Évitement fiscal: PKP plaide l'impuissance et l'ignorance

Pierre-Karl Péladeau... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Pierre-Karl Péladeau

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(Québec) Pierre Karl Péladeau savait que Quebecor World faisait de l'évitement fiscal, mais n'avait pas le pouvoir de l'empêcher. Et il ignore si certaines filiales créées dans des paradis fiscaux par des compagnies acquises par Québecor ont servi à éluder de l'impôt.

Le chef du Parti québécois a répondu lundi à un reportage de Radio-Canada qui soutient que Québecor détient une trentaine d'entreprises dans des pays aux pratiques fiscales avantageuses : Îles Caïman, La Barbade, Hong Kong, Îles Vierges britanniques, Panama, Irlande, Luxembourg, Singapour, Suisse. 

M. Péladeau réitère qu'il avait donné instruction, à son arrivée à la tête de Québecor et de Québecor média, de ne pas créer de sociétés du genre. Toutefois, explique-t-il, il est possible que des entreprises achetées par Québecor eussent déjà en place des structures de planification financière agressive. En entrevue avec Paul Arcand sur les ondes du 98,5, l'actionnaire de contrôle a dit ne pas savoir si ces filiales ont permis à Québecor de payer moins d'impôt. 

«C'est clair que je vais être déçu [si cela s'avérait] parce que ce n'est pas ce que je souhaitais», a dit M. Péladeau. 

Par communiqué, Québecor a déploré les «insinuations mensongères» de Radio-Canada. L'entreprise assure qu'elle «n'a jamais bénéficié d'avantages fiscaux» liés à ses compagnies. Celles situées dans des juridictions de complaisance ont «toutes été démantelées, sans exception, au fil du temps», a dit Québecor. 

Le chef péquiste envisage de poursuivre Radio-Canada. Il veut voir l'ensemble du reportage de l'émission Enquête, jeudi, avant de prendre une décision. «On ne peut pas m'accuser de les avoir créés [les sociétés], et c'est ce que Radio-Canada fait», a déclaré M. Péladeau, qui reproche au diffuseur public de «travestir la réalité».

D'autre part, M. Péladeau reconnaît que Quebecor World, un géant mondial de l'imprimerie aujourd'hui disparu, avait une planification fiscale de nature «exotique». Il était au courant, mais soutient qu'il n'avait à l'époque pas le pouvoir comme administrateur de faire changer la pratique. Il note aussi que la chose était courante à l'époque. 

Depuis Milan, en Italie, où il achève sa mission économique européenne, le premier ministre Philippe Couillard a souligné que «ce n'est pas une situation anodine. Ça illustre la situation dans laquelle lui-même se place. Il est l'actionnaire de contrôle de l'entreprise dont il est question. Il est chef de parti.»

À la Coalition avenir Québec, le chef François Legault, qui donne le bénéfice du doute à M. Péladeau, assure qu'une filiale d'Air Transat créée à la Barbade ne servait pas à l'évitement fiscal.   

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, s'est dite inquiète des nouvelles révélations sur l'utilisation de paradis fiscaux par Québecor sous la présidence de M. Péladeau. «C'est inacceptable, mais aussi tellement désolant pour tous les gens qui souhaitent ardemment faire du Québec un pays», a déclaré Mme David dans un communiqué.

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