Couillard refuse d'être blâmé pour l'ère Charest

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(Québec) Le gouvernement libéral a été assiégé par les partis d'opposition sur l'affaire Hamad qui a monopolisé la période de questions et forcé le premier ministre à se distancier de l'ère de Jean Charest.

L'annonce faite du retour dès jeudi du ministre-député de Louis-Hébert, qui s'est accordé quelques jours de repos en Floride, n'a pas assouvi la soif de réponses de l'opposition.

Le premier ministre Philippe Couillard assure qu'il n'a pas suggéré à M. Hamad de se rendre en Floride pour se refaire une santé.

«Ce n'est pas qu'on l'a laissé partir, a affirmé M. Couillard. Il nous a avisés qu'il partait, tout simplement. Mais il revient jeudi.» Était-ce une erreur de l'autoriser à partir? «Il revient jeudi», a répété le premier ministre chaque fois que la question lui a été posée. 

Le chef du gouvernement a aussi assuré qu'il ne «prend pas la situation à la légère». Son retour en politique a notamment été motivé par sa volonté de «moderniser» les façons de faire au PLQ, a-t-il soutenu.

«Moi, je prends la responsabilité du parti à partir de ma nomination en tant que chef, en mars 2013, a déclaré M. Couillard. J'assume bien sûr le passé de l'institution et tout ce qui va avec, mais ma responsabilité personnelle a commencé au moment où j'ai décidé de me lancer en politique à nouveau.»

Sous le feu nourri des questions en Chambre, M. Couillard a appelé au respect de la présomption d'innocence. Le Commissaire à l'éthique a enclenché une enquête sur les agissements de M. Hamad dans le dossier Premier Tech. Des courriels révélés par Radio-Canada donnent à penser qu'il aurait partagé de l'information confidentielle et serait intervenu en faveur de l'entreprise dans laquelle Marc-Yvan Côté avait des intérêts.

M. Hamad «a été dans notre équipe de gouvernement depuis les premiers jours et je n'ai rien vu d'autre qu'un dévouement exemplaire à sa tâche, a lancé M. Couillard. [...] Donnons à cette enquête et à cette institution le temps de faire son travail.» Le Directeur général des élections (DGE) a aussi indiqué qu'il s'intéressait aux contributions versées par des dirigeants de l'entreprise au PLQ. 

Le plan «humain»

Le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier s'est attardé sur la difficulté sur le plan «humain» pour M. Hamad. Ce dernier a l'impression d'être accusé injustement, a-t-il dit. M. Fournier note aussi qu'Investissement Québec (IQ) a assuré qu'aucune intervention politique n'avait influencé l'aide de 19 millions obtenue par Premier Tech. À l'époque président de IQ, l'actuel ministre des Transports, Jacques Daoust, assure n'avoir eu aucun contact en 2010 avec M. Hamad à ce sujet, contrairement à ce que laissent croire les courriels obtenus de Radio-Canada. 

Même s'il a été banni à vie du Parti libéral du Canada, Marc-Yvan Côté, ex-ministre et organisateur arrêté par l'UPAC il y a trois semaines, ne semble jamais avoir été persona non grata au PLQ. Le député libéral Gerry Sklavounos se souvient l'avoir vu dans divers événements. 

«À Québec, Marc-Yvan Côté était bien connu, était présent également, a dit le premier ministre. Ça n'a pas changé.»

Les explications fournies n'ont pas freiné les ardeurs du chef de l'opposition, Pierre Karl Péladeau, qui s'insurge que M. Hamad se soit «poussé en Floride pour fuir la tempête». «Est-il utile de rappeler que le nouveau ministre responsable de rien a longtemps fréquenté Marc-Yvan Côté aujourd'hui accusé de complot, de fraude, d'abus de confiance et de corruption?» a-t-il lancé en Chambre. 

Les péquistes ont demandé à ce que soit rendus publics les documents d'analyse du dossier Premier Tech par le ministère du Développement économique.

Le député caquiste Éric Caire a dénoncé que M. Hamad, malgré son exclusion du Conseil des ministres, «continue à bénéficier de ses avantages de ministre ainsi que le salaire, en ayant pour seule responsabilité la gestion de ses parties de golf en Floride».

Chez Québec solidaire, Amir Kadhir avait déjà prédit une «dure journée» pour les libéraux en avant-midi. Pour lui, la situation décrite dans les courriels a des allures de trafic d'influence. Sa collègue Manon Massé estime que M. Hamad aurait dû démissionner. «Est-ce que le premier ministre attend que l'UPAC débarque au grand complet au Conseil des ministres pour faire le ménage?» a-t-elle demandé.

Les partis d'opposition se sont concertés afin de concentrer leurs questions sur le seul sujet de M. Hamad. Une pratique rarissime. Il n'est pas impossible que cela se reproduise, nous dit-on. 

Le premier ministre Couillard a d'autre part indiqué avoir fait tout ce qu'il a pu dans les circonstances, samedi, pour éviter que sa mêlée de presse éclipse les funérailles nationales de Claire Kirkland-Casgrain.

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