Budget: Québec arrondit des angles, mais la rigueur demeure

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Le ministre des Finances, Carlos Leitão, qui a dévoilé son troisième exercice budgétaire, a été applaudi par ses collègues du gouvernement, jeudi.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Le gouvernement du Québec réajuste le tir dans son budget 2016-2017. Souvent accusé d'asphyxier les services publics, les contribuables et l'économie dans son ensemble, il arrondit les angles de certaines décisions prises depuis deux ans. Mais la rigueur continue de peser de tout son poids.

Après avoir été réduite à 1,6 % et à 1,7 % ces deux dernières années, la croissance globale des dépenses s'établira à 2,7 % lors de l'année fiscale débutant le 1er avril. «Cette croissance permettra de répondre aux besoins et aux priorités des Québécois», a fait valoir le ministre des Finances, Carlos Leitão, en dévoilant son troisième exercice budgétaire, jeudi. «La maison est maintenant en ordre», s'est-il félicité.

Exemple d'ajustement : la croissance des dépenses s'élèvera à 3 % dans le secteur de l'éducation, qui a très lourdement écopé depuis deux ans. Elle demeurera cependant en deçà de la moyenne des 10 années précédant l'arrivée au pouvoir du gouvernement Couillard, a relevé le péquiste Nicolas Marceau.

Le gouvernement réajuste aussi les tarifs de garde subventionnés, avec lesquels de nombreuses familles doivent composer en cette saison des impôts. Il diminue de moitié la «contribution additionnelle» applicable au tarif de garde pour le deuxième enfant. La mesure est rétroactive à l'an dernier.

Les familles concernées, environ 30 000, recevront un remboursement ce printemps. Pour une famille ayant un revenu de 100 000 $, le tarif pour le deuxième enfant glisse de 11,41 $ à 9,36 $ par jour.

Le ministre des Finances confirme la «mise en oeuvre immédiate et l'accélération du plan d'abolition de la "contribution santé"». La première étape s'appliquera rétroactivement au 1er janvier. La suppression de cette taxe frappant 4,5 millions de Québécois sera complétée dans deux ans, au 31 décembre 2017. Une mesure qui équivaudra à une baisse d'impôt totale de 759 millions $ à ce moment-là.

Autre exemple de correction du tir, mais dans un tout autre domaine : après avoir coupé les vivres à l'entretien de la Route verte, le ministre des Finances débloque 27,5 millions $ pour l'amélioration de ce réseau cyclable. Dernier exemple : le gouvernement bonifie «les conditions de participation au programme Objectif emploi» prévu dans le projet de loi 70 sur l'aide sociale.

Dans un tout autre ordre d'idées, il met en place un nouveau crédit d'impôt remboursable pour la «rénovation résidentielle verte», RénoVert. Il sera en vigueur jusqu'en avril 2017. La valeur du crédit correspondra à 20 % des dépenses admissibles, jusqu'à concurrence de 10 000 $.

La patte du Conseil du trésor

La Coalition avenir Québec a fait ses calculs. Depuis deux ans, «les libéraux ont soutiré près de 750 $ dans le portefeuille de chaque Québécois». Or, «on leur propose aujourd'hui une petite carte-cadeau de 25 $», a fustigé le chef caquiste, François Legault.

L'«austérité» reste de mise, accusent le Parti québécois et Québec solidaire. Le vaste réseau de la santé et des services sociaux devra se contenter de moins que les 2,7 % de croissance globale. Une part importante de la hausse ira aux salaires des médecins.

Comme l'an dernier, le ministère des Finances a dû faire avec les prescriptions du Conseil du trésor, qui tient les cordons de la bourse. L'équipe de Sam Hamad a imprimé sa patte dans ce budget, comme elle l'avait fait du temps de Martin Coiteux.

Carlos Leitão récuse le mot austérité. Attendez de voir les budgets qui seront présentés en Alberta et à Terre-Neuve-et-Labrador pour voir ce qu'est l'austérité, a-t-il affirmé.

Il a dit avoir bon espoir de réduire l'impôt sur le revenu d'ici la fin du mandat de son gouvernement; autrement dit, avant les prochaines élections générales, en octobre 2018.

D'abord le Fonds des générations

Le gouvernement du Québec prévoit dégager un surplus budgétaire de plus de 2,4 milliards $ en 2016-2017. S'il n'apparaîtra nulle part, si le budget affichera un «déficit zéro» pour une deuxième année consécutive, c'est qu'il en met 400 millions $ de côté pour faire face à des imprévus et qu'il place 2 milliards $ dans le Fonds des générations.

Le versement à ce fonds s'élèvera à 2,5 milliards $ l'année prochaine. C'est beaucoup trop aux yeux des caquistes et de Québec solidaire. On est loin de l'engagement de consacrer la moitié des surplus à des baisses d'impôt, rappellent plusieurs.

«Le Fonds des générations est la mesure d'équité intergénérationnelle la plus puissante qu'un gouvernement n'ait jamais adoptée», a justifié le ministre Leitão.

«Portée disparue»

«La politique économique a été pelletée dans la cour d'Hydro-Québec», a ironisé le péquiste Nicolas Marceau. Pour lui, il est clair que «la promesse, devenue une cible, puis un mythe, de 250 000 emplois, est maintenant portée disparue».

Le gouvernement a annoncé, sur cinq ans, un nouveau rabais tarifaire d'électricité totalisant 539 millions $ pour les entreprises investissant dans les secteurs manufacturiers et dans la transformation des ressources naturelles.

Toujours sur cinq ans, les PME québécoises bénéficieront d'un allégement fiscal de 245 millions $ à travers une réduction de leur cotisation au Fonds des services de santé. En 2016-2017, les PME bénéficieront d'un allégement de la taxe sur la masse salariale de 94 millions $.

Paramètres

Cette année, les revenus de l'État québécois s'élèveront à 102 milliards $. Les transferts fédéraux seront en hausse de 5,7 %. Ils s'établiront à 20 milliards $, un record.

Les dépenses devraient, elles, s'établir à 100 milliards $. De cette somme, 10,4 milliards $ serviront à rembourser les intérêts de la dette brute du Québec, qui atteindra 207,8 milliards $.

Le ministre des Finances, qui veut prioriser la ligne bleue du métro de Montréal et les autobus urbains rapides dans la capitale, a lancé un appel à Ottawa. Il a déclaré que les investissements supplémentaires annoncés par le gouvernement de Justin Trudeau devront «s'inscrire dans les priorités que nous aurons définies». Il faudra «de plus que ce financement soit disponible dans des délais acceptables», a-t-il dit.

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