Marc-Yvan Côté, celui par qui tout passait

L'ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté avait comparu devant... (Archives La Presse)

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L'ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté avait comparu devant la commission Charbonneau en juin 2014. Côté est soupçonné d'être un acteur important du financement politique illégal pour le compte de Roche.

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(Québec) Marc-Yvan Côté est soupçonné d'avoir été au coeur du financement illégal des partis politiques pour le compte de la firme Roche entre 2005 et 2012, selon l'affidavit rédigé par un enquêteur de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en vue de l'obtention du mandat de perquisition exécuté au domicile de l'ancien ministre libéral en février 2014.

«Dans l'est du Québec, la firme Roche obtenait 50 % des contrats avec de l'influence politique, tandis que dans l'ouest, le pourcentage est de l'ordre de 80 à 90 %», pouvait-on lire dans cet affidavit obtenu par certains médias, dont Le Soleil, en avril 2014.

Ce financement des partis politiques aurait permis à Roche d'obtenir des contrats d'ingénierie auprès de municipalités, tout en incitant les autorités provinciales à subventionner ces projets.

«La contribution financière faite aux partis politiques provinciaux permet d'obtenir des entrées auprès de l'appareil politique gouvernemental. Ces entrées donneront des opportunités à la firme d'obtenir des informations privilégiées, des accès plus rapides aux cabinets ministériels et de meilleurs taux de subvention pour financer les projets», expliquait l'enquêteur de l'UPAC Jean-François Rail dans l'affidavit.

Utilisation de prête-noms

Marc-Yvan Côté, qui a travaillé comme responsable du développement des affaires pour la firme entre 1994 et 2005, puis comme consultant jusqu'en 2011, aurait joué un rôle important chez Roche dans la mise en place de tout ce stratagème de financement illégal, qui aurait notamment fonctionné à l'aide d'employés utilisés comme prête-noms.

Selon l'affidavit présenté à un juge de paix, des membres du personnel de la firme d'ingénierie communiquaient régulièrement avec Côté, «tant pour des activités de financement que pour ses relations avec des membres du cabinet ou du personnel politique». «Marc-Yvan Côté donnait les orientations concernant le financement des divers partis politiques», résumait Jean-François Rail.

L'affidavit nous apprenait également que Côté aurait fait des démarches pour que Roche finance un cocktail pour la campagne de Nathalie Normandeau, le 9 octobre 2008, au restaurant Louis-Hébert de Québec. L'initiative de Roche visait à convaincre Mme Normandeau de revenir sur sa décision de ne pas bonifier une subvention pour un projet de réfection de rue et d'eau potable dans une municipalité (non identifiée dans le document).

Lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, en juin 2014, Marc-Yvan Côté avait reconnu que les partis politiques avaient toujours sollicité les entreprises, les bureaux d'avocats et les firmes d'urbanistes et d'ingénieurs, sous couvert d'aller chercher des dons individuels, et que ces derniers pouvaient avoir donné dans l'espérance d'un retour. 

«Contribuer aux partis politiques, municipaux, provinciaux et fédéraux, c'était dans les moeurs à l'époque», avait dit l'ancien ministre, qui avait également admis que des employés pouvaient avoir vu leurs contributions aux différents partis remboursées par Roche, notamment par le truchement de fausses notes de frais.

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