Le dossier d'Énergie Est «affecte l'unité du pays», estime Ambrose

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La chef conservatrice intérimaire Rona Ambrose

La Presse Canadienne, Adrian Wyld

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Le débat est loin de s'apaiser entre les différents paliers de gouvernement dans le dossier du pipeline Énergie Est, si bien que la chef conservatrice intérimaire Rona Ambrose croit que cela «affecte l'unité du pays».

Mais alors qu'elle assure ne pas vouloir jeter de l'huile sur le feu, elle s'en prend elle aussi au maire de Montréal, Denis Coderre, et l'enjoint à considérer le projet de TransCanada en se basant sur la «science» plutôt que du point de vue de la «pure politique locale».

M. Coderre, également ancien ministre libéral au fédéral, n'a pas tardé à répliquer : «je me suis battu pour ce pays toute ma vie, alors personne ne me donnera de leçon sur l'unité nationale».

Le ton avait commencé à monter dès la semaine dernière, quand M. Coderre et les maires de la région de Montréal ont exprimé formellement leur désaccord devant le projet de TransCanada pour acheminer du brut de l'Alberta vers le Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec.

Critiques de l'Ouest

S'en est suivi une avalanche de critiques provenant de l'Ouest, le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, allant jusqu'à sous-entendre que le Québec devrait rembourser ses paiements de péréquation. Le chef du parti Wildrose en Alberta, Brian Jean, a qualifié d'hypocrite la position de M. Coderre, en évoquant le déversement des eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Le maire de Montréal a répliqué en affirmant que ces politiciens croyaient sûrement que les «Pierrafeu, c'est un documentaire».

Lundi, jour de rentrée aux Communes, Mme Ambrose a soutenu que l'Ouest du pays avait besoin de l'appui du reste du Canada, alors qu'il traverse une période difficile avec la chute du prix du pétrole.

Elle a dit trouver «malheureux» que M. Coderre «insulte les Albertains» et s'oppose à «un pipeline qui n'a même pas encore été construit». «Ce n'est pas dans l'esprit de la Confédération. Ce n'est pas dans l'esprit de l'unité nationale. Ce n'est pas dans l'esprit des Canadiens, qui offrent toujours leur aide quand les gens sont en difficulté», a-t-elle insisté. Elle l'a invité, de même que les autres maires qui s'opposent à la construction de l'oléoduc, à visiter l'Ouest du pays pour avoir l'heure juste.

Unité nationale

En Chambre, pour la première période de questions de l'année, la chef conservatrice a demandé à Justin Trudeau s'il réalisait que «son manque de leadership sur cet enjeu (créait) des divisions» au pays. «Le premier ministre devrait cesser d'utiliser son téléphone pour des égoportraits avec Leo DiCaprio et décrocher et appeler Denis Coderre et se battre pour les ressources naturelles», a-t-elle lancé.

M. Trudeau s'est défendu en affirmant travailler très fort avec les leaders municipaux et provinciaux pour s'assurer de créer des conditions favorisant «l'acceptabilité sociale, la surveillance, la responsabilité environnementale et le partenariat avec nos communautés, pour mettre nos ressources sur le marché d'une façon responsable, parce que c'est ce que ça prend au 21e siècle».

Le premier ministre a toujours soutenu qu'il reviendrait aux Canadiens de déterminer de l'acceptabilité sociale des projets. Il entend revoir les processus d'évaluation environnementale, mais l'évaluation d'Énergie Est suit actuellement son cours selon les anciens paramètres.

Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Séguin, s'est lui aussi lancé dans l'arène, en décriant le comportement des politiciens de l'Ouest qui «se donnent le droit de se comporter en propriétaires du Québec au nom de l'unité canadienne».

Malgré le ton qui ne cesse de monter de part et d'autre, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, estime qu'il est toutefois exagéré de croire que l'unité nationale pourrait être ébranlée par ce projet. «Le Canada est beaucoup plus fort que ça. Le Canada ne va pas être mis en cause parce qu'on a des débats tout à fait normaux au sujet de pipelines», a-t-il affirmé.

Péréquation

En Italie, devant des gens d'affaires, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s'est porté à la défense de M. Coderre et des maires de la région métropolitaine. «Un projet de pipeline qui traverse des communautés densément peuplées ou des cours d'eau, partout ailleurs au Canada, ça créerait un débat et une polémique et une discussion serrée. Pas juste au Québec. Même dans l'Ouest, ça ferait la même chose», a-t-il signalé.

Pour M. Couillard, on fait «naître l'animosité inutilement entre les régions». Et surtout, il réfute l'argument selon lequel le Québec devrait accepter le projet parce qu'il bénéficie de paiements en péréquation. «Il n'est aucunement question d'en faire un facteur de décision. Ça ne marche pas. On ne peut faire ce lien-là. Ce lien est totalement inapproprié», a-t-il fait valoir.

M. Coderre est aussi d'avis que d'invoquer la péréquation est injuste. «On peut sortir plein d'exemples depuis 1905 où on a aidé des provinces de l'Ouest. C'était ça le but. On contribue tous à l'effort collectif. On fait tous partie de la solution. Mais il y a des gens qui ont des devoirs à faire et s'ils ne les font pas, ils paieront pour», a-t-il dit.

MM. Trudeau et Coderre doivent d'ailleurs se rencontrer tôt mardi matin, à l'hôtel de ville. Ils tiendront ensuite un point de presse conjoint.

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