Volte-face de Mulcair sur les déficits

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Des militants néo-démocrates ont reproché au parti et à son chef, Thomas Mulcair, d'avoir abandonné les valeurs progressistes du NPD en visant l'équilibre budgétaire à tout prix.

La Presse Canadienne, Adrian Wyld

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La Presse Canadienne
Ottawa

Après avoir fait campagne en promettant d'équilibrer coûte que coûte le budget fédéral, Thomas Mulcair a changé son fusil d'épaule.

À la veille du dépôt du premier budget libéral, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a soutenu qu'il avait constaté une dégradation du contexte économique à travers le pays.

«En voyageant aux quatre coins du pays, j'ai écouté les gens. Ils souffrent énormément, alors nous voulons qu'ils obtiennent de l'aide», a indiqué M. Mulcair en point de presse au parlement, lundi.

«C'est lié au fait que la situation a changé», a insisté Thomas Mulcair, qui promet d'avoir tout particulièrement à l'oeil les mesures d'assurance-emploi qui seront contenues dans le budget.

Des militants néo-démocrates ont reproché au parti et à son chef d'avoir abandonné les valeurs progressistes du NPD en visant l'équilibre budgétaire à tout prix.

Si la position du chef néo-démocrate a évolué sur la question du déficit, celle du leader adjoint intérimaire du Parti conservateur, Denis Lebel, ne semble pas avoir bougé.

«C'est clair que pour nous, dépenser de l'argent que nous n'avons pas, ce n'est pas dans notre façon de voir les choses», a illustré M. Lebel.

De son côté, le premier ministre Justin Trudeau a assuré que ce budget inaugural prouverait que son gouvernement a l'intention de livrer la marchandise.

«On va montrer à quel point on est en train de garder nos engagements qu'on a faits pendant la campagne électorale», a-t-il dit lors d'une brève mêlée de presse, lundi après-midi.

Livrer les éléments les plus importants de la plateforme libérale pourrait s'avérer une tâche plus ardue dans le contexte d'une économie ayant été malmenée par les chocs des prix du pétrole.

Ces promesses incluent des milliards de dollars en mesures de stimulation de l'économie, telles qu'un programme d'allocations familiales bonifié et des dépenses accrues dans les infrastructures.

Le gouvernement libéral a promis d'injecter 60 milliards $ dans les projets d'infrastructure au cours des 10 prochaines années, dont environ 5 milliards $ dès le présent exercice.

À l'instar des maires des grandes villes canadiennes, le Bloc québécois souhaite qu'Ottawa revoit la formule de financement, qui prévoit actuellement un partage égal des coûts des projets d'infrastructures entre le fédéral, les provinces et les municipalités.

«Il y a des nécessités importantes en matière d'investissement dans les infrastructures. Nous, ce qu'on propose, c'est la moitié par le fédéral, le tiers par les provinces et un sixième par les municipalités», a dit le chef bloquiste intérimaire, Rhéal Fortin.

Bombardier

À moins d'un revirement de situation majeur, on ne saura pas mardi ce que le fédéral a pris comme décision dans le dossier de Bombardier.

Car à quelques heures du dépôt de ce premier budget Morneau, «les discussions sont toujours en cours», a-t-on indiqué lundi au bureau du ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains.

Il y a environ deux semaines, le ministre a confirmé en Chambre que l'avionneur «a officiellement approché le gouvernement par écrit pour demander jusqu'à un milliard de dollars», une démarche qui remonte au 11 décembre dernier.

Il est par contre prévu que le gouvernement libéral concrétise une promesse faite par Justin Trudeau avant même le déclenchement de la campagne électorale, cet automne, soit celle de rétablir les crédits d'impôt pour fonds de travailleurs.

Le secrétaire parlementaire du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, l'avait confirmé le 14 janvier dernier à l'issue de consultations prébudgétaires.

Les conservateurs avaient annoncé en mars 2013 l'abolition progressive du crédit d'impôt fédéral de 15 % aux fonds de travailleurs comme le Fonds de solidarité FTQ et le Fondaction de la CSN d'ici 2017. 

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