Legault a trouvé un ton

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(Québec) DÉCODAGE / Après trois semaines de séances parlementaires, les élus de l'Assemblée nationale font relâche jusqu'au 8 mars. L'occasion d'un premier bilan.

Le Parti québécois de Pierre Karl Péladeau s'est nettement ressaisi, lui qui était passé par toutes sortes de turbulences l'automne dernier et en janvier. L'équipe péquiste a repris de l'aplomb.

Aux yeux de plusieurs députés - et pas seulement de ceux de son parti -, le chef caquiste François Legault s'est, lui, particulièrement illustré lors de cette rentrée d'hiver.

Certes, il y a toujours un brin de démagogie dans les joutes parlementaires. Et M. Legault s'y est adonné comme les autres. Avec parfois d'autant plus de facilité que les dossiers que doit défendre le premier ministre Philippe Couillard sont complexes, difficiles à expliquer en quelques mots. Pensons à celui de Bombardier.

François Legault a néanmoins fait preuve de beaucoup d'aisance et de constance sur plusieurs sujets. Il a, de plus, trouvé un ton ces derniers temps.

Il a une équipe soudée, ce qui lui évite d'avoir à toujours ménager la chèvre et le chou.

Les chefs péquistes, eux, doivent toujours un peu surveiller leurs arrières. C'est plus compliqué.

Et Pétrolia?

L'ancien représentant du syndicat des employés d'Aveos, Jean Poirier, est parvenu à réunir Pierre Karl Péladeau et François Legault le temps d'une conférence de presse. MM. Péladeau et Legault ont beau partager, disent-ils, le même «nationalisme économique», c'était tout de même une prouesse.

Le seul qui aurait peut-être pu réussir pareil exploit est le président-directeur général de Pétrolia, Alexandre GagnonLes chefs péquiste et caquiste ont été des alliés dans le dossier de l'exploration d'hydrocarbures sur Anticosti.

Nouvelle phase au PQ

Le Parti québécois sera réuni en conseil national en fin de semaine. Il commence en coulisse à préparer son grand congrès de 2017.

C'est à ce congrès qu'il adoptera le prochain article 1 de son programme, celui portant sur la souveraineté du Québec.

Des idées circulent chez des péquistes à Québec. Aucune n'est avalisée à ce stade-ci et aucune ne le sera avant plusieurs mois encore.

Mais citons-en une ne serait-ce que pour illustrer les directions que pourrait prendre le débat : «Si le PQ prenait le pouvoir avec 50 % des voix plus une, il déclencherait un référendum très rapidement.»

Une telle position éviterait au PQ, s'il prend le pouvoir, de se lancer dans une aventure trop incertaine sans avoir des chances réelles de gagner ce référendum. S'il formait le gouvernement en obtenant 35 % ou 36 % des voix, comme c'est généralement le cas désormais pour les partis, il ne se lancerait tout simplement pas dans cette voie.

Des militants veulent que leur parti, dès lors qu'il reprendrait le pouvoir, déclenche un «processus» menant à l'indépendance sans nécessairement passer par un référendum. Une idée tuée dans l'oeuf par M. Péladeau cette semaine. Ces militants évoquent la Catalogne espagnole et son gouvernement dirigé par Carles Puigdemont.

Un «processus» est effectivement lancé en Catalogne. Mais il n'est pas dit qu'il n'y aura jamais de référendum. Ajoutons que l'effervescence politique à Barcelone et dans les villes et villages catalans est née du refus exprimé en 2010 par le Tribunal constitutionnel, à Madrid, de reconnaître la Catalogne comme nation. Et insistons sur le fait que le processus lancé pourrait se conclure par une dévolution de pouvoirs à cette région du Nord-Est espagnol.

Il n'y a pas de voie royale. En la matière, il n'y a que le degré de popularité d'un projet.

Dans la fosse

En politique comme ailleurs, les choses vont très vite. Nommé lundi ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx s'est jeté dans la fosse aux lions dès jeudi, trois jours plus tard! C'était la reprise de la commission parlementaire portant sur la gouvernance scolaire.

Il faut le noter : il a défendu les commissions scolaires. Le projet de loi 86 maintient en effet ces structures, même s'il les modifie, notamment en abolissant en quelque sorte les élections scolaires.

Lorsqu'il était à l'Action démocratique du Québec, Sébastien Proulx prônait l'abolition des commissions scolaires. Le ministre dit qu'il n'est pas dogmatique. L'essentiel est que les pouvoirs se rapprochent de l'école et de la classe, pense-t-il aujourd'hui.

L'autre «jeune» promu lors du remaniement, Luc Fortin, était ministre des Loisirs et des Sports depuis la fin janvier. Il est maintenant à la Culture et aux Communications, ainsi qu'à la Protection de la langue française.

Soulignons qu'il était déjà assez près de ces domaines alors qu'il était simple député.

Il est derrière la Politique du livre présentée l'an dernier par le gouvernement. Et il a piloté les consultations sur un projet de règlement qui apparaîtra sous peu dans la Gazette officielle du Québec concernant la présence du français sur les façades extérieures.

C'est par ce projet que le gouvernement entend forcer les Toys'R'Us, Best Buy et d'autres à accoler un descriptif français à leur marque de commerce.

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