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Sam Hamad

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(Québec) Sam Hamad se retire temporairement de ses fonctions ministérielles durant l'enquête du Commissaire à l'éthique et à la déontologie. Il conserve toutefois les avantages et les privilèges d'un ministre.

Le premier ministre Philippe Couillard en a fait l'annonce samedi à sa sortie des funérailles de Claire Kirkland-Casgrain, qui avaient lieu à Montréal. Il a réitéré sa confiance envers M. Hamad, qui «conserve son statut» au sein du caucus sans toutefois pouvoir siéger au Conseil des ministres.

M. Couillard a comparé cette situation à un ministre qui prend un congé de maladie «parce qu'il n'est pas coupable de quoi que ce soit».

Cette annonce survient quelques jours après qu'un reportage de l'émission Enquête de Radio-Canada a révélé plusieurs courriels qui exposent des liens de proximité entre Marc-Yvan Côté, ancien vice-président du conseil d'administration chez Premier Tech, et le ministre Hamad. Ce dernier aurait fourni des informations confidentielles à M. Côté, arrêté le 17 mars par l'Unité permanente anticorruption.

Le reportage laisse entendre que M. Hamad aurait oeuvré afin de convaincre le Trésor de verser une subvention à Premier Tech. En mai 2012, la compagnie de Rivière-du-Loup a obtenu du gouvernement de Jean Charest un prêt de 11 millions $ d'Investissement Québec et une subvention du ministère du Développement économique de 8 millions $. On dit aussi que des membres de la compagnie ont fait plusieurs dons au Parti libéral.

Depuis la diffusion du reportage, M. Hamad a réfuté à maintes reprises les révélations et a juré que le financement du parti s'était toujours fait de façon légale. C'est d'ailleurs lui qui a demandé au Commissaire à l'éthique de faire la lumière sur cette affaire, répondant aux demandes des autres partis. Le Parti québécois (PQ), Québec solidaire (QS) et la Coalition avenir Québec (CAQ) avaient également réclamé qu'il démissionne du Conseil des ministres.

Samedi, M. Hamad a continué de clamer son innocence. Il a toutefois choisi de se retirer temporairement de ses fonctions de président du Conseil du Trésor ainsi que de celles de ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

«On attaque injustement mon intégrité. Je répète que je n'ai rien à me reprocher et que je n'ai fait que mon travail de ministre en travaillant à soutenir une entreprise québécoise dans le but de créer des emplois et de contribuer au développement d'une région», a-t-il indiqué par voie de communiqué. «Aujourd'hui, par respect pour la charge publique que j'occupe, par respect pour nos institutions et afin d'éviter toute distraction à la poursuite du mandat gouvernemental, j'ai offert au premier ministre de ne plus assumer mes fonctions pendant la vérification du Commissaire», poursuit-il.

Le député de Louis-Hébert a ajouté qu'il ne pouvait accepter que ce genre de reportage, «fondé sur des amalgames non vérifiés», entache sa réputation et remette en question son honnêteté. Il assure son entière collaboration avec le Commissaire durant l'enquête.

48 longues heures

Pour le PQ, on estime que M. Hamad a pris la «seule et unique» décision qui pouvait être prise. «Ce qui est quand même surprenant, c'est que cela a pris 48 heures avant que cette décision soit prise», reproche le chef du parti, Pierre Karl Péladeau, qui demande également que Jacques Daoust, le ministre des Transports, s'explique. Ce dernier a occupé la chaise de président d'Investissement Québec de 2006 à 2013.

«Chaque fois que nous lui posons des questions, il n'est jamais au courant de rien. Alors que faisait-il comme président d'Investissement Québec?» demande le chef du PQ.

Du côté de la CAQ, le leader parlementaire, François Bonnardel affirme pour sa part que Philippe Couillard prend les Québécois pour des «idiots».

«Le premier ministre dit que c'est un geste noble et courageux [de Sam Hamad]. C'était le minimum qu'il devait faire», dit-il. «Le premier ministre vient de briser ce qui était fort probablement sa plus grande promesse électorale : la fin du temps des scandales liés au Parti libéral et des remises en question sur la place publique de l'intégrité des membres de son équipe.»

Le député de Granby demande que l'argent amassé par Marc-Yvan Côté soit mis en fiducie le temps de l'enquête. Le PQ, QS et la CAQ exigent également que M. Hamad se retire du caucus libéral.

Deux ministres en relève

Samedi en soirée, le bureau du premier ministre a fait savoir qu'en remplacement de M. Hamad, les ministres Carlos Leitão et François Blais assumeront temporairement ses responsabilités. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, devient responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et assumera la charge de président du Conseil du trésor.

Quant au ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, il sera responsable de la région de la Capitale-Nationale.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, n'a pas voulu commenter la situation.

Avec La Presse Canadienne

Déclaration officielle de Sam Hamad

«On attaque injustement mon intégrité. Je répète que je n'ai rien à me reprocher et que je n'ai fait que mon travail de ministre en travaillant à soutenir une entreprise québécoise dans le but de créer des emplois et de contribuer au développement d'une région. Pour démontrer toute ma bonne foi, j'ai d'abord émis le souhait que le Commissaire à l'éthique et à la déontologie procède à une vérification. Aujourd'hui, par respect pour la charge publique que j'occupe, par respect pour nos institutions et afin d'éviter toute distraction à la poursuite du mandat gouvernemental, j'ai offert au premier ministre de ne plus assumer mes fonctions pendant la vérification du Commissaire. Je ne peux accepter que ce genre de reportage, fondé sur des amalgames non vérifiés, entache ma réputation et remette en question l'honnêteté avec laquelle j'exerce mes fonctions depuis toujours. Je compte consacrer mes énergies à la collaboration que j'ai offerte au Commissaire afin que toute la lumière soit faite. Je suis persuadé qu'une fois cette vérification complétée, les conclusions me permettront de reprendre mes fonctions et de me remettre au travail pour le bien commun. Par ailleurs, ces événements m'amènent à me questionner sur la place de la présomption d'innocence dans l'espace public», a déclaré M. Hamad.

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