Simple député, Sam Hamad va défendre son «honneur»

Rentré de Floride mercredi soir, Sam Hamad était... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Rentré de Floride mercredi soir, Sam Hamad était attendu de pied ferme à l'Assemblée nationale.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Sam Hamad perd tous ses avantages ministériels et redevient simple député, mais promet de se battre pour défendre son «intégrité» et son «honneur».

Rentré de Floride mercredi soir, le député de Louis-Hébert a fait une déclaration aux médias sans toutefois répondre aux questions des journalistes, jeudi. Il a également assisté à la période de questions où il a à nouveau été le principal sujet d'intérêt. 

«Je souhaitais que la situation ne devienne pas une distraction pour l'action gouvernementale et le premier ministre, a déclaré M. Hamad. Force est d'admettre que j'en suis devenu une.»

Malgré son exclusion du Conseil des ministres, M. Hamad conservait jusqu'ici son salaire et sa limousine ministérielle. Ce n'est plus le cas. Les ministres touchent une indemnité additionnelle de 68 000 $ par année. 

Un reportage d'Enquête a révélé des courriels de Marc-Yvan Côté qui évoquent l'aide de «son ami Sam» au financement de l'entreprise Premier Tech. Arrêté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), il y a trois semaines, M. Côté, un ex-ministre et organisateur libéral, a été banni à vie du Parti libéral du Canada dans la foulée du scandale des commandites. 

M. Hamad reconnaît qu'il aurait dû s'assurer que M. Côté, qui oeuvrait pour Premier Tech, était inscrit au Registre des lobbyistes lors de ses représentations. Mais il s'agit là de sa seule concession que fait M. Hamad au reportage qui «met en scène des amalgames et des raccourcis». 

«J'estime n'avoir rien à me reprocher, a affirmé M. Hamad. Je n'ai pas à prendre la responsabilité pour des courriels dont je ne suis pas l'auteur.»

L'entreprise Premier Tech, de Rivière-du-Loup, qui a obtenu une aide financière totalisant 19 millions $, n'a reçu aucun traitement de faveur ou de renseignements privilégiés, a-t-il martelé M. Hamad. Il assure ne pas avoir transmis d'information confidentielle à Marc-Yvan Côté.

«Le projet a été analysé sur son mérite, point à la ligne, le reste devient des allégations», s'est défendu M. Hamad. «Tous les citoyens ont droit à la présomption d'innocence, a-t-il poursuivi. Pourquoi pas moi?»

Le député de Louis-Hébert convient que son envolée vers la Floride n'était pas la meilleure idée dans les circonstances. «J'étais en colère, et la colère est une mauvaise conseillère», a-t-il lancé. 

Ce coup de sang lui a d'ailleurs coûté ses avantages ministériels. Le premier ministre Philippe Couillard jugeait jusque-là qu'il y avait un «espace» pour lui permettre de conserver son statut en attendant le rapport du Commissaire à l'éthique. «Cet espace a été perdu notamment lors du déplacement en Floride», a affirmé M. Couillard, jeudi. 

Le premier ministre juge «courageux» le retrait de M. Hamad, qui a pris «la bonne décision». Il assermentera sous peu les ministres Carlos Leitão et François Blais pour leur octroyer de façon permanente les responsabilités du Trésor et de la Capitale-Nationale qui appartenaient à M. Hamad. 

Le Vérificateur général, le Directeur général des élections et possiblement le Commissaire au lobbyisme ont un oeil sur les «liaisons dangereuses» de M. Hamad, selon les mots de l'opposition.

M. Couillard assure avoir saisi rapidement la gravité du dossier. Il a voulu offrir à son ministre la possibilité de s'expliquer. «Je ne veux pas me déshumaniser dans le travail que je fais, a affirmé M. Couillard. Les gens qui travaillent avec moi ne sont pas des meubles ou des objets.»

L'opposition de glace

Les partis d'opposition n'ont pas été émus par le récit de M. Hamad qui a «traversé l'océan avec deux petites valises» avant de faire son chemin jusqu'au gouvernement.

Le Parti québécois demande que M. Hamad soit exclu du caucus libéral parce qu'il a «menti» sur l'atteinte de son objectif de financement de 100 000 $. Radio-­Canada a diffusé mercredi un document du Parti libéral du Québec qui montre que M. Hamad a déjà récolté plus de 170 000 $. Au cabinet du premier ministre, on assure que cette somme comprend des montants collectés lors d'événements nationaux et répartis entre des députés, et non seulement la récolte de M. Hamad. 

«Je trouve ça incroyable», a commenté le leader parlementaire, Bernard Drainville. «Le gars a menti, tout le monde le sait, le premier ministre aussi, et au lieu de le mettre à la porte du caucus, il lui réitère sa confiance. C'est un manque de leadership pathétique.»

Le député caquiste Éric Caire n'a pas été attendri par la sortie «petite larme à l'oeil» de M. Hamad. «Il a dit qu'il a traversé l'océan avec deux valises, a noté M. Caire. Fort bien. Mais ce qui nous intéresse, c'est en 2009, qu'est-ce qu'il transportait dans ses valises.» 

Chez Québec solidaire, le député Amir Khadir réclame la démission pure et simple du député de Louis-Hébert. Les révélations «démontrent clairement» que M. Hamad et son cabinet se sont livrés à «du trafic d'influence, Je n'accepte aucune de ses justifications», a-t-il tranché.

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