«Je ne me sauve pas», dit Hamad

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Sam Hamad

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(Québec) En pleine tourmente médiatique, le ministre Sam Hamad a senti le besoin de s'évader en Floride pour se refaire une santé. Un choix dénoncé par les partis d'opposition.

«Je ne me sauve pas», a assuré M. Hamad à Radio-Canada, lundi. Je suis parti pour refaire le plein d'énergie. Je suis brûlé. Ce n'est pas évident ce que je vis.»

En avant-midi, son cabinet refusait toujours de confirmer sa retraite floridienne et son absence de l'Assemblée nationale cette semaine. 

Le commissaire à l'éthique et à la déontologie, Me Jacques Saint-Laurent, qui enquête «à huis clos», n'a pas voulu dire si l'éloignement du ministre Hamad pouvait nuire à son investigation. 

Un reportage d'Enquête a soulevé des questions sur les agissements de M. Hamad dans le dossier de l'entreprise Premier Tech. Marc-Yvan Côté assumait la vice-présidence du conseil d'administration de l'entreprise. Des courriels de M. Côté donnent à penser que M. Hamad a pu partager avec lui des informations confidentielles et intercéder en sa faveur dans l'octroi d'un prêt et d'une subvention. 

En raison de l'enquête, M. Hamad s'est retiré du Conseil des ministres, mais conserve son statut ainsi que les avantages liés à la fonction. Samedi, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré sa confiance dans le sens éthique de son ministre. Il s'est dit convaincu que l'enquête du commissaire le blanchira.

Le leader de l'opposition officielle, Bernard Drainville, juge que M. Hamad fait preuve d'un «manque de respect» au commissaire à l'éthique et à son enquête en s'éloignant de la sorte. «On a l'impression que pour les libéraux, tout est permis, a affirmé M. Drainville. Qu'ils sont au-dessus de tout. Le commun des mortels qui est sous enquête, il ne sacre pas son camp dans le sud quelques heures après le déclenchement d'une enquête.»

Il ne comprend pas la décision de maintenir les avantages ministériels de M. Hamad malgré son retrait. «Tu peux avoir la présomption d'innocence et conduire toi-même ta voiture, a-t-il dit. Tu n'es pas obligé d'être en limousine pour ça.»

À la Coalition avenir Québec, le député Éric Caire estime que le comportement de M. Hamad «continue de décevoir». Il est parti «bouder en Floride», selon lui. «Jeudi, il a commencé par nier ses responsabilités, et aujourd'hui, il les fuit, a déploré le député de La Peltrie. Ça nous en dit beaucoup sur l'ampleur du monsieur.»

«Sa carrière politique est terminée»

Chez Québec solidaire, le député Amir Khadir a dit comprendre le désir de M. Hamad de s'éloigner pour réfléchir à son avenir car «soyons honnête, sa carrière politique est terminée».

Sur les médias sociaux, une photo de M. Hamad endormi dans un avion que l'on présume être celui qui l'a amené en Floride s'est mise à circuler, lundi. Le PQ et la CAQ se sont amusés à diffuser des images de plage et des parodies du jeu «Où est Charlie?» mettant en vedette M. Hamad.

S'il s'est retiré du Conseil des ministres, M. Hamad continuera à avoir sa place autour de la table du caucus libéral régional, assure son président, Michel Matte, député de Portneuf. «Le caucus est pour les députés et, à ce que je sache, il est encore député», a dit M. Matte. Une réunion du caucus doit se tenir mardi matin. M. Matte a eu une discussion avec le ministre responsable de la Capitale nationale par intérim, François Blais. Il ne craint pas que certains dossiers soient paralysés par la situation.

«Bien triste tout ça», dit Labeaume

Le maire de Québec qui a souvent loué le travail de Sam Hamad trouve «bien triste» ce qui arrive au ministre libéral. Régis Labeaume refuse de commenter le fond des allégations et s'est contenté lundi de réitérer l'apport de M. Hamad pour la capitale.

«J'ai parlé à Sam en fin de semaine. Je ne veux pas me mêler du dossier», a dit le maire de Québec en point de presse lundi. Il a refusé de se prononcer à savoir si sa confiance envers M. Hamad était affectée.

«Je ne veux pas embarquer là-dedans. Sam, ça fait des années qu'on travaille ensemble et il a été formidable ministre responsable de la région de Québec. Il connaît ses dossiers sur le bout de ses doigts. Et il livrait pour Québec», a martelé M. Labeaume refusant de blâmer son allié. «Je lui souhaite la meilleure des chances», a poursuivi le maire de Québec. «C'est bien triste tout ça.»

M. Labeaume s'est aussi entretenu avec celui qui hérite des responsabilités de M. Hamad, François Blais. Les deux hommes ont toutefois eu un rapide contact pour l'instant sans aborder en détails les dossiers actuellement en cours.

Jean Charest à la défense de ses anciens ministres

L'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a... (La Presse, André Pichette) - image 6.0

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L'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a réitéré sa confiance envers ses anciens ministres en marge d'une allocution prononcée à l'Université McGill, lundi. 

La Presse, André Pichette

Jean Charest a défendu lundi deux de ses anciens ministres, Nathalie Normandeau et Sam Hamad qui, pour des raisons différentes, font l'objet de controverses ces temps-ci.

En marge d'une allocution à l'Université McGill, l'ex-premier ministre a estimé que M. Hamad avait «posé un bon geste» en décidant de faire appel au Commissaire à l'éthique.

D'après des courriels internes de l'entreprise Premier Tech dévoilés par Radio-Canada, M. Hamad, qui s'est retiré volontairement de ses fonctions de président du Conseil du trésor, aurait transmis des informations stratégiques à l'ex-ministre libéral et organisateur politique Marc-Yvan Côté, qui occupait le poste de vice-président du conseil d'administration de l'entreprise.

Quant à l'ancienne vice-première ministre Normandeau, visée par une kyrielle d'accusations - dont complot, corruption, fraude envers le gouvernement - après avoir été arrêtée par l'Unité permanente anticorruption (l'UPAC) le mois dernier, M. Charest a réitéré sa confiance à l'égard de cette dernière.

C'était la première fois que M. Charest commentait la rafle de l'UPAC, au cours de laquelle M. Côté a notamment été appréhendé.

Responsabilité

Même si les faits allégués se seraient déroulés alors que M. Charest était premier ministre, celui-ci n'a pas voulu dire si une part de responsabilité lui revenait.

Questionné par les journalistes, il s'est contenté de répondre que des «processus» étaient engagés et qu'il verrait les résultats.

L'allocution de l'ancien premier ministre a par ailleurs été perturbée par des manifestants qui l'ont invectivé en plus de brandir des affiches dénonçant le Plan Nord ainsi que les oléoducs.  Avec Valérie Gaudreau et La Presse Canadienne

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