Au revoir à la «première»

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Plusieurs dignitaires de la scène politique provinciale et fédérale étaient présents.

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Vicky Fragasso-Marquis, Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal

Claire Kirkland-Casgrain aura cumulé les «premières» au cours de sa vie et même après son décès, elle en aura réalisé une autre, celle d'être la première femme à recevoir des funérailles nationales, qui ont été célébrées samedi à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

Quelques centaines de personnes sont allées saluer celle qui a été une pionnière de la politique et de la société québécoise: non seulement elle fut la première femme élue à l'Assemblée nationale, mais aussi la première femme ministre et la première femme juge au Québec.

Plusieurs dignitaires de la scène politique provinciale et fédérale étaient présents. On a pu notamment voir les ex-premiers ministres du Québec Jean Charest et Pauline Marois, mais aussi des politiciens fédéraux comme le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair.

Le premier ministre actuel Philippe Couillard a été le premier à livrer un discours au tout début de la cérémonie.

Dans son allocution, M. Couillard est allé d'une anecdote toute personnelle, relatant une conversation qu'avaient eue ses parents sur le statut des femmes alors qu'il était enfant - ils discutaient en l'occurrence de la Loi sur la capacité des femmes mariées, qu'a fait adopter Claire Kirkland-Casgrain en 1964.

M. Couillard a conclu que Mme Kirkland-Casgrain était «l'un des plus beaux exemples» dont pouvaient s'inspirer les femmes.

«Nous sommes conscients du chemin parcouru et du chemin qu'il nous reste à faire. Et il en reste», a-t-il dit.

«Pionnière est le bon mot pour décrire l'apport inestimable de Claire Kirkland-Casgrain à l'avancement du Québec vers la modernité.»

M. Couillard a souligné qu'en 2012, le Québec a élu la première femme première ministre de son histoire, Pauline Marois, qui était présente dans la cathédrale. «Une avancée dont il faut souligner le lien avec celle dont la mémoire nous rassemble ici», a-t-il ajouté.

«Super femme»

Après le discours du premier ministre, la fille de la défunte, Line Casgrain, et son mari, l'avocat bien connu Julius Grey et l'ex-bâtonnière Julie Latour - sa belle-fille - ont pris la parole, dans la cathédrale baignée d'une lumière dorée.

Line Casgrain a parlé de sa mère, une «super femme», inépuisable, qui a été très présente pour ses enfants.

Elle a expliqué que ses deux parents partageaient les mêmes valeurs, et voyaient «un urgent besoin de brasser le Québec et de le moderniser».

«Je suis fière de dire que ma mère a fait la Révolution tranquille, qui a bénéficié à tous», a-t-elle déclaré.

Le chef du Parti Québécois, Pierre Karl Péladeau, celui de la Coalition avenir Québec, François Legault, ainsi que la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David étaient également présents à la cérémonie.

Le ministre Stéphane Dion, qui représentait pour sa part le gouvernement fédéral, a tenu à souligner qu'il n'était pas si loin le temps où les femmes vivaient sous l'autorité des hommes au Québec, et qu'il fallait travailler à parfaire l'équité entre les sexes ici et ailleurs.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a souligné pour sa part que Mme Kirkland-Casgrain avait terminé sa vie en «ouvrant encore une porte» puisqu'elle est la première femme à recevoir des funérailles nationales.

Claire Kirkland-Casgrain est décédée le 24 mars, à l'âge de 91 ans.

Elle avait été élue la première fois en 1961 sous la bannière libérale. Elle a servi dans les cabinets des premiers ministres Jean Lesage et Robert Bourassa. En 1973, elle avait quitté son siège de députée pour devenir juge de la Cour provinciale.

Ce qu'ils ont dit :

«Si on regarde le chemin important accompli par les femmes au Québec, elle occupe une grande partie de l'origine de ce chemin-là, mais il reste du chemin à faire (...) Ça semble incroyable aujourd'hui, en 2016, de penser qu'il a fallu légiférer pour reconnaître à la femme mariée son autonomie légale. Incroyable. Mais il fallait le faire, c'était en 1964, alors oui du chemin parcouru, comme le vote des femmes en 1940. Alors merci à Claire Kirkland-Casgrain.» - Philippe Couillard, premier ministre du Québec

«C'est une femme remarquable. Elle a vraiment brisé pour nous les femmes quelques plafonds de verre (...) C'était une femme très agréable, elle avait du caractère, ça s'entendait, ça se voyait, mais je crois que ça en prenait pas mal pour faire ce qu'elle a fait au moment où elle l'a fait.» - Pauline Marois, ex-première ministre du Québec

«(Elle a eu) le courage de se présenter. Être la première en soi, juste être la première, dans un environnement où il n'y a que des hommes (...) Dans mon enfance, mon adolescence, la place qu'avaient les femmes dans la société, c'est très différent de ce que nous avons aujourd'hui. Aujourd'hui on a raison de saluer sa vie et, avec un peu de chance, tourner le regard vers l'avenir et se dire qu'il y a encore plus à faire.» - Jean Charest, ex-premier ministre du Québec

«C'est une artisane véritable de la Révolution tranquille, mais comme ça arrive souvent aux femmes, elle est trop oubliée. On parle de Jean Lesage, de René Lévesque, de Paul Gérin-Lajoie, mais pourquoi on ne parle pas d'elle qui a donné aux femmes l'équivalent de la nationalisation d'Hydro-Québec?» - Françoise David, coporte-parole de Québec solidaire

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