Encore beaucoup de travail à faire avant une coalition souverainiste

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Le chef d'Option nationale Sol Zanetti (à droite) demande à Pierre Karl Péladeau de dire clairement aux électeurs lors de la prochaine élection générale en 2018 qu'un vote pour le PQ est un vote pour l'indépendance du Québec.

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Magdaline Boutros
La Presse Canadienne
Montréal

Bien que le Parti québécois ait tendu la main à Québec solidaire et à Option nationale cette fin de semaine, la mise en place d'une coalition des forces souverainistes est encore bien lointaine.

En entrevue dimanche, le chef d'Option nationale (ON) Sol Zanetti a salué l'ouverture affichée samedi par le leader péquiste à l'égard du scrutin proportionnel, une idée qu'il qualifie de «rassembleuse».

«Ce qui va unir le mouvement indépendantiste ce n'est pas uniquement des bonnes intentions et des mains tendues, ce sont des idées fortes, celle-là en est une», a-t-il lancé.

Lors du conseil national péquiste, samedi, Pierre Karl Péladeau a invité les militants de son parti à réfléchir à l'idée de modifier le mode de scrutin pour y inclure des éléments de proportionnelle.

En décembre dernier, le député solidaire Amir Khadir avait déclaré que le système uninominal à un tour actuel était la principale entrave aux alliances.

Le président de Québec solidaire (QS) Andrés Fontecilla se questionne toutefois sur ce changement de cap du Parti québécois (PQ) qui avait rayé la réforme du mode de scrutin de son programme en 2011.

«Nous aurions préféré qu'ils y arrivent non pas comme une concession mineure à QS et ON, mais plutôt comme le fruit d'une véritable réflexion qui pointe vers l'amélioration de la démocratie québécoise», mentionne-t-il en entrevue.

Il est toutefois clair pour M. Zanetti qu'aucune coalition indépendantiste ne verra le jour sans que le PQ ne modifie sa stratégie d'accession à la souveraineté.

Le chef d'Option nationale demande à Pierre Karl Péladeau de dire clairement aux électeurs lors de la prochaine élection générale en 2018 qu'un vote pour le PQ est un vote pour l'indépendance du Québec.

«L'important c'est qu'on sorte de l'ambiguïté et surtout qu'on ne remette pas ça à plus tard, aux calendes grecques, à un deuxième mandat ou à un moment jugé opportun, précise M. Zanetti. Il y a eu beaucoup de créativité au cours des 20 dernières années pour ne pas prendre d'engagement, là il faut qu'on sorte de ça.»

Refus de Québec solidaire

Sans une prise de position claire sur la tenue d'un référendum dès le premier mandat d'un gouvernement péquiste majoritaire, Québec solidaire refuse également d'entamer des discussions sérieuses avec le PQ.

«Ils doivent absolument se positionner sur cette question-là avant d'avancer dans le processus», indique M. Fontecilla qui déplore le «silence total» du PQ sur cet enjeu.

Québec solidaire et Option nationale proposent tous deux la formation d'une Assemblée constituante dès l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement majoritaire en faveur de la souveraineté (formé par le Parti québécois ou par une alliance de partis).

Cette assemblée aurait pour mandat de rédiger une Constitution qui serait ensuite soumise aux Québécois par voie de référendum.

En plus de cette demande fondamentale sur la façon d'atteindre la souveraineté, Québec solidaire et Option nationale souhaitent voir naître une communauté de vues avec le Parti québécois.

Les deux formations politiques mentionnent qu'un rapprochement devra s'effectuer avec le PQ sur plusieurs autres questions, touchant notamment les ressources naturelles et le déficit zéro.

Si cette convergence des forces souverainistes devait voir le jour, elle pourrait prendre la forme d'une coalition électorale en vue des élections de 2018.

Les trois partis souverainistes pourraient ainsi convenir d'un partage des circonscriptions.

Une option qui est toutefois loin de ravir M. Fontecilla qui évoque un coût politique important pour Québec solidaire qui disparaîtrait du paysage électoral dans plusieurs comtés.

Cette nouvelle tentative de rapprochement en est encore à ses premiers balbutiements. «En politique tout est envisageable», note M. Fontecilla qui ne tarde toutefois pas à convenir que «la distance (qui nous sépare) sur un certain nombre de positions est grande».

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