La bataille des oppositions

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(Québec) DÉCODAGE / Dans le coin gauche, si l'on peut dire, le Parti québécois. Dans le coin droit, disons-le ainsi, la Coalition avenir Québec. En face, les libéraux...

Les partis d'opposition, parmi lesquels Québec solidaire, ne manquent pas et ne manqueront pas de matière pour livrer bataille au gouvernement de Philippe Couillard dans les prochaines semaines: baisse du financement des services de garde subventionnés, UberX, projet de loi sur la gouvernance scolaire, projet de loi sur l'aide sociale, investissements anémiques du secteur privé... Évoquons aussi, pour prendre un autre exemple, le pénible décollage de la CSeries de Bombardier, projet dans lequel Québec a engagé 1,3 milliard $.

On verra les partis d'opposition livrer bataille au grand jour dans tous ces dossiers. Mais derrière leurs offensives dirigées contre les libéraux, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec se combattront farouchement l'un et l'autre dans les coins. Leurs ténors chercheront le plus possible à sortir l'«autre» du jeu et à apparaître, aux yeux de l'opinion publique, comme la véritable opposition au gouvernement. C'est ce qu'ils entendent faire.

Depuis les dernières élections générales, les directions de ces partis savent qu'un des deux est de trop, puisque à eux deux ils divisent le gros du vote d'opposition au gouvernement.

Après un caucus de son parti tenu mercredi, le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, a affirmé que les problèmes de sa formation sont derrière; que son équipe est désormais en ordre de marche.

À quelques mètres de là

Pour tirer leur épingle du jeu, péquistes et caquistes veulent - et doivent - apparaître comme formant déjà le «gouvernement en attente».

Jeudi, ils avaient posté au moins un de leurs ténors tout près du lieu où se déroulait le caucus des libéraux. C'est ce qui a permis au caquiste Éric Caire de convoquer un point de presse lors duquel il a suggéré que les députés libéraux sont divisés sur le décret ayant accordé à un libéral notoire, Pietro Perrino, une permanence à vie dans la haute fonction publique québécoise. Il a invité les journalistes à aller questionner des élus libéraux là-dessus.

Côté péquiste, le leader parlementaire Bernard Drainville, tout près lui aussi, a convoqué un point de presse à son tour. Il a invité à sa façon les journalistes à aller tirer les vers du nez aux libéraux afin d'exposer au grand jour le «malaise» ressenti par le ministre Jacques Daoust devant la vente de RONA à l'américain Lowe's.

Au jeu politique d'«action-réaction», le point devrait toutefois revenir à la Coalition avenir Québec. Tout à sa volonté d'apparaître comme le patron de la véritable opposition, le caquiste François Legault est venu au Parlement hier, alors que les libéraux étaient toujours réunis en caucus. Il est venu réagir aux données sur l'emploi de Statistique Canada.

Sa présence lui a permis d'affirmer qu'une autre grogne couve chez les libéraux, cette fois concernant la décision de Philippe Couillard de tirer à boulets rouges sur le projet d'exploration gazière et pétrolière sur l'île d'Anticosti.

À surveiller, donc, lors de la session parlementaire qui s'ouvrira mardi à l'Assemblée nationale : la lutte que péquistes et caquistes livreront au gouvernement, tout en cherchant toujours et toujours plus à faire mal paraître l'«autre» opposition.

«Ça ne change pas le monde»

Un remaniement, «ça ne change pas le monde»... Il s'agit d'une ironie entendue dans les couloirs de l'Assemblée nationale cette semaine.

Les décisions prises dans maints dossiers par les hautes autorités gouvernementales, par le cabinet du premier ministre surtout, ne changeront pas comme par enchantement parce que de nouveaux ministres sont en poste. Les ministres passent, et le premier ministre reste...

On le voit dans un dossier comme celui des services de garde subventionnés, où les compressions annoncées demeurent. Ou encore dans celui d'UberX. Le nouveau ministre des Transports, Jacques Daoust, a convoqué une commission parlementaire, mais sans sortir du cadre fixé par le chef du gouvernement en août : encadrer, plutôt que tenter d'interdire.

Mais il ne faut pas s'en étonner. Il est évident que toutes les décisions importantes sont prises au bureau du premier ministre ou, lorsqu'elles le sont moins, sont avalisées par lui. C'est ainsi que cela fonctionne.

«Il n'est pas dans l'intérêt du gouvernement de bloquer cette transaction», a déclaré mercredi la nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade, qui a connu un vrai baptême de feu politique avec l'achat de RONA par Lowe's. Sur le fond, cette position avait bien évidemment été estampillée par le bureau du premier ministre.

Il y a le programme bâti par les militants, mais, outre cette base générale, les directions à prendre viennent d'«en haut». On en a un exemple avec la commande donnée par M. Couillard au ministre François Blais, par ailleurs expert de cette question, de réfléchir à un système de «revenu minimum garanti».

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