Le coup de Jacques Daoust

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(Québec) DÉCODAGE / Le coup d'éclat politique de la semaine est venu du ministre Jacques Daoust. Il a surpris tout le monde en écorchant le patron d'Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, en commission parlementaire.

Le solidaire Amir Khadir a déjà fait passer des mauvais quarts d'heure à des invités de l'Assemblée nationale. Pensons au passage, il y a quelques années, de l'ex-premier ministre Lucien Bouchard venu au nom de l'Association pétrolière et gazière du Québec. Ou encore à celui de l'ex-numéro 1 de la Caisse de dépôt et placement du Québec Henri-Paul Rousseau.

Mais on ne se souvient pas d'avoir vu un ministre d'un gouvernement être aussi virulent que Jacques Daoust l'a été. Pour bien des observateurs, le gouvernement de Philippe Couillard avait des choses à se faire pardonner. Et M. Daoust a peut-être permis à son équipe de se refaire une virginité aux yeux de l'industrie du taxi. En tout cas, il a mis l'ex-ministre péquiste Guy Chevrette, l'un des représentants de l'industrie, dans sa poche. On verra pour combien de temps.

C'est un long processus législatif qui a commencé avec la séance de jeudi. La commission parlementaire roulera jusqu'au 10 mars, bien qu'elle ne se tiendra pas tous les jours. Par la suite, le ministre présentera un projet de loi encadrant des activités du type de celles d'Uber Québec.

Le processus d'adoption s'étirera ensuite sur plusieurs semaines. Il se pourrait que les mêmes personnes invitées à la commission parlementaire en cours, ou certaines d'entre elles, reviennent à l'Assemblée nationale pour, cette fois, commenter le contenu du projet de loi à venir.

Au bout du compte, une autre commission parlementaire sera convoquée. Lors de cette dernière, les députés éplucheront ledit projet de loi article par article, un exercice pouvant parfois être long.

L'économie au sommet

Combien de fois les parlementaires ont-ils déclaré que l'économie serait au coeur de leurs préoccupations sans que cela se concrétise? Les travaux parlementaires ont repris il y a deux semaines et rarement aura-t-on autant débattu de sujets économiques que cette fois-ci.

Les deux principaux chefs de l'opposition, Pierre Karl Péladeau et François Legault, sont à l'aise sur ces terrains, ce qui ne les empêche pas de glisser parfois dans des sorties essentiellement partisanes.

Parce qu'ils sont en réaction, sur la défensive, les membres du gouvernement insistent sur les bons côtés des dossiers. Ce faisant, ils ont l'air, ils ont eu l'air, de minimiser les conséquences des pertes d'emplois ou les fermetures, voire de les accepter.

L'exploration gazière et pétrolière sur Anticosti est une question environnementale, mais elle est aussi un sujet économique. Lorsqu'on y ajoute RONA, Rio Tinto Alcan, Bombardier et d'autres, on constate que les débats parlementaires n'avaient pas ressemblé à ceux-là depuis longtemps.

***

La CAQ assez contente

La Coalition avenir Québec (CAQ) a réussi son coup. Mercredi, elle a présenté une motion en faveur de l'exploration gazière et pétrolière sur Anticosti.

Le parti cherchait à débusquer d'éventuelles dissensions chez ses adversaires. Les péquistes ont voté pour la motion, mais l'absence de la députée Martine Ouellet a été remarquée lors du vote. Le lendemain, elle a expliqué qu'elle était en désaccord avec le libellé.

À la CAQ, on n'était pas peu fier d'avoir pu ainsi faire apparaître la dissonance de l'ex-ministre des Ressources naturelles.

Tous les libéraux n'étaient pas là au moment du vote. Est-ce à dire que certains étaient favorables à la motion caquiste et s'opposent à la position du gouvernement? On ne le saura pas. Tous les absents ne parlent pas.

***

Joli hasard

Au jour 1 de l'étude du projet de loi 86, mardi, le nouveau ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Pierre Moreau, s'est dit prêt à reporter l'adoption de la réforme de la gouvernance scolaire.

Depuis le remaniement ministériel, le 28 janvier, c'est le premier membre du Conseil des ministres qui prend autant ses distances du travail de son prédécesseur - de François Blais en l'occurrence.

Parlant du projet de loi 86, M. Moreau a non seulement dit que son adoption pourrait n'avoir lieu que l'automne prochain, mais qu'il ne l'aurait pas écrit de la même façon.

Pierre Moreau sait se faire dur. On l'a vu sortir de ses gonds avec les dirigeants des syndicats municipaux. Mais il sait aussi se faire séducteur. En faisant comme s'il avait presque une page blanche devant lui, il a mis les opposants dans de meilleures dispositions. Attention : il a aussi dit que les grandes orientations du projet demeureront.

Relevons que c'est ce même jour que le Parti libéral du Québec a fait savoir que le directeur général de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, Serge Bergeron, briguera l'investiture libérale dans la circonscription de Chicoutimi. Une façon, peut-être, de faire savoir que tous les dirigeants de commissions scolaires ne sont pas remontés contre le projet de loi 86.

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