Gérard Deltell à la sauce fédérale

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Les habits conservateurs apparaissent taillés sur mesure pour l'ex-chef de l'ADQ Gérard Deltell.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Des yeux s'écarquillent et des mâchoires tombent au Canada anglais quand Gérard Deltell se lève en Chambre pour défendre le pétrole albertain et son importance pour l'économie du Québec.

Même si les dirigeants de TransCanada «méritent d'être sévèrement grondés», le nouveau député de Louis-Saint-Laurent veut défendre le projet d'oléoduc «avec fierté et rigueur». 

«Je reçois des courriels d'un océan à l'autre de gens qui disent: "On est content de voir qu'au Québec, il y en a qui sont d'accord avec ça"», raconte M. Deltell en entrevue au Soleil

Quelque 100 jours après son élection au fédéral, l'ancien journaliste ne semble vraiment pas s'ennuyer des banquettes de l'Assemblée nationale. À Québec, il n'était plus le même député depuis que ses galons de leader parlementaire lui avaient été arrachés. 

Deux semaines après l'ouverture des travaux à Ottawa, l'ex-chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) s'est rapidement fait une place au soleil. Il a déjà une quinzaine de questions au compteur. Quelques-unes ont appelé une réponse du premier ministre Justin Trudeau. Son nom circule dans des quotidiens partout au pays. 

Le principal intéressé y voit en partie un concours de circonstances. Les dossiers dont il a la responsabilité se sont retrouvés au coeur de l'actualité. Seul député à Ottawa ayant été témoin de tout le processus entourant l'aide médicale à mourir, M. Deltell se sentait la «responsabilité d'être présent au comité». L'enjeu de l'oléoduc, dans la foulée du refus du maire de Montréal, a aussi braqué les projecteurs sur lui. 

«S'il n'y avait pas eu ces dossiers-là, ça aurait peut-être été un peu plus tranquille, estime M. Deltell. Les circonstances ont conduit à ça. Ce qui fait en sorte aussi que les journées commencent à 6h et finissent à 22h.»

Même s'il est un petit nouveau et que d'ex-ministres importants siègent au caucus conservateur, il est de ceux qui comptent le plus d'années d'opposition derrière la cravate. Il en connaît un bout sur les tactiques de guérilla parlementaire et la théâtralité de la période de questions. Le député de Louis-Saint-Laurent a été à l'avant-scène aux côtés de la chef par intérim, Rona Ambrose, lors du point de presse de la rentrée parlementaire.

Les habits conservateurs apparaissent taillés sur mesure pour Gérard Deltell. Il n'a jamais fait mystère de son penchant pour la droite, les valeurs conservatrices et de son attachement au Canada. Combien de fois a-t-il parlé de sa carte de membre du Parti conservateur-progressiste acquise en 1981, à 17 ans, ou de ses photos avec Joe Clark en 1983 et Brian Mulroney en 1984?

Mais, dans la bouche d'un député francophone, élu dans une province où le parti est mal-aimé, le discours résolument conservateur a de quoi enivrer ses collègues du ROC. Surtout qu'il représente une des rares régions - sinon la seule - où les conservateurs ont fait des gains aux dernières élections. 

«On est 12 députés du Québec, souligne M. Deltell. Dès la première semaine, on s'était tous levés pour poser une question. On prend notre place, on débat au caucus, mais il faut voir l'accueil qu'on reçoit. Les gens sont enthousiastes de voir qu'on est là.»

Dynamique différente en chambre

Si le «folklore» partisan de l'arène politique demeure le même, la dynamique de la période de questions à la Chambre des communes diffère beaucoup, analyse le député conservateur. La rencontre avec des députés des différentes provinces l'enthousiasme aussi beaucoup. «Ça, c'est un des éléments les plus fascinants qui soient, s'emballe-t-il. Je le savais, je m'y attendais. Mais de le vivre, c'est fantastique.»

À son arrivée à Ottawa, sans bureau, il a passé les deux premières semaines à travailler de son siège en chambre. Et, de temps à autre, il débarque au bureau du député Stephen Harper pour discuter avec lui un peu. «Il est à Ottawa presque tout le temps, indique M. Deltell. Il est très disponible. Sa porte est ouverte pour jaser n'importe quand. Parler de ses expériences, de la campagne, de ce qui s'en vient, ce qu'on doit faire. [...] Il ne veut pas s'imposer dans le débat pour ne pas détourner l'attention, mais il est toujours présent.»

Il a vécu la rocambolesque course à la succession de Mario Dumont à l'ADQ. Mais Gérard Deltell ne semble pas trop préoccupé par celle qui culminera avec l'élection d'un ou d'une nouvelle chef pour le Parti conservateur en mai 2017. «Il y a des gens qui ont dit qu'ils réfléchissent, souligne M. Deltell. Tant mieux. On voit que des gens se préparent, mais on ne sent pas encore d'effervescence pure. Quinze mois, c'est un méchant marathon. 

À Québec, il avait le parlement juste à côté de sa circonscription. Il se tape maintenant cinq heures de route pour rejoindre celui de la capitale fédérale. Pas toujours facile pour un député qui a la réputation de «travailler son comté». «Honnêtement, les premières semaines, j'avais hâte de revenir à la maison, indique M. Deltell. Je vois les activités (dans la circonscription), je sais que je ne suis pas là, et ça me fatigue. On se reprend. Je fais entre 7 et 10 activités par fin de semaine.»

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