 dernières années. Mais la formation reconnaît elle-même qu'elle ne sera pas en mesure de fournir de ses propres documents au-delà des cinq ans obligatoires. «On s'entend que la question principale dans tout ce débat est de savoir combien d'élections ont été gagnées par le PLQ avec de l'argent sale, affirme Mme David. [...] Il y a beaucoup d'argent qui a été amassé dans les années 90 de façon assez spectaculaire. Si ça peut faire en sorte que quelques millions de dollars soient remboursés...»

Des offres «sexistes»

Françoise David n'adhère pas à la thèse qui veut que la députée péquiste Carole Poirier a forcé la note cette semaine sur la «violence» faite aux femmes par le gouvernement parce qu'elle craint son adversaire solidaire dans Hochelaga-Maisonneuve. «On est juste des êtres humains, dit Mme David. Je pense que Mme Poirier avait juste envie de dire - elle l'a fait avec maladresse - que les mesures mises en place par le gouvernement Couillard sont parfaitement sexistes. [...] L'austérité fait très mal aux femmes.»

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