Couillard peut dire merci à Drainville

DÉCODAGE / Au sein du caucus du Parti libéral du Québec, l'espoir d'arracher la... (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) DÉCODAGE / Au sein du caucus du Parti libéral du Québec, l'espoir d'arracher la circonscription de Chicoutimi des mains du Parti québécois s'est soudainement envolé.

Une semaine politique qui commence par les excuses du ministre Gaétan Barrette à la péquiste Diane Lamarre et qui se termine par l'arrestation de l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau peut difficilement ne pas avoir de répercussions.

Pour des libéraux, les 1600 voix de majorité obtenues par le péquiste Stéphane Bédard lors des élections générales d'avril 2014 ne paraissaient pas insurmontables il y a 10 jours - même si tout n'allait pas pour le mieux pour le gouvernement de Philippe Couillard. Ces 1600 voix leur semblent maintenant une montagne.

L'arrestation de Nathalie Normandeau a obligé Philippe Couillard à prendre ses distances du gouvernement de Jean Charest.

Il a noté que les faits ayant mené à l'interpellation de l'ex-numéro deux du gouvernement du Québec remontent à une autre époque; que les réformes apportées au financement des partis politiques ont changé la donne.

L'abaissement du seuil maximal de contribution à 100 $ a, de fait, réduit les risques de trafic d'influence.

Là-dessus, M. Couillard peut remercier le Parti québécois. Et Bernard Drainville d'abord et avant tout. C'est lui qui, en novembre 2012, alors que le gouvernement de Pauline Marois était au pouvoir, a proposé que les contributions des citoyens aux caisses des partis provinciaux soient abaissées de 1000 $ à 100 $ par année.

Baisser la barre à 100 $? Les libéraux y étaient d'abord réfractaires. Deux ans auparavant, poussé dans cette direction par l'opinion publique, le gouvernement Charest l'avait déjà amenée de 3000 $ à 1000 $. Les libéraux ont fini par faire contre mauvaise fortune bon coeur et voter en faveur du plafond à 100 $.

Cela sert M. Couillard aujourd'hui. Cela lui permet de rappeler qu'il y a un «avant» et un «après».

La crainte de certains dans son parti est que l'avant percute sévèrement l'après, ainsi que le présent.

Le Fonds ou des baisses d'impôt?

Le budget du ministre Carlos Leitão contient des mesures que des citoyens affectionneront comme le crédit d'impôt remboursable pour la «rénovation résidentielle verte». Les programmes de rénovation connaissent toujours beaucoup de succès.

Les familles concernées ne diront pas non à la diminution de moitié de la «contribution additionnelle» applicable au tarif de garde pour le deuxième enfant. Les PME apprécieront l'allègement de la taxe sur la masse salariale.

Mais ce budget sera assez vite oublié parce que, essentiellement, ce qu'il fait, c'est arrondir les angles de décisions prises depuis deux ans par le gouvernement Couillard.

Il relance toutefois une vraie question : faut-il verser autant d'argent au Fonds des générations? Ce dispositif a été créé il y a 10 ans. Il vise à réduire la dette du Québec.

Le gouvernement placera 2 milliards $ cette année dans ce fonds et 2,5 milliards $ l'année prochaine. C'est ce qu'il prévoit à l'heure actuelle.

«Le Fonds des générations est la mesure d'équité intergénérationnelle la plus puissante qu'un gouvernement n'ait jamais adoptée», justifie le ministre Leitão.

Il faut savoir que la loi ayant institué le Fonds des générations prévoit que la dette de l'État devra représenter 45 % du PIB du Québec en 2026. La «dette brute» s'élève à 207,8 milliards $. Elle représente actuellement 55 % du PIB.

La Coalition avenir Québec (CAQ) soutient que des baisses d'impôt permettraient de parvenir plus assurément à l'objectif recherché. Elle fait valoir que de telles baisses «permettraient de stimuler la consommation et, donc, de contribuer à la relance de l'économie».

Pour la CAQ, «c'est en augmentant la croissance économique qu'on réussira à atteindre le ratio dette-PIB fixé par la Loi sur le Fonds des générations».

Carlos Leitão a rejeté la proposition de réduire les versements au Fonds des générations pour les offrir en réduction d'impôt. Mais on a déjà vu les libéraux récupérer des idées de la CAQ. Il pourrait être tentant pour eux de s'emparer de celle-ci d'ici les prochaines élections générales.

Pendant que certains alimenteront le débat sur la place publique, d'autres, au gouvernement, pourraient s'interroger derrière des portes closes.

Mais il faut savoir que la loi instituant le Fonds des générations codifie de façon très précise les versements qui y sont effectués. Ils sont quasi mécaniques. Ils sont liés, pour ne donner qu'un seul et unique exemple, inévitablement technique, aux «sommes provenant de la location de forces hydrauliques en vertu de l'article 3 de la Loi sur le régime des eaux».

Si le gouvernement choisissait de consacrer une part le moindrement importante des versements du Fonds à une réduction de l'impôt sur le revenu, il devrait changer la loi, assure le ministère des Finances.

Si cette voie devait être empruntée, personne ne l'apprendrait donc par surprise un beau matin. Elle découlerait d'un processus législatif très public.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer