Les petits milliards de dollars de Leitão...

DÉCODAGE / Des «eaux plus tranquilles» à l'horizon, promet Philippe Couillard.... (Infographie Le Soleil)

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(Québec) DÉCODAGE / Des «eaux plus tranquilles» à l'horizon, promet Philippe Couillard. Que veulent dire ces mots?

Disons d'abord que les deux dernières années ne seront pas effacées. Les réinvestissements s'effectueront sur une ligne de flottaison plus basse que celle qui existait.

Le prochain budget de Carlos Leitão mettra de la chair autour de l'os.

En novembre, le ministère des Finances prévoyait que les surplus budgétaires seraient de retour. Ils devraient s'élever à 1,5milliard $ cette année, en 2015-2016, et à plus de 2,1 milliards $ l'an prochain, en 2016-2017. Ils seront versés au Fonds des générations.

Mais les surplus pourraient être plus élevés, confie-t-on. Ce qui donnerait de la marge de manoeuvre au gouvernement.

C'est là-dessus que mise l'équipe gouvernementale pour passer d'une période de restrictions budgétaires à une période de réinvestissements - réinvestissements contenus, entendons-nous.

Les réinvestissements iront d'abord au secteur de l'éducation, mais aussi à celui de la santé. Les autres «priorités» ne sont pas déterminées.

Des ministres à surveiller

Voici des ministres du gouvernement Couillard qu'il faudra surveiller si l'on veut mesurer la vigueur du «nouvel élan» annoncé par le chef du gouvernement lors du remaniement.

Propulsée ministre de l'Économie, Dominique Anglade a une tâche colossale devant elle. Stimuler l'investissement du secteur privé, qui est anémique, ne sera pas une mince affaire. Elle a promis un «plan».

Promu à l'Éducation et à l'Enseignement supérieur, Pierre Moreau pourrait certes avoir les coudées plus franches que son prédécesseur pour arrondir les angles du projet de loi 86, celui sur la gouvernance scolaire. Mais il faudra voir jusqu'où.

Martin Coiteux a six mois pour évaluer s'il faut fusionner les deux ministères qu'il pilote, les Affaires municipales et la Sécurité publique. Une telle fusion pourrait déboucher sur des transformations qu'on ne soupçonne pas encore. Pensons seulement à d'éventuels rapprochements entre la Sûreté du Québec et les services de police municipaux.

Notons que M. Coiteux ne déteste pas jouer dans les structures. Il y voit des possibilités d'efficience.

François Blais paraissait empêtré dans la difficile réforme de la gouvernance scolaire. De retour à l'Emploi et à la Solidarité sociale, il devra faire atterrir la controversée réforme de l'aide sociale mise sur rails par Sam Hamad.

Philippe Couillard lui a confié le mandat de se pencher sur un projet allant «dans la direction de l'instauration» d'un revenu minimum garanti. Pour l'heure, cette idée paraît peu compatible avec la possibilité de couper dans les prestations de dernier recours.

Sur le tableau de bord du nouveau ministre des Transports, Jacques Daoust, un voyant rouge clignote. Celui d'UberX, un autre dossier chaud.

À la Famille, et à très court terme aussi, Sébastien Proulx devra trouver un terrain d'entente avec toutes les associations représentant le réseau des services de garde.

Pauline et les autres

Les périodes d'instabilité sont chroniques au Parti québécois. La nature des turbulences qu'il traverse depuis quelque temps est différente des précédentes. Mais il vaut la peine de retourner en arrière pour rappeler que ce parti a plus d'une fois échappé au pire.

À la mi-juin 2011, des fidèles de Pauline Marois affirmaient qu'elle était victime d'une tentative de putsch. Elle était contestée par deux de ses prédécesseurs, Jacques Parizeau et Bernard Landry. Ils fulminaient contre son projet de «gouvernance souverainiste».

Le 6 juin de cette année-là, trois députés vedettes du PQ démissionnaient. Les Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe dénonçaient l'autoritarisme de la chef et sa prise de position en faveur de l'amphithéâtre de Québec.

Le lendemain, Jean-Martin Aussant claquait la porte à son tour. Il écorchait Mme Marois, incapable, accusait-il, de conduire le Québec jusqu'à un nouveau référendum. Le 21 juin, c'est le député Benoit Charette qui partait.

Fin octobre 2011, Pauline Marois affrontait une rébellion ouverte. Près de la moitié de l'aile parlementaire souhaitait son départ. Elle avait résisté : «Je suis là pour rester et je vais faire la prochaine élection.»

En 2007, le Parti québécois, alors dirigé par André Boisclair, avait connu son pire score électoral depuis 1970. Il avait même été privé du statut d'opposition officielle.

Remontons encore l'horloge du temps. Dans la première moitié des années 80, René Lévesque avait plaidé en faveur du «beau risque». Il voulait laisser une chance au conservateur Brian Mulroney. Plusieurs de ses ministres lui ont alors tourné le dos, tout comme l'ont fait des milliers de militants.

En jurant cette semaine que Pierre Karl Péladeau sera là aux prochaines élections, Bernard Drainville a cherché à sonner la fin de la dispersion. Les problèmes ne sont pas de même nature qu'à d'autres époques. Mais, comme à d'autres moments, quelqu'un a senti le besoin de lancer un appel au calme.

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