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Un ministère sans boussole

Dominique Anglade a pris les commandes du ministère... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Dominique Anglade a pris les commandes du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation le 28 janvier. Selon son principal sous-ministre, Jocelin Dumas, le dernier plan stratégique du ministère couvrait les années 2009 à 2011. Depuis, il avance sans «indicateurs» précis ni «cibles quantifiables».

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation fonctionne depuis des années sans boussole, admet en substance son principal sous-ministre, Jocelin Dumas.

Le dernier plan stratégique sur lequel ce ministère a pu s'appuyer a été élaboré avant 2009. Il couvrait les années 2009 à 2011. Depuis, plus rien. Depuis, il avance sans «indicateurs» précis ni «cibles quantifiables».

La faute en incombe aux nombreuses restructurations dont il a été l'objet au cours des années, selon le sous-ministre, qui ne cache pas que ce manque de stabilité cause des problèmes sérieux et qu'il est coûteux.

En fait, «le ministère a été transformé à répétition» depuis 2002. Depuis cette année-là, «différents volets ont été ajoutés ou soustraits, selon les orientations des gouvernements en place», dit-il.

Des gouvernements ont parfois greffé au noyau dur du ministère - fondé sur le développement économique -, des volets comme celui de l'Exportation avant de renvoyer celui-ci dans un autre giron.

Idem pour des volets comme la science, la recherche ou encore l'innovation. Ils sont partis et sont revenus au gré des réorganisations ministérielles. Chaque fois, des dizaines et des dizaines de fonctionnaires ont été ballottés, quand cela n'a pas été 100, 200 ou plus.

«À chaque réorganisation, des budgets et des efforts considérables sont investis à la reconstitution des équipes et des services», reconnaît Jocelin Dumas.

L'entité porte le nom de ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation depuis le remaniement du 28 janvier. C'est à ce moment que Dominique Anglade en a pris les commandes.

Jocelin Dumas s'est ouvert de ce problème d'instabilité devant les députés membres de la commission de l'administration publique de l'Assemblée nationale du Québec le 24 février. Les propos qu'il a tenus sont passés inaperçus. La transcription écrite de son audition devant ce groupe d'élus sera disponible à partir du 9 mars.

Présidée par le député Sylvain Gaudreault, la commission de l'administration publique devrait y faire écho dans un rapport qu'elle produira pour le Parlement en juin.

Des ébauches à la poubelle

C'est parce que les contours du ministère changent régulièrement que les ébauches de plans stratégiques sont toujours à refaire - et que les plans demeurent à l'état d'ébauche, a insisté le sous-ministre.

Comment faire adopter un plan stratégique «dans un environnement aussi changeant»? a-t-il demandé.

À défaut d'un véritable plan stratégique avec des objectifs précis à atteindre, le ministère guide ses actions sur les discours du premier ministre Philippe Couillard et sur ce qui figure dans les budgets annuels du Québec. Il vole plus à vue qu'aux instruments.

Le sous-ministre Dumas ne cherchait évidemment pas à dénoncer les orientations changeantes des gouvernements, mais à expliquer la situation à son ministère.

Il a dit avoir bon espoir de voir l'actuel gouvernement adopter un plan stratégique couvrant les années 2016 à 2019 d'ici quelques semaines. Il l'espère.

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