Commotion dans le monde politique

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Jean Lapierre (au centre), à la Chambre des communes en avril 2005

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(Québec) La mort du chroniqueur Jean Lapierre dans un écrasement d'avion a bouleversé l'univers politique, d'où les témoignages de tristesse, de respect et de sympathie ont afflué, mardi.

L'omniprésence du réputé chroniqueur et ex-politicien dans le quotidien des parlementaires à travers ses analyses à la télévision ou à la radio en ont fait un incontournable sur la colline. Un flot incessant de témoignages d'amitié et d'appréciation de politiciens actifs ou retraités a déferlé sur les réseaux sociaux.

Jean Lapierre en 1985, en compagnie de Jean... (Archives La Presse) - image 2.0

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Jean Lapierre en 1985, en compagnie de Jean Charest, alors député de Sherbrooke, et de Gabrielle Bertrand, députée de Brome-Missisquoi.  

Archives La Presse

Le premier ministre Philippe Couillard a transmis ses condoléances à la famille éprouvée. «Tu étais admiré, a-t-il écrit sur Twitter en s'adressant au disparu. Merci pour tout ce que tu nous as donné.» Il réagira officiellement avant le Conseil des ministres, mercredi.

Le chef de l'opposition, Pierre Karl Péladeau, confie qu'il s'assurait de n'avoir aucune activité à son horaire à 7h04, les matins de semaine, pour ne pas manquer «le topo» de M. Lapierre à l'émission de Paul Arcand.

«C'est une très triste nouvelle, a commenté M. Péladeau au Soleil. Pour tellement de monde. [...] C'est une illustration de la réussite dans l'effort. C'est un gars qui travaillait tout le temps. Il se tenait au courant de tout ce qui se passait. C'était le confident de beaucoup de monde.»

Lui-même un amoureux des Îles-de-la-Madeleine, le chef péquiste rappelle l'attachement du chroniqueur à son patelin et la fierté qu'il inspirait aux Madelinots.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a décrit M. Lapierre comme un «jouisseur de la vie», sur les ondes de LCN. «Il avait du plaisir dans la vie, il était passionné, a déclaré M. Legault. Il était fier, mais sans être prétentieux. Fier de ses enfants et de ses petits-enfants, aussi.»

L'ex-premier ministre Jean Charest en a parlé comme de celui qui «était le mieux informé de tous les analystes politiques au Québec».

Sur les médias sociaux, le mot-clic #salutsalut a rapidement été adopté, en référence à l'expression maintes fois utilisée en ondes par M. Lapierre.

Le premier ministre Justin Trudeau s'est dit «ébranlé» par la mort de Jean Lapierre, plaidant que cela représentait une «grande perte pour le monde politique».

«Je pense à plusieurs moments avec Jean - des discussions franches et des entrevues corsées. Tu resteras toujours dans ma mémoire», a-t-il écrit.

L'ancien premier ministre libéral Paul Martin, qui avait fait de Jean Lapierre son ministre des Transports, était visiblement bouleversé par le soudain décès de «son grand ami».

«Pour lui, ce n'était pas du travail, a-t-il offert. Il aimait vraiment les débats, les grands débats de l'heure, et il voulait participer à ces débats. Il participait comme ministre, il participait comme journaliste.»

«Et je pense que chacun de nous, on apprenait de lui. Et là, il est parti», a laissé tomber M. Martin, la voix brisée par l'émotion.

L'ancien chef bloquiste Gilles Duceppe, compagnon d'armes de M. Lapierre aux premières heures du Bloc québécois, a confié avoir parlé au disparu pas plus tard que lundi.

Il se souvient d'un politicien «combatif, passionné et généreux», avec qui il a adoré visiter les Îles-de-la-Madeleine en vacances, par le passé.

«Il avait certainement le meilleur réseau de contacts que l'on puisse imaginer, à travers le Québec, dans tous les secteurs, que ce soit du côté patronal ou syndical. Il connaissait tout le monde, Jean Lapierre», a-t-il dit.

Pour le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, le départ de Jean Lapierre laissera «un grand vide dans le quotidien des hommes et des femmes politiques, tous partis confondus», ainsi que pour le public.

«Nous nous ennuierons des chroniques hautes en couleur de ce communicateur né qui, plus souvent qu'autrement, réussissait à dicter l'enjeu politique du jour», a-t-il écrit dans un communiqué.

«La famille de Jean Lapierre est dans mes prières. Jean était un grand Québécois et un grand Canadien», a pour sa part écrit l'ancien premier ministre Stephen Harper.

Labeaume: «virée» aux Îles mémorable

Connaissant Jean Lapierre depuis une vingtaine d'années, le maire de Québec, Régis Labeaume, a réagi en vantant son flair politique. «Sauf le respect que je dois à tous les médias, il n'existe pas actuellement quelqu'un qui a un flair politique comme Jean Lapierre avait», a-t-il évoqué.

M. Labeaume se remémore le vocabulaire de l'homme «adoré de la population», son accent des Îles-de-la-Madeleine qu'il n'a jamais perdu et qui faisait «partie du personnage». Deux souvenirs lui sont revenus en mémoire en mêlée de presse. D'abord une confrontation qu'il a eue en 2009 au sujet de l'amphithéâtre avec l'analyste à l'émission Larocque Lapierre. «On s'était pognés de façon homérique [...] ça avait été extraordinaire, on en avait bien rigolé par après.» Et aussi ses vacances aux Îles il y a 20 ans, alors qu'il faisait connaissance avec M. Lapierre et son beau-frère, un représentant de bière. «On s'est ramassés sur une terrasse d'un bar à Cap-aux-Meules et le seul souvenir que j'ai, c'est vers 3-4 heures du matin, on revenait dans le noir sur un bateau», raconte M. Labeaume, soulignant que «ça avait été toute une virée avec Jean Lapierre».

Autres réactions

«C'était un gars gentil. Je me souviens pas d'avoir entendu des gens parler contre Jean Lapierre. Bon, des jaloux évidemment, et des gens qui étaient pas d'accord politiquement avec lui, mais humainement, ce gars-là avait d'immenses qualités.» - Régis Labeaume, maire de Québec

«Jamais eu autant le goût d'entendre le "Salut, salut!" de mon ami Jean Lapierre présentement. Complètement bouleversé par cette tragédie.» - Denis Coderre, maire de Montréal

«Jean, il allait des week-ends dans des congrès, il écoutait CPAC [la chaîne parlementaire] par un dimanche ensoleillé. J'en connais pas beaucoup qui font ça. C'est probablement le chroniqueur politique le plus influent au Québec.» - Paul Arcand, animateur au 98,5

«Même si on ne connaissait pas Jean, ce qu'on nous racontait aujourd'hui, l'histoire d'une famille de Madelinots qui allaient là pour les funérailles de leur père... Ce serait déjà une histoire en elle-même d'une infinie tristesse. Évidemment, quand on connaît personnellement Jean, on est doublement touché.» - Mario Dumont, animateur à TVA, ex-chef de l'ADQ

Avec La Presse Canadienne

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