Legault, le résilient

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(Québec) DÉCODAGE / Sortie musclée et inattendue du chef caquiste, François Legault, jeudi. Il a accusé les représentants des chambres de commerce en général et les conseils du patronat de ce monde d'être complaisants à l'endroit du gouvernement de Philippe Couillard.

Il les a accusés de dire publiquement l'inverse des confidences qu'ils lui feraient privément; de cacher qu'ils sont souvent insatisfaits des gestes posés par Québec sur le plan économique. En d'autres mots, il les a accusés de tenir un double discours.

Le mauvais résultat obtenu par la Coalition avenir Québec, lundi, dans la circonscription de Chicoutimi, a-t-il convaincu M. Legault de ne plus rien ménager? L'incite-t-il à dire tout haut ce qu'il pense réellement, quitte à en rajouter un peu? Il n'a sans doute rien à perdre à essayer.

Dans Chicoutimi, sa candidate, Hélène Girard, n'a pu faire mieux que 11,7 % des voix. C'est près de six points de pourcentage de moins que le score décroché par la CAQ lors des élections générales de 2014. Une amère déception pour les caquistes.

Il faut mieux faire connaître le programme de la Coalition avenir Québec, dit M. Legault. Surtout ses «positions nationalistes».

Il pense qu'«il faut mieux expliquer ce que veut dire défendre notre langue et notre identité»; mieux expliquer ce que signifie, par exemple, «avoir plus de pouvoirs en matière d'immigration, le tout à l'intérieur du Canada».

François Legault-le-résilient? La réponse est assurément oui. Mais ses adversaires résistent aussi aux chocs. Tous les chefs de parti doivent être résilients pour demeurer en poste.

C'est une condition sine qua non de leurs fonctions.

Grand angle sur l'immigration

Le Québec s'en tiendra jusqu'à nouvel ordre à l'accueil de quelque 50 000 nouveaux immigrants par année plutôt que 60 000, a-t-on appris cette semaine. Mais à quoi ressemble l'évolution de l'immigration depuis une génération?

En 2016, le Québec devrait accueillir entre 48 500 et 51 500 personnes immigrantes, un peu plus qu'en 2015. Les données de l'année dernière ne sont pas encore disponibles, mais c'est ce que l'on estime au ministère de l'Immigration.

Le nombre d'immigrants admis au Québec en 2010 avait été plus élevé. Près de 54 000 étaient venus s'établir au Québec. En 2012, ils avaient été plus de 55 000 à le faire. Leur nombre a baissé depuis.

Sur une plus longue période de temps, cependant, il a crû. Les données concernant le nombre d'immigrants reçus par période de cinq ans depuis 20 ans l'indiquent clairement :

De 1995 à 1999, 140 400 immigrants sont arrivés au Québec.

De 2000 à 2004 : 191 497.

De 2005 à 2009 : 227 880.

De 2010 à 2014 : 263 015.

Le Québec est passé d'une moyenne de 28 000 immigrants par année à 52 600.

La part québécoise en matière d'immigration dans l'ensemble canadien est passée de 13,8 % à 20 %. Elle est toujours demeurée en deçà du poids du Québec au Canada.

La part des personnes immigrantes admises découlant de la «sélection québécoise devrait être de l'ordre de 75 % du total des admissions» en 2016, indiquent aussi les documents du ministère de l'Immigration du Québec.

L'accueil des réfugiés et la réunification familiale sont sous la responsabilité du gouvernement canadien. L'accueil des réfugiés répond entièrement à des obligations internationales.

En 2016, l'immigration dite «économique» devrait représenter 65 % de l'ensemble de l'immigration au Québec. La proportion de personnes immigrantes connaissant le français au moment de leur arrivée devrait s'établir à 57 % du «volume global».

Les partis d'opposition se réjouissent du «recul» effectué par le gouvernement quant aux prochaines cibles d'immigration. Début mars, Philippe Couillard avait déclaré qu'accueillir 60 000 immigrants par année était la «proposition» de son gouvernement.

Mais cette cible n'a jamais fait partie des scénarios envisagés par le ministère de l'Immigration pour les années 2017 ou 2018 - et peut-être même pas pour celles où il est possible de projeter son regard avec un peu d'assurance.

Le mystère dans cette affaire est que le premier ministre avait déclaré qu'il s'agissait de la proposition gouvernementale.

Maintenir le niveau à quelque 50 000 personnes par année constitue bel et bien un recul, mais seulement par rapport à ce qu'avait dit M. Couillard. Pas par rapport aux scénarios sur lesquels travaillait le ministère de l'Immigration, selon différents recoupements d'information.

Virage annoncé

Au sujet des élections scolaires, les partis d'opposition parlent carrément de «virage».

Alors que le projet de loi 86 les abolit dans leur forme actuelle, le premier ministre et son ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, cherchent maintenant une façon de les maintenir. Il n'est pas certain qu'ils y parviennent, cela dit.

Leader parlementaire de l'Action démocratique du Québec en 2007 et en 2008, l'actuel ministre libéral prônait l'abolition des commissions scolaires.

Les mots «recul» et «virage» font partie de ceux que les gouvernements détestent le plus.

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