Frénésie électorale dans l'Iowa avant le vote

La démocrate Hillary Clinton, après une entrée triomphale... (AP, Andrew Harnik)

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La démocrate Hillary Clinton, après une entrée triomphale en campagne en avril dernier, n'est plus la préférée que de 45 % des démocrates de l'Iowa ayant l'intention de participer aux «caucus» de lundi soir.

AP, Andrew Harnik

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Lisa Lerer, Ken Thomas
Associated Press
Ames, Iowa

Hillary Clinton a commencé à canaliser l'énergie et l'indignation de son rival, le sénateur du Vermont Bernie Sanders, dont la campagne résolument progressiste a resserré la course démocrate à l'approche du premier caucus de lundi, en Iowa, et lui a donné l'avance dans les sondages aux primaires du New Hampshire qui suivront.

Faisant un dernier discours en Iowa, dimanche, Mme Clinton a présenté en détail ses politiques. Les prix imposés par les sociétés pharmaceutiques la font bouillir. Les entreprises qui tirent profit des échappatoires fiscales aussi. Elle promet de s'attaquer à toute industrie qui défie la loi. Et elle précise que sa liste est plus longue que celle de ses adversaires.

Le ton de l'ancienne secrétaire d'État souligne la décision stratégique d'adopter une partie du style de son adversaire principal, qui a galvanisé les troupes démocrates et mis en jeu sa première place dans les sondages. Ce changement survient alors qu'un nouveau sondage, dévoilé samedi soir, démontre que les deux candidats sont à égalité en Iowa.

Bien que sa victoire demeure très plausible, une défaite de Mme Clinton en Iowa compliquerait la suite des choses et confirmerait certaines inquiétudes des démocrates au sujet de sa campagne. Déjà, quelques personnalités ont exprimé des doutes sur son message et la gestion de sa campagne, inquiétudes qui ne feront que grandir si elle perd dans les deux premiers États à voter pour un candidat à la présidentielle de novembre 2016.

Ses stratèges font face à un autre défi de taille: tenter de trouver comment atteindre la fibre de frustration nationale qu'attise Donald Trump et qui l'a propulsé au sommet des sondages dans la course à l'investiture républicaine. Si Hillary Clinton l'emporte aux primaires, elle devra trouver le moyen de mobiliser les partisans de Bernie Sanders pour la mener à la Maison-Blanche.

Pour M. Sanders, la course entre Mme Clinton et lui est la rencontre entre l'élite politique et la promesse d'une révolution politique. Il a exhorté l'Iowa à envoyer un message au reste du pays. Il faudra cependant que les étudiants universitaires, les indépendants et les gens qui assistent pour la première fois à un caucus se déplacent en grand nombre pour qu'il l'emporte.

Si Hillary Clinton s'est présentée comme le digne successeur du président Barack Obama, M. Sanders incarne davantage la suite du mouvement politique de M. Obama, lancé il y a plus de huit ans en Iowa.

Faisant écho au président, Bernie Sanders déclare aux foules que les changements fondamentaux pour le pays ne viennent pas «d'en haut» mais des millions de personnes «qui se lèvent pour la justice». L'Iowa, dit-il, est l'endroit où un électorat majoritairement blanc a élu un candidat noir qui mettait ses idées de l'avant, plutôt que la couleur de sa peau. Il réchauffe souvent les audiences en leur demandant de crier le taux d'intérêt de leur prêt étudiant et leur niveau d'endettement.

Mme Clinton a elle aussi adopté cette tactique dans ses événements.

«Vous ne paierez pas cela pour toujours si je deviens présidente», a-t-elle promis à une femme qui, à Newton, a affirmé que son mari devait une somme plus élevée que celle qu'il a empruntée.

Il semblerait que la nouvelle énergie de la candidate plaise aux partisans démocrates. Ses rassemblements dans les derniers jours ont été ponctués de cris de liesse et de «Je t'aime!», communs dans les événements de M. Sanders.

«Je vous aime aussi», a-t-elle dit devant plusieurs centaines de personnes à Dubuque, vendredi. «Tout ce dont je parle, j'y crois vraiment.»

Le folklore des «caucus» de l'Iowa

Qui vote?

Dans l'Iowa, comme dans de nombreux États, les électeurs sont inscrits sur les listes électorales comme démocrates, républicains, ou sans étiquette. Sur 3,1 millions d'habitants, il y a environ 584 000 électeurs démocrates actifs, 612 000 républicains actifs et 727 000 «sans parti» actifs, selon le secrétaire d'État de l'Iowa (le reste de la population inclut les électeurs «non actifs», les moins de 18 ans, les étrangers, les prisonniers, etc.).

Seuls les républicains peuvent voter aux consultations républicaines, même chose pour les démocrates. Mais il sera possible de s'inscrire comme tel sur place le soir même.

Le taux de participation était d'environ 20 % pour les républicains en 2012, et de 39 % pour les démocrates en 2008, une année exceptionnelle due au duel entre Barack Obama et Hillary Clinton.

La méthode des républicains

Les électeurs républicains se réunissent à l'heure dite et, après quelques formalités d'organisation, des représentants font un court discours pour appeler à voter pour leur candidat.

Un vote à bulletin secret a ensuite lieu. Après dépouillement, le bureau de vote rapporte le résultat au parti, qui agrège les résultats et proclame vainqueur celui qui a reçu le plus de voix au niveau de l'État.

Les résultats seront entrés par chaque bureau dans une application développée spécialement par Microsoft, qui remplacera un système obsolète par téléphone.

La méthode des démocrates

Chez les démocrates, il n'y a pas de vote, et la méthode est complexe.

Après les formalités initiales, les partisans de chaque candidat se rassemblent physiquement dans une zone de la pièce où se déroule la réunion. Les partisans d'Hillary Clinton dans un coin, ceux de Bernie Sanders dans l'autre.

Après une demi-heure d'alignement, les groupes qui arrivent en dessous du seuil de viabilité (souvent 15 % du nombre de personnes) sont éliminés. Leurs partisans doivent soit rejoindre d'autres groupes, soit s'en aller. C'est lors de ce réalignement que les chefs de groupes tentent d'attirer les partisans des autres candidats.

À l'issue du réalignement, les groupes sont comptés et leur sont attribués un nombre de délégués proportionnel à leur taille.

Mais il faut arrondir, ce qui fait qu'un groupe plus fort peut se retrouver avec le même nombre de délégués qu'un plus petit. Ces délégués sont techniquement désignés pour des conventions au niveau des comtés.

La soirée n'est pas encore terminée. Une seconde étape est nécessaire: le calcul selon un ratio du nombre de délégués à la convention d'État qu'obtiendrait chacun des candidats, à partir du nombre de délégués élus aux conventions de comtés.

Le candidat qui obtient le plus grand nombre équivalent de délégués à la convention d'État, sur un total de 1406, est proclamé vainqueur.

Là encore, les démocrates utiliseront une application de Microsoft, pour la première fois.

La procédure peut durer plus de deux heures, selon le nombre de participants.

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