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(Québec) DÉCODAGE / C'est de façon détournée que l'on a appris que le gouvernement de Philippe Couillard propose de hausser de 50 000 à 60 000 par année le nombre d'immigrants au Québec.

Le document Ensemble, nous sommes le Québec compte une soixantaine de pages. On y lit, à un moment, qu'à «partir d'un niveau de 60 000 personnes immigrantes admises annuellement, le Québec éviterait un recul de sa population en âge de travailler en dessous de son niveau de 2011». Rien de plus.

Fallait-il comprendre de ce court paragraphe que ce niveau est celui souhaité par le gouvernement? Non, assure-t-on en coulisse. Mais...

Mais, interrogé à ce sujet, le premier ministre a dit que c'était la «proposition» du gouvernement. Elle ne l'était pas formellement jusque-là, mais elle l'est alors devenue!

Le sujet est délicat, sensible. On en a déjà eu un aperçu à l'Assemblée nationale.

Le dossier avait aussi soulevé des passions en 2011, alors que l'Assemblée nationale discutait des seuils d'immigration pour les années 2012, 2013 et 2014.

Le président du syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, Gilles Dussault, avait soutenu que le nombre d'immigrants devait être ramené de 50 000 à 40 000 par année. Il avait expliqué s'appuyer sur les craintes exprimées, confidentiellement, par des conseillers en immigration du ministère de l'Immigration.

L'année précédente, l'Action démocratique du Québec avait estimé qu'il fallait accepter

10 000 personnes de moins par année afin de favoriser une «intégration réussie».

Le débat qui s'amorce ne sera pas le premier du genre. Au fil d'arrivée, on peut imaginer que le gouvernement modulera sa «proposition» à la baisse ou l'étalera dans le temps. Elle sera débattue en commission parlementaire plus tard au printemps.

Des verres grossissants

Les alliances se multiplient entre la Coalition avenir Québec et le Parti québécois. On a vu François Legault et Pierre Karl Péladeau bras dessus, bras dessous pour soutenir les travailleurs d'Aveos. On les a vus dans des tirs groupés pour dénoncer la façon dont le gouvernement Couillard a décidé d'aider Bombardier. On les a vus se faire la courte échelle dans le dossier de l'exploration d'hydrocarbures à Anticosti. Et maintenant, ils unissent leurs voix dans celui de l'immigration.

Les médias ont parfois des verres grossissants. À côté de ces dossiers, ils oublient tous ceux, plus nombreux encore, où la CAQ et le PQ se chamaillent.

Si le PQ et la CAQ sont souvent sur les mêmes terrains, c'est pour une raison bien simple. C'est qu'ils cherchent tous deux, en plus d'exprimer leur vision des choses, à séduire les électeurs de l'autre. Ils se disputent un bassin d'électeurs.

Un neuvième!

Le scrutin partiel du 11 avril dans la circonscription de Chicoutimi sera le neuvième à se tenir depuis les dernières élections générales au Québec. C'est beaucoup.

En avril 2014, le péquiste Stéphane Bédard l'avait emporté avec 1600 voix de majorité. Ce n'est pas insurmontable. M. Couillard se rendra souvent dans Chicoutimi, une circonscription voisine de la sienne.

Ce n'est pas insurmontable, mais ce serait un exploit pour les libéraux s'ils l'emportaient. Sur 92 élections partielles s'étant déroulées depuis 1973 sur la scène provinciale - depuis 43 ans, donc - il est arrivé à seulement cinq reprises qu'un gouvernement arrache une circonscription à un parti d'opposition, rappelons-le.

C'est arrivé l'an dernier dans Chauveau lorsque la libérale Véronyque Tremblay a succédé au caquiste Gérard Deltell. Mais, 5 fois sur 92, c'est peu.

Dans Chicoutimi, le Parti québécois a déjà enregistré des majorités de plus de 10 000 voix.

La CAQ cherchera à faire des niveaux d'immigration un enjeu électoral durant ce scrutin.

Le grand écart

Le nouveau président du Conseil du trésor, Sam Hamad, affichait sa bonne humeur cette semaine après les ententes de principe conclues avec la Fédération autonome de l'enseignement et la Fédération de la santé et des services sociaux. Après celle du 17 décembre avec les dirigeants du front commun intersyndical, ces ententes fournissent l'occasion de prendre la mesure du grand écart entre les positions de départ et d'arrivée dans ce genre de négociations.

En mai 2014, nous apprenions que le front commun intersyndical réclamerait 13,5 % d'augmentation salariale sur trois ans.

En décembre 2014, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, tablait sur une convention collective non pas de trois ans, mais de cinq. Sa proposition reposait sur un gel salarial les deux premières années, suivi d'une hausse annuelle de 1 % pour les trois années suivantes. Autrement dit, 3 % sur cinq ans.

En fin de compte, le résultat sur cinq ans est le suivant : des versements forfaitaires s'élevant à 1,5 % et des augmentations de salaire de 5,25 %. Il faut y ajouter le produit de la «relativité salariale» dont le coût pour le gouvernement est évalué à 2,4 %.

Avec la «relativité», Québec a fait indirectement ce qu'il refusait de faire directement. Il a offert plus à certains qu'à d'autres. Aux infirmières et aux enseignants notamment.

Dans cette longue série de négociations, entre les fils de départ et d'arrivée, le gouvernement a fait le plus gros bout de chemin.

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