Déjà l'acrimonie...!

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(Québec) DÉCODAGE / Cette semaine de rentrée parlementaire à l'Assemblée nationale est un peu celle où le Parti québécois s'est ressaisi. Toute la semaine, il a travaillé d'arrache-pied pour occuper l'espace médiatique.

Ses députés, parmi lesquels Jean-François Lisée, ont multiplié les points de presse. Il faut dire qu'ils avaient de la matière - d'Anticosti aux centres jeunesse, devenus pour certains d'entre eux «des lieux privilégiés de recrutement des mineures», selon un rapport datant de 2014. Ils ont fait leur travail d'élus de l'opposition à la période des questions.

Ils se sont aussi présentés devant les journalistes autant qu'il est possible de le faire. Le premier d'entre eux a donné l'exemple. Mercredi et jeudi, Pierre Karl Péladeau a convoqué des points de presse en bonne et due forme dès 8h15 le matin. Une habitude qu'il entend prendre, dit-on.

Le Parti québécois et les autres partis d'opposition ont mené la charge de façon soutenue. Ont-ils marqué des points politiques? C'est une autre question. Il ne sert à rien de prédire ni les sondages ni l'avenir.

C'est un poncif de dire que les échanges au Salon bleu ont été musclés. Ils le sont la plupart du temps, même depuis qu'on n'applaudit plus. Ce qu'on peut ajouter - et c'est ce qui est plus rare -, c'est qu'ils n'ont pas été décousus. C'est déjà beaucoup.

Musclés, donc... Mais on pouvait déceler autre chose. Les principaux protagonistes paraissent en effet déjà avoir cédé à une forme d'acrimonie.

Piqué au vif

Lorsqu'il se sent piqué au vif, Philippe Couillard pourfend immanquablement le projet souverainiste du Parti québécois. Zoomons sur les périodes des questions de mardi et de mercredi.

Pierre Karl Péladeau a d'abord lancé une question en forme de sentence au premier ministre : «Nous ne lui laisserons pas un demi-pouce et nous continuerons à dénoncer sa piètre performance économique et le refus de défendre la présence des sièges sociaux au Québec.»

Dans sa réponse, Philippe Couillard finira par dire ceci : «Quel est l'estimé que fait le chef de l'opposition officielle d'un impact sur les sièges sociaux du Québec de la tenue d'un référendum sur la séparation et de ladite séparation? D'ailleurs, on attend toujours l'Institut de recherche sur la souveraineté. On veut l'Institut, on veut les papiers. On a très hâte de lire ça. Chaque fois qu'on lit ça, ça nous amuse beaucoup.»

Et encore ceci : «Ce qui inquiète les investisseurs étrangers, c'est la potentielle instabilité politique du Québec, le retour d'un référendum, la catastrophe économique, financière, sociale et politique que serait la séparation du Québec.»

Il est vrai que le chef libéral avait averti en août qu'il ne laisserait plus «un pouce aux souverainistes». Mais Pierre Karl Péladeau n'a pas parlé de souveraineté une seule fois dans ses questions.

***

Des divisions au sein des partis

La dénonciation tous azimuts par le premier ministre du projet d'exploration des ressources gazières et pétrolières de l'île d'Anticosti a donné lieu à de solides passes d'armes.

Mais derrière les rideaux, des députés libéraux sont plutôt mal à l'aise avec le changement de cap de M. Couillard, et avec le fait que le Québec pourrait renier la signature apposée sur des contrats avec des entreprises privées.

Peu importe, pensent ces députés, que le projet s'avère rapidement et officiellement non rentable, comme on l'entend dire depuis des années. Un contrat est un contrat. À ce sujet, la solidaire Manon Massé a répété jeudi ce que d'autres disaient il y a quatre ans. «S'il y avait une cent à faire à Anticosti, ça ferait longtemps que Suncor serait au rendez-vous, que Shell serait au rendez-vous.»

Revenons au malaise. Il en existe aussi au sein du caucus du Parti québécois. L'insistance mise par M. Péladeau à dire qu'il faut aller au bout de la phase d'exploration ne plaît pas à tous. Pendant la course à la direction au Parti québécois, le député Alexandre Cloutier s'inquiétait déjà des forages- non encore réalisés à ce jour - par fracturation hydraulique.

***

 

Gare à l'atterrissage!

En début de semaine, un sondage Léger-Le Journal-Le Devoir indiquait que les libéraux de Philippe Couillard se maintiennent en tête des intentions de vote par une bonne marge. Ils recueillaient 36 % des points distribués, contre 29 % pour les péquistes, 21 % pour la Coalition avenir Québec et 10 % pour Québec solidaire.

Chez les libéraux, on conteste une analyse souvent entendue. Et si on était en avance non pas en raison des difficultés du Parti québécois, et pas seulement en raison de la division du vote d'opposition entre les trois partis «d'en face», mais parce que les politiques qu'on poursuit plaisent tout simplement à de nombreux Québécois? Et si la rigueur ou l'austérité était ce que voulaient bien des Québécois? Et s'ils acceptaient que l'atterrissage ne puisse toujours être parfait?

Et si... et si des dossiers comme celui des centres jeunesse faisaient à un moment tourner le vent? C'est ce qui inquiète toujours des libéraux.

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