Chantal Petitclerc et André Pratte au Sénat

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Malgré sa nomination au Sénat, Chantal Petitclerc conservera son rôle de chef de mission pour la délégation canadienne aux Jeux paralympiques de Rio.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

L'athlète paralympique Chantal Petitclerc et le journaliste André Pratte figurent parmi les sept personnes sélectionnées par Justin Trudeau pour siéger au Sénat.

Il s'agit de la première cuvée de sénateurs indépendants que recommande le premier ministre du Canada, ce qui permettra de combler une partie des sièges laissés vacants par son prédécesseur.

Trois Ontariens - Peter Harder, Frances Lankin et Ratna Omidvar - et deux Manitobains - Murray Sinclair et Raymonde Gagné - complètent la liste de candidats dévoilée vendredi.

«Les nominations au Sénat que j'ai annoncées aujourd'hui aideront à atteindre l'objectif important de transformer le Sénat en une institution moins partisane et plus indépendante», a déclaré le premier ministre Trudeau par voie de communiqué.

Malgré sa nomination, Chantal Petitclerc conservera son rôle de chef de mission pour la délégation canadienne aux Jeux paralympiques de Rio, cet été, a-t-on confirmé vendredi au Comité paralympique canadien.

Au cours de sa carrière, l'athlète a participé à cinq Jeux paralympiques dans les courses en fauteuil roulant - Barcelone, Atlanta, Sydney, Athènes et Beijing -, gagnant 21 médailles, dont 14 d'or.

L'autre Québécois qui prendra le chemin d'Ottawa, André Pratte, a travaillé 37 ans comme journaliste, dont 14 comme éditorialiste en chef au quotidien La Presse. Il se réjouit d'arriver «dans une période de renouvellement» qui s'est amorcée avec les promesses libérales de réformer l'institution.

«Je pense que la présence d'un grand nombre de sénateurs indépendants va changer complètement la dynamique au sein du Sénat», a affirmé M. Pratte en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Je trouve que ça risque de donner une couleur complètement différente au processus législatif», a ajouté celui qui dit espérer «atteindre les standards» qu'il a lui-même imposés aux politiciens pendant sa carrière.

C'est M. Harder, un haut fonctionnaire de carrière, qui représentera le gouvernement au Sénat. Dans cette chambre haute que le gouvernement libéral espère non partisane, il aura le mandat de présenter les projets de loi. Il siégera également comme indépendant.

Les six autres sénateurs n'auront aucun lien officiel avec le gouvernement Trudeau, préservant ainsi leur indépendance.

Les sept candidats retenus par le premier ministre figuraient sur une liste de 25 personnes dressée par un Comité consultatif qui a été mis sur pied en décembre par les libéraux dans leur volonté de rendre le processus de nomination plus transparent.

Show de boucane

Pour le député conservateur Gérard Deltell, cette nouvelle façon de faire n'a rien de transparent, et elle demeure partisane.

«Ce n'était qu'un show de boucane pour finalement aboutir à la même situation, c'est-à-dire que le premier ministre nomme les gens qu'il veut bien nommer», a-t-il dénoncé en entrevue téléphonique.

S'il a assuré n'avoir «rien à dire contre [ces] gens», de «grands Canadiens», le député de Louis-Saint-Laurent a néanmoins reproché aux libéraux de «nommer des amis du parti dans des postes clés», faisant référence à la sélection de Peter Harder.

«Le représentant du gouvernement au Sénat, c'est celui qui a dirigé le comité de transition pour le gouvernement libéral, a-t-il souligné. Donc le grand principe de la neutralité, c'était rien du tout.»

À l'instar de son collègue conservateur, le député néo-démocrate Nathan Cullen considère que le processus «a eu lieu comme toujours dans le secret et sans reddition de comptes».

Et par ailleurs, «ces nouveaux sénateurs ne font pas du Sénat une institution plus démocratique ou légitime», a plaidé dans une déclaration écrite l'élu, dont le parti prône l'abolition de la chambre haute.

Un «fier défenseur des libéraux»

Le Bloc québécois s'est quant à lui vigoureusement et directement attaqué à la nomination du journaliste de La Presse, «fier défenseur des libéraux dont la réputation n'est plus à faire au Québec», a critiqué le chef intérimaire de la formation, Rhéal Fortin.

«M. Trudeau prend les Québécois pour des valises en qualifiant ce choix de non partisan», a-t-il reproché dans un communiqué.

Les personnes qui ont été retenues par Justin Trudeau se joindront à la chambre haute une fois que le gouverneur général David Johnston aura approuvé leur nomination.

Ces nominations font passer à 17 le nombre de sièges vacants au Sénat, sur un total de 105. Les sénateurs conservateurs y sont toujours majoritaires, avec 42 représentants.

Les sénateurs libéraux indépendants, qui avaient été expulsés du caucus libéral par M. Trudeau en 2014, occupent 26 banquettes. Les 13 autres sénateurs sont indépendants.

L'ancien premier ministre conservateur Stephen Harper avait cessé de nommer des sénateurs en 2013, après que la chambre haute eut été secouée par un scandale des dépenses - un scandale qui fait encore couler de l'encre et qui reviendra dans l'actualité pas plus tard que lundi.

L'ex-juge de la Cour suprême Ian Binnie doit présenter ce jour-là son rapport sur les 13 sénateurs qui avaient décidé de porter leur cause en arbitrage, mécanisme exceptionnel dont M. Binnie était en charge. Ceux qui y seront blâmés devront remettre les sommes dues.

André Pratte espère éviter le piège du «mensonge en politique»

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André Pratte

La Presse Canadienne, Ryan Remiorz

Le futur sénateur André Pratte reconnaît qu'il «a toujours dit que le mensonge faisait partie du système politique». Maintenant qu'il fait lui-même partie de ce monde, il espère que son statut de parlementaire indépendant lui permettra d'éviter ce piège.

«Je ne suis pas encore un politicien, parce que je n'ai pas été assermenté comme sénateur encore. C'est une façon habile de se sortir de ça? Non», tente en riant le journaliste, à qui l'on doit la phrase assassine «Un politicien qui n'est pas menteur, ça n'existe pas.»

Le thème du mensonge en politique a été décortiqué par M. Pratte dans un essai intitulé Le syndrome de Pinocchio - un ouvrage qui a fait beaucoup de vagues en 1997 et qui a valu à son auteur une motion de blâme à l'Assemblée nationale.

«J'ai toujours dit que le mensonge faisait partie du système politique... Je ne sais pas comment je vais m'en tirer avec celle-là. Honnêtement, je ne le sais pas», laisse tomber André Pratte en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Le statut de sénateur indépendant, j'espère, va nous permettre de dire la vérité tout le temps. J'espère. Honnêtement, j'espère. Mais je suis peut-être très naïf.

«Comme sénateur indépendant, en principe, on vote selon sa conscience tout le temps. Et c'est ce qui m'attire beaucoup. C'est ce qui m'attire beaucoup dans les changements que M. Trudeau a apportés: il n'y a pas de ligne de parti», a expliqué M. Pratte.

Le journaliste a décidé de faire le grand saut après que des amis lui eurent suggéré de poser sa candidature. Il n'y avait «pas pensé avant», mais s'est laissé convaincre, la réforme de la chambre haute initiée par les libéraux étant l'un des facteurs ayant «suscité [son] intérêt».  La Presse Canadienne

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